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Des camionneurs québécois se joignent au convoi qui divise l’industrie

Des gens brandissent des drapeaux sur un viaduc.

Des dizaines de manifestants se sont donné rendez-vous sur un viaduc de la région de Montréal pour saluer le passage des convois de camionneurs en direction d'Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Daniel Thomas

Des camionneurs du Québec et des sympathisants du mouvement de contestation des règles vaccinales et sanitaires se dirigent à leur tour vers Ottawa vendredi, tandis que d'autres acteurs de l’industrie se dissocient d’un mouvement qui ne les représente pas, selon eux.

Près de 200 camionneurs du Québec et des provinces de l’Atlantique, accompagnés d’autres sympathisants dans leurs véhicules, sont partis de Rivière-du-Loup vendredi pour se joindre au Convoi de la liberté, un mouvement de camionneurs à travers le pays qui convergent vers Ottawa pour la fin de semaine. D’autres départs avaient lieu à partir de postes frontaliers comme ceux de Lacolle et de Stanstead.

On veut que les gouvernements, à un moment donné, arrêtent leur tyrannie, a déclaré en entrevue François Harding, un entrepreneur en construction non vacciné qui s’est joint au convoi. D’abord organisées en réponse à l’obligation vaccinale imposée aux camionneurs transfrontaliers depuis le 15 janvier, les revendications sont devenues beaucoup plus larges.

Des manifestants brandissent un drapeau au passage d'un camion.

Des manifestants se sont massés dans l'axe de l'autoroute 20 au Québec pour saluer le passage des convois de camions en route pour Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Kolya H. Guilbault

Au moment d’écrire ces lignes, une campagne de sociofinancement GoFundMe avait récolté près de 6,9 millions de dollars pour le convoi. Celle-ci dénonce des règles et des obligations qui détruisent les fondements de nos entreprises, de nos industries et de nos moyens de subsistance mises en place par le gouvernement.

Déjà, certains se questionnaient sur la pertinence du mouvement d’origine, qui demande au gouvernement de Justin Trudeau de laisser tomber l'obligation vaccinale, d’autant plus que les États-Unis exigent également que les camionneurs qui traversent la frontière soient vaccinés.

Moi, c’est sûr que je suis provaccination. Puis, au départ, déjà, le convoi contre la mesure obligatoire de vaccination aux frontières, c’était quelque chose auquel je n’adhérais pas, mais ce qu’on voit [avec] la situation qui évolue, les gens qui se greffent à ça, on est loin du point de départ, a observé Jean Poirier, un camionneur en entrevue à RDI vendredi. Ça pourrait être un peu dangereux pour l’image du monde du camionnage.

S’adapter pour les camionneurs non vaccinés

D’autres s’indignent des possibles répercussions sur les quelque 15 % de camionneurs encore non vaccinés. Il est où le danger que cet employé-là continue à travailler? Là, il va être privé 14 jours sans salaire chez lui, a déploré en entrevue Dominic Goudreau, propriétaire de l’entreprise de transport DG Express, en faisant référence à la quarantaine imposée aux camionneurs canadiens non vaccinés qui entrent au pays. M. Goudreau va participer à la manifestation avec une dizaine de ses chauffeurs.

Certaines entreprises se sont adaptées pour leur fournir du travail, malgré les nouvelles mesures. On a développé une ligne intracanadienne, on souhaite faire travailler ces camionneurs-là, a expliqué Pascal Gaudet, vice-président de la gestion des routiers pour Trans-West, qui souligne qu’aucun de ses chauffeurs ne participe au mouvement de contestation.

« J’aimerais vraiment qu’on dissocie l’industrie du camionnage et le mouvement en cours. Je ne pense pas que ces gens-là sont les représentants de l'industrie du camionnage. »

— Une citation de  Pascal Gaudet, vice-président de la gestion des routiers pour Trans-West
Des femmes brandissent un coeur en guirlande sur un viaduc.

Cette manifestation des camionneurs qui vont dénoncer à Ottawa l'obligation d'être vacciné pour franchir la frontière a incité des milliers d'autres personnes à travers le pays à manifester leur mécontentement face aux restrictions sanitaires qui s'étirent depuis des mois au pays.

Photo : Radio-Canada / Kolya H. Guilbault

On peut comprendre les frustrations de certaines personnes, mais, à notre sens, on assiste beaucoup plus à un mouvement social de contestation qu’à un mouvement d’une industrie en particulier.

Si certains redoutent les impacts de la mesure sur la chaîne d’approvisionnement, d’autres craignent plutôt les conséquences des contacts avec des personnes infectées.

À partir du moment où un camionneur a la COVID et qu’il est au terminal, bien il faut mettre tout le monde en isolement, et c’est ça un des gros problèmes de la chaîne d’approvisionnement, a déclaré Frédéric Bisson, qui est camionneur, en entrevue à RDI.

Entrevue avec Frédéric Bisson, camionneur

Quoi qu’il en soit, à Ottawa, les autorités s’attendent à recevoir des milliers de manifestants au cours de la fin de semaine et s’organisent en conséquence. Tous les édifices de la colline du Parlement ont été bouclés, et une voie est réservée aux véhicules des services d’urgence devant le siège du gouvernement.

Une forte présence policière sera là afin de prévenir les débordements.

« Je suis convaincu qu’il n’y a pas personne qui va entrer dans le parlement du Canada. »

— Une citation de  Marcel Savard, ex-directeur général adjoint de la Sûreté du Québec

En entrevue à Tout un matin vendredi, Marcel Savard a soutenu que les forces de l’ordre savent à quoi s’en tenir et qu'elles sauront éviter un scénario rappelant l'insurrection américaine de l’an dernier.

La Police provinciale de l’Ontario (PPO) enjoint quant à elle aux manifestants de respecter la réglementation routière. Elle rappelle par exemple qu’il est interdit de se stationner ou de sortir de son véhicule sur les autoroutes de la province.

Des effectifs seront déployés de façon stratégique pour éviter tout débordement lors des manifestations, a pour sa part indiqué la Sûreté du Québec (SQ) sur Twitter. Nous invitons la population à s'informer du trajet de ce convoi et à éviter les secteurs qui seront touchés.

Avec des informations d’Olivier Bachand, Patrick Bergeron, et Claudine Richard

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