•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des soins à domicile pour dégager les hôpitaux

Une infirmière accompagnant une patiente dans un hôpital

Une infirmière accompagnant une patiente dans un hôpital.

Photo : Radio-Canada

Les efforts pour libérer des lits d’hospitalisation se poursuivent dans la métropole à la suite des signaux d’alarme envoyés par le ministre de la Santé du Québec, Christian Dubé, ces dernières semaines. Le CIUSSS du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal s'y affaire et s’organise sur plusieurs fronts.

Lorsqu’elle a contracté la COVID-19 un peu avant Noël, Jeanne Dumont Morissette ne souhaitait pas être soignée à l’hôpital. Je ne voulais pas aller à l'hôpital, je me sentais plus en sécurité chez moi et je ne voulais pas la donner, explique cette retraitée du centre-sud de Montréal.

L’équipe du CLSC de Verdun l’a prise en charge rapidement.

Mme Dumont nous inquiétait un peu, on ne savait pas quel bord ça allait prendre [...] Mais on a réussi à faire l’épisode de soins à son domicile, explique Éveline Gaillardetz, médecin au CIUSSS du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal.

Prise de sang, ajustement des médicaments, plan de traitement, tout a été mis en place en collaboration avec le personnel de la résidence privée pour aînés (RPA) où habite la patiente.

Les RPA ce ne sont pas des milieux de soins [...] avec des infirmières 24-7 et des médecins attitrés [...] Mais quand des gens âgés sont malades dans les RPA, COVID ou autre, il y a des moyens d’organiser des soins et d’éviter des hospitalisations, affirme la Dre Gaillardetz.

Cette dernière fait partie d’une équipe reconnue au Québec pour l’organisation de soins à domicile.

Une médecin portant un masque dans un corridor d'hôpital

Bao Phan est médecin à l’Hôpital de Verdun.

Photo : Radio-Canada

« Si on avait eu à commencer les soins à domicile en pleine pandémie, ç’aurait été le chaos total. »

— Une citation de  Dre Bao Phan, médecin à l’Hôpital de Verdun

Grâce à l’équipe des Dres Geneviève Deschênes et Éveline Gaillardetz, on a été capables d’avoir une communication plus ouverte et ça nous a permis d’éviter d’hospitaliser des patients [...] Ça a enlevé de la pression , dit-elle.

Elles ont carrément transformé certains étages de RPA en unité rouge [...] en hôpital presque, ajoute la Dre Phan.

Accélérer les retours à domicile

Lors de notre passage à l’Hôpital de Verdun mercredi, l’infirmière Joelle Djomo accompagnait une patiente âgée dans un corridor pour une petite marche de santé, de l’écoute et quelques mots d’encouragement.

« Lorsque le patient reste longtemps couché, il perd beaucoup en muscles. Donc, plus on les fait bouger, plus ils peuvent sortir plus rapidement. »

— Une citation de  Joelle Djomo, infirmière

Cela dit, ce n’est pas parce que les soins sont terminés que les patients retournent aussitôt à leur domicile.

Au CIUSSS, jusqu'à 10 % des lits d’hospitalisation sont occupés par des patients qui ont terminé leur épisode de soins aigus et qui pourraient retrouver leur demeure.

Le reportage de David Gentile

C’est pourquoi on a aménagé tout récemment un étage inutilisé depuis un an à l’Hôpital Notre-Dame afin d’y accueillir jusqu’à 24 patients en attente d’une place en CHSLD ou en RPA.

À Notre-Dame, l’effet a été immédiat. On a libéré de cinq à huit lits, constate Daria Lebidoff, coordonnatrice clinico-administrative pour l’Hôpital de Verdun et l’Hôpital Notre-Dame.

Des effets dominos

La responsable du site, Rinda Hartner, souligne que les éclosions dans les CHSLD, les ressources intermédiaires et les RPA ont eu des effets dominos sur les hôpitaux.

Ça a eu un impact sur leur organisation à l’intérieur et il s’y est fait moins d’admissions. C’est pour ça que des patients attendent à l'hôpital, précise la cheffe d’administration des programmes à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal et cheffe d’unité temporaire à l’Hôpital Notre-Dame.

Une femme portant un masque et des lunettes dans un corridor d'hôpital.

Rinda Hartner, chef d’administration des programmes à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal et chef d’unité temporaire à l’Hôpital Notre-Dame.

Photo : Radio-Canada

Les deux tiers des CHSLD affichent une éclosion active et le tiers des RPA en déclarent une.

Au moment où le premier ministre Legault appelle à une refondation du réseau de la santé, diverses initiatives comme l’organisation des soins à domicile apparaîtront sans doute comme faisant partie de la solution.

On est au début de cette vague de vieillissement accéléré de la population, au début de ce tsunami gris. Et si les soins à domicile ne sont pas davantage déployés, on va frapper un mur c'est évident, soutient Éveline Gaillardetz.

La science ne peut pas nous dire si le virus va disparaître dans un an, ou si on va toujours vivre avec, mais ça va prendre une révision de l'organisation des soins. Ça va prendre de nouvelles idées, conclut la gestionnaire Rinda Hartner.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !