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Une deuxième chasse scientifique au phoque gris est lancée sur l’île Brion

Des phoques en groupe.

La colonie de phoques gris de l'île Brion, une réserve écologique à 16 kilomètres au large des îles de la Madeleine, est évaluée à au moins 10 000 individus (archives).

Photo : iStock / Ian Dyball

Pour une deuxième année, les chasseurs madelinots sont autorisés à abattre des phoques dans la réserve écologique de l’île Brion.

Un premier équipage de chasseurs, accompagné de chercheurs de l'Université Laval, a pris le large jeudi matin pour se rendre sur la petite île isolée située au nord de l’archipel.

En octobre 2020, Québec a autorisé une chasse au phoque gris sur une section limitée de la plage de l'île Brion, en présence de scientifiques seulement et durant une période définie.

Les chercheurs documentent les impacts de la chasse au phoque gris sur l’intégrité écologique de l’île Brion, mais aussi les effets de la taille croissante de la colonie de phoques gris de l'île sur la faune et la flore, dont certaines espèces sont menacées ou vulnérables.

Les données recueillies serviront à déterminer dans quelles conditions une chasse hivernale durable pourrait être permise.

Trois expéditions de chasse sont autorisées cette année sur l'île Brion, entre le 22 janvier et le 28 février.

Le cheptel de phoques gris près de l'île Brion, une réserve écologique au large des îles de la Madeleine.

La chasse est autorisée sur une section limitée de la plage de l'île Brion (archives).

Photo : Radio-Canada / Elisa Serret

Tout se passe bien jusqu’à maintenant, c’est-à-dire qu’on a quand même des fenêtres de beau temps avec pas trop de vent, ce qui a permis au premier équipage de partir à Brion, explique le directeur de l'Association des chasseurs de phoques intra-Québec, Gil Thériault.

M. Thériault ajoute qu'un deuxième équipage pourrait également se rendre chasser à Brion dans les prochains jours.

L’équipage de Denis Éloquin est actuellement en train de chasser à Pictou, en Nouvelle-Écosse, mais à son retour, soit il va revenir débarquer ses produits aux Îles et retourner à Brion, soit il arrêtera directement à Brion en revenant, explique Gil Thériault.

De jeunes phoques gris dans un milieu dunaire.

Une seule journée de chasse au phoque gris avait eu lieu sur l'île Brion en 2021. Trois sorties sont autorisées cette année (archives).

Photo : Jonathan Vigneau

L'an dernier, 160 jeunes phoques gris avaient été abattus à l'île Brion lors d’une seule sortie de chasse effectuée sans l’utilisation d'un véhicule tout-terrain.

Cette année, les chasseurs espèrent augmenter ce nombre et pourraient ainsi avoir recours à des engins motorisés afin de transporter les phoques sur la plage.

Le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques autorise l’utilisation de VTT sur la plage, mais l'interdit à moins d’un mètre de la végétation.

Bien que la capacité des trois bateaux autorisés à se rendre à l’île Brion pourrait permettre de transporter environ 2800 carcasses, l’Association des chasseurs de phoques intra-Québec envisage de façon réaliste une récolte d’environ 800 bêtes.

Archipel des îles de la Madeleine.

L'île Brion est une réserve écologique située au nord de l'archipel madelinot (archives).

Photo : Radio-Canada

Depuis plusieurs années, les Madelinots réclament une modification du statut de la réserve écologique afin d'avoir le droit de chasser sur la plage, notamment pour contrôler la population de phoques, en vue de protéger les stocks de poisson.

Un seul phoque gris adulte peut manger jusqu’à deux tonnes de proies par année et la morue peut représenter jusqu’à 50 % de ce régime, indique Pêches et Océans Canada.

Sur la côte est canadienne, le nombre de phoques gris est passé de 7300 individus en 1960 à près de 425 000 en 2017, selon Ottawa.

Phoques gris sur l'île Brion en 2014.

Vue aérienne des phoques gris sur la côte de l'île Brion en 2014 (archives)

Photo : Courtoisie Pêches et Océans Canada

Un distillateur moléculaire qui concrétise les espoirs de relance

Au-delà de la viande et des peaux, les chasseurs de phoque madelinots auront bientôt accès à un nouveau débouché pour valoriser les carcasses de phoque, directement dans l’archipel.

L’entreprise madelinienne Total Océan, qui souhaite produire une huile de phoque riche en oméga-3, a finalement reçu son distillateur moléculaire avant Noël.

La pièce maîtresse de l’usine de Havre-aux-Maisons était attendue depuis deux ans.

Un équipement métallique.

Le distillateur moléculaire a été conçu sur mesure en Chine pour Total Océan (archives).

Photo : Avec l'autorisation de Total Océan

Pour nous, ça change la donne complètement. On n’est plus obligés de faire affaire avec aucune compagnie externe pour la purification de l’huile. On va être capables de tout faire à l’interne, explique le coprésident de Total Océan, François Gaulin.

« On devient ni plus ni moins une plaque tournante. Pas mal tout ce qui se produit dans l’est du pays devrait normalement passer par chez nous. »

— Une citation de  Francois Gaulin, coprésident de Total Océan

L’installation du distillateur n’étant pas encore terminée, le début d’une production à grande échelle est espéré en avril seulement.

Total Océan entend produire entre 100 000 et 200 000 litres d’huile en 2022, ce qui nécessite un approvisionnement de 3000 à 6000 phoques.

Huile dans des fioles.

Total Océan prévoit exporter une bonne partie de sa production en Asie, où la demande pour l'huile de phoque est très grande (archives).

Photo : Radio-Canada / Line Danis

On va prendre tout ce qu’on va pouvoir aux Îles, mais pour le reste, on va s’approvisionner à Terre-Neuve, précise M. Gaulin. Il mentionne que 2022 ne sera pas une année normale en raison de l’installation et du rodage du nouvel équipement au moment où la saison de chasse hivernale bat son plein aux îles de la Madeleine.

Pour l’industrie du phoque dans son ensemble, la production à grande échelle de Total Océan est un tournant majeur, s’enthousiasme Gil Thériault.

« D’ici 2 à 3 ans, on vise des débarquements substantiels de 20 000 à 30 000 phoques aux îles de la Madeleine. »

— Une citation de  Gil Thériault, directeur de l'Association des chasseurs de phoques intra-Québec

On a plusieurs projets, pas seulement au niveau de l’huile, mais aussi au niveau de la viande, de la peau, renchérit le président de l'Association, Yoanis Menge. Il y a aussi un projet de tannerie 100 % écoresponsable sur lequel on travaille.

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