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Camionneurs : des manifestants estriens se préparent à prendre la route 

Une file de camions sur la transcanadienne, l'un d'eux arborant des drapeaux canadiens.

Le convoi de camionneurs qui s'opposent à la politique fédérale de vaccination obligatoire est passé par Winnipeg le 25 janvier.

Photo : La Presse canadienne / David Lipnowski

Radio-Canada

Des manifestants de l’Estrie partiront de Stanstead vendredi matin pour se rendre à Ottawa. Ils se joindront au « convoi de la liberté » en provenance de l’ouest du pays

Stéphane Sévigny fait partie des Estriens qui se rassembleront vendredi matin à la frontière de Stanstead pour prendre part à la manifestation.

Que le peuple se lève. [...] Ce ne sont pas juste des camionneurs, c’est le peuple canadien au grand complet. On se lève au grand complet. Il est temps que les Canadiens parlent et que le gouvernement écoute son peuple, souligne-t-il.

Ce qui était au départ un mouvement pour s’opposer à la vaccination obligatoire des camionneurs qui reviennent au pays par la frontière terrestre a évolué au cours des derniers jours. Les revendications des manifestants sont maintenant multiples et concernent différents aspects de la gestion de la pandémie par les paliers de gouvernement.

Le président de Truck Stop Québec Benoît Therrien estime d’ailleurs que le mouvement des camionneurs a été récupéré par des individus qui souhaitent faire avancer leur propre programme politique.

Quelqu’un qui n’est pas issu du transport, qui ne veut pas parler aux associations de camionnage, qui ne veut pas parler aux syndicats, qui ne veut pas parler aux médias et qui ne veut pas parler à personne, il faut se poser des questions. C’est quoi le motif derrière tout ça?, se demande-t-il.

« J’espère juste qu’on ne les utilise pas [les camionneurs] à des fins autres que la vaccination obligatoire.  »

— Une citation de  Benoît Therrien, président de Truck Stop Québec

Risques de débordements

Le chargé de cours à l'École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke Emmanuel Choquette est loin de croire que la majorité du mouvement est violent. Il estime toutefois que les risques de débordements à Ottawa sont bien réels.

C’est cela qu’il faut surveiller. Est-ce qu’il y a des groupes là-dedans plus radicaux qui risquent de jouer les agitateurs, des gens provocateurs de façon à pouvoir provoquer des actions plus radicales? C’est ce qu’on va craindre effectivement, explique-t-il.

On a vu ce qui s’est passé depuis un certain temps, que ce soit aux États-Unis, en Europe, des endroits justement où il y a des débordements et des gens qui peuvent y aller aux coups et s’en prendre de façon plus violente pour dénoncer cette situation-là qu’ils vont juger inacceptable. Ils prennent des mesures qui risquent d’être dangereuses pour la sécurité civile, ajoute-t-il.

Il juge néanmoins qu’il est crucial de permettre aux citoyens de prendre la rue et de manifester.

« Je pense que c’est fondamental de pouvoir manifester de façon libre. [...] C’est extrêmement important aussi pour la cohésion sociale, c’est à dire faire en sorte que les frustrations soient exprimées dans l’espace public, entendues, répondues, calmées aussi. »

— Une citation de  Emmanuel Choquette, chargé de cours à l'École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke

Si elles sont trop renfrognées, c’est là qu’il y a peut-être un danger d’explosion, comme une marmite, que le couvercle vient à sauter, souligne-t-il.

Stéphane Sévigny, qui s’implique dans l’organisation de la manifestation de Stanstead, assure toutefois que la violence n'y sera pas tolérée. 

« C’est un convoi totalement pacifique. C’est pour la paix et la liberté.  »

— Une citation de  Stéphane Sévigny, manifestant

Les autorités ignorent quelle ampleur prendra la mobilisation en Estrie et si elle aura des impacts sur les déplacements des automobilistes. La Sûreté du Québec indique qu’elle surveillera de près l’évolution de la situation sur le territoire.

Avec les informations de Thomas Deshaies

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