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La prison d’Amos est aux prises avec une éclosion de COVID-19

Une affiche bleue avec l'inscription Établissement de détention.

Un plan de contingence a été mis en place et les employés sont invités à faire des heures supplémentaires à la prison d'Amos.

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

L’établissement de détention d’Amos est aux prises avec une éclosion de COVID-19 qui touche surtout ses agents de services correctionnels, depuis le mardi 25 janvier.

La direction générale des services correctionnels du Québec a confirmé l’information, jeudi. Cette première éclosion à la prison d’Amos depuis le début de la pandémie touche surtout des membres du personnel avec 7 cas actifs parmi les agents de services correctionnels. De plus, 14 de leurs collègues sont en isolement préventif en raison de contacts étroits avec des personnes infectées.

Avec 24 agents déjà absents pour différents motifs, selon le Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec (SAPSCQ-CSN), il manque plus du tiers des effectifs à Amos. Une situation qui préoccupe le président Mathieu Lavoie, qui craint une surcharge de travail pour ses membres dans un contexte de pénurie de main-d'œuvre.

Mathieu Lavoie regarde la caméra, il est assis à une table avec un ordinateur portable.

Le président national du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels (SAPSCQ-CSN), Mathieu Lavoie

Photo : Radio-Canada / Piel Côté

On parlait déjà de plus de 20 % d’absentéisme, et là, la COVID s’est invitée entre les murs au niveau du personnel. Dans les discussions que j’ai eues ce matin [mercredi] avec des gens sur le plancher, on était en temps supplémentaire obligatoire. Et quand on regarde ce qui se passe dans d’autres établissements qui vivent des éclosions depuis plusieurs semaines, on se rend compte que le temps supplémentaire obligatoire, c’est rendu la gestion au quotidien en établissement de détention, fait-il valoir.

En dernier recours

François Demers, directeur général adjoint de l’Ouest aux services correctionnels, reconnaît que la situation est difficile dans le contexte actuel. Le réseau correctionnel a été déclaré à risque de rupture de services, ce qui lui permet de rappeler des agents isolés préventivement après cinq jours au lieu de dix. Un plan de contingence a été mis en place et les employés sont invités à faire des heures supplémentaires.

Ultimement, quand toutes ces mesures-là ont été épuisées, on arrive avec le temps supplémentaire obligatoire. Mais c’est un dernier recours et c’est loin d’être souhaité, de gérer nos établissements avec du temps supplémentaire obligatoire, parce que ce n'est pas la meilleure façon de faire de la gestion. Si ça va encore plus loin, on peut solliciter le prêt de personnel d’autres établissements, mais on a beaucoup d’établissements en éclosion actuellement, explique M. Demers.

Écusson des services sur la chemise d'un agent.

Un agent de détention des services correctionnels du Québec (archives)

Photo : Radio-Canada / Gilles Munger

Depuis le début de l’éclosion, les membres du personnel doivent porter le masque N95. La santé publique étudierait aussi la possibilité de procéder à un dépistage massif auprès des agents pour limiter la propagation du virus.

Des cas parmi les personnes incarcérées

En date de jeudi, on dénombrait aussi quatre cas actifs placés en zone chaude parmi les 206 personnes incarcérées à Amos. De plus, on retrouve 13 autres personnes en isolement préventif, donc placées en zone tiède.

Mathieu Lavoie appréhende qu’il ne s’agisse que de la pointe de l’iceberg et demande qu’on resserre les mesures sanitaires. Selon lui, on devrait limiter davantage les transferts interétablissements, et il croit qu’on devrait s’inspirer des mesures appliquées dans d’autres milieux clos.

Une nouvelle personne incarcérée ou qui arrive à l’établissement devrait subir un test rapide en arrivant, être placée en isolement pendant 72 heures, puis faire un deuxième test rapide. Avec deux résultats négatifs, elle pourrait être placée dans un secteur. Ce n’est pas le cas actuellement, déplore Mathieu Lavoie.

Ajustement des pratiques

François Demers précise que les pratiques sont ajustées en fonction de l’évolution des mesures et de la pandémie.

Généralement, on tire nos façons de faire des consignes de santé publique de l’INSPQ. Il y a eu une période où, quand les personnes incarcérées arrivaient en établissement, elles étaient systématiquement isolées pendant 14 jours. Au fil du temps, la pratique a été modifiée. Présentement, les personnes incarcérées qui arrivent à l’établissement de détention d’Amos sont dépistées avec un test PCR et après consultation avec milieu médical, les gens sont redirigés en zone froide, tiède ou chaude, explique-t-il.

François Demers ajoute que les transferts sont limités au minimum en contexte d’éclosion, mais que la gestion de la population carcérale nécessite tout de même certains mouvements. On privilégie dans la mesure du possible le transfert de personnes de zone froide à zone froide, assure-t-il.

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