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Les militaires veulent garder le pouvoir au Mali, accuse la CEDEAO

L'homme est assis à une table.

Le colonel Assimi Goïta s'est fait investir en mai dernier en tant que président de transition du Mali (archives).

Photo : Reuters / Francis Kokoroko

Agence France-Presse

La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a accusé vendredi la junte militaire au Mali de vouloir se maintenir au pouvoir pendant des années, réclamant la levée des récentes sanctions comme condition à la tenue d'élections dans le pays.

Arrivés au pouvoir à la faveur d'un putsch en août 2020, les militaires ont révoqué leur engagement initial à organiser en février 2022 des élections qui auraient ramené les civils à la tête du pays.

Ils ont fait savoir qu'ils jugeaient nécessaires plusieurs années supplémentaires aux commandes de ce pays plongé depuis des années dans une grave crise sécuritaire et politique.

En réaction, la CEDEAO a infligé le 9 janvier une série de sévères sanctions diplomatiques et économiques à l'encontre du Mali.

Cette posture des Autorités de la Transition militaire laisse clairement entrevoir une volonté de se maintenir au pouvoir pendant une durée de plus de cinq ans, a déclaré vendredi la CEDEAO dans une lettre.

Les dirigeants ouest-africains ont dit attendre des autorités militaires maliennes un calendrier raisonnable et réaliste pour la tenue d'élections.

Les sanctions seront levées progressivement sur la base de ce chronogramme et de sa mise en œuvre diligente et satisfaisante, précise la lettre.

Cette lettre a été publiée le jour même où les dirigeants ouest-africains doivent tenir un sommet virtuel sur la situation au Burkina Faso, où des officiers de l'armée ont renversé lundi le président Roch Marc Christian Kaboré.

La CEDEAO a ordonné la fermeture des frontières du Mali avec ses États membres, un embargo sur les échanges commerciaux (hors produits de première nécessité) et les transactions financières, la suspension de ses aides financières et le gel des avoirs du Mali à la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO).

Une batterie de sanctions qui risquent de peser sur l'économie déjà fragile du Mali, pays enclavé et parmi les plus pauvres du monde, où une insurrection jihadiste fait rage depuis 2012. De grandes parties du vaste territoire du pays échappent au contrôle des autorités.

Jeudi, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a dénoncé un comportement irresponsable de la junte malienne, qui a demandé le retrait des forces danoises du Mali, et averti qu'il allait falloir en tirer des conséquences.

Les forces françaises et européennes ne peuvent pas rester comme cela au Mali et sont en train d'examiner comment adapter leur dispositif de lutte antidjihadiste dans la région, a-t-il affirmé vendredi.

Nous avons engagé des discussions et avec nos partenaires africains et avec nos partenaires européens pour savoir comment on peut adapter notre dispositif en fonction de la nouvelle situation au Mali, a-t-il déclaré sur la radio RTL.

L'année dernière, la France a annoncé une réduction de ses forces au Mali, tout en mettant sur pied un groupe de forces spéciales européen baptisé Takuba. Mais les relations se sont dégradées avec la junte militaire.

La communauté internationale s'inquiète aussi de la présence sur le sol malien de paramilitaires du sulfureux groupe de mercenaires russes Wagner.

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