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Pénurie criante de technologues en radiologie en Outaouais

Une technologue en imagerie médicale travaille à l'ordinateur de l'autre côté d'une fenêtre qui donne accès à l'appareil d'IRM.

Il y a une forte pénurie de technologues en imagerie médicale en Outaouais (Archives).

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

Radio-Canada

Le manque de technologues en radiologie fait mal à l'Outaouais. De plus en plus de patients doivent attendre parfois jusqu’à 18 mois avant de subir un examen, ce qui est bien au-delà des normes fixées par Québec.

Zied Ouechteti, directeur adjoint des services diagnostiques à la direction des services multidisciplinaires et de la communauté du Centre intégré de santé et services sociaux (CISSS) de l’Outaouais, affirme qu’avant la pandémie la situation n’était pas si pénible dans la région.

Les délais pour obtenir un test en radiologie différaient selon la méthode employée pour mener l’examen, explique-t-il. Mais l'attente pour un examen de tomodensitométrie pouvait atteindre 9 mois avant l'arrivée de la COVID-19. En décembre 2021, elle était deux fois plus longue.

On avait quand même le contrôle sur tout ce qui était prioritaire, les cas de cancer, les cas urgents et semi-urgents, indique M. Ouechteti.

Ce dernier affirme que ces examens étaient menés en moins de deux semaines, et que les délais plus longs touchaient les cas jugés moins urgents.

M. Ouechteti rappelle que, selon les critères du gouvernement, l’attente maximale pour un examen jugé non urgent ne devrait pas normalement durer plus de 90 jours.

Cibles impossibles à atteindre

Actuellement, cet objectif est inatteignable, tant les besoins sont immenses en personnel d’imagerie médicale.

L'Hôpital de Hull.

L'Hôpital de Hull, en Outaouais

Photo : Radio-Canada / Jean-François Poudrier

En Outaouais, c’est à l’Hôpital de Hull que la situation est la plus difficile, rapporte M. Ouechteti.

Sur 54 postes équivalents à temps plein, il n’y en a que la moitié qui sont pourvus, dit-il

Et au sein du groupe de travailleurs que nous avons, il faut compter les maladies à court terme, à long terme, ainsi que les isolements à cause de la COVID-19, ajoute M. Ouechteti.

À l’Hôpital de Gatineau, c’est à peine mieux, alors que 69 % de l’effectif est en place, poursuit-il.

On a fait des activités de recrutement massif, on a tout fait, toutes les activités nécessaires; malheureusement, c’est un constat pour toute la province, déplore M. Ouechteti.

Il ajoute que l’Outaouais fait face à un défi supplémentaire : sa proximité avec Ottawa.

On est à côté [des hôpitaux] d’Ottawa, qui offrent de meilleurs salaires en imagerie médicale, souligne-t-il.

Il constate avec une certaine frustration les limites imposées par la lourde pénurie de personnel.

« On a deux scans à l'Hôpital de Hull, mais on a juste l’équipe pour faire rouler un seul scan, malheureusement. Avec 50 % du personnel, on concentre nos activités sur les requêtes urgentes et semi-urgentes. C'est sûr que, si on avait assez de personnel pour faire rouler les deux scans à pleine capacité, nos délais seraient bien meilleurs. »

— Une citation de  Zied Ouechteti, directeur adjoint des services diagnostiques à la direction des services multidisciplinaires et de la communauté du Centre intégré de santé et services sociaux de l’Outaouais

Pour s’en sortir, les autorités essaient d'utiliser au maximum les ressources du réseau de la santé. Tous les hôpitaux de l’Outaouais sont dotés d'équipement pour divers examens de radiologie. Un patient qui accepte de se déplacer à Maniwaki ou dans le Pontiac se voit ainsi offrir un rendez-vous pour son examen plus rapidement qu’à Hull ou Gatineau.

Examens essentiels

Le Dr Gilles Soulez, président de l’Association canadienne des radiologistes, se désole de la désertion de la profession.

En plus des départs à la retraite, il déplore aussi des départs de technologues dans la force de l'âge, en raison de conditions de travail moins bonnes que celles de beaucoup de professionnels de la santé avec une formation équivalente.

Pourtant, ces technologues si difficiles à retenir jouent un rôle crucial, souligne-t-il.

Ce sont eux qui font tourner les machines, qui font les examens, les échographies [...] Et ces examens sont vraiment au cœur de la prise de décision des patients, fait-il valoir.

Le Dr Soulez précise que ce sont en effet ces examens qui, dans la majorité des cas, vont aider le médecin à poser un diagnostic, à déterminer le traitement et à l’ajuster, le cas échéant.

Travailleurs épuisés

Les technologues en Outaouais sont à bout de souffle. C’est ce que rapporte Guylaine Laroche, présidente de l'exécutif local de l'Alliance du personnel professionnel et technique (APTS) de l’Outaouais. La représentante syndicale décrit ainsi l’épuisement de ses membres :

« Les gens ne prennent pas leur pause, ne prennent pas leur heure du dîner, presque tout le monde fait des heures supplémentaires. Bien évidemment, il y a une grande fatigue et un grand découragement. »

— Une citation de  Guylaine Laroche, présidente de l'exécutif local de l'APTS de l’Outaouais

La représentante syndicale constate que la profession de ses membres n'est pas reconnue à sa juste valeur par les autorités.

Une femme accorde une entrevue par visioconférence.

Guylaine Laroche est présidente de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) de l’Outaouais.

Photo : Radio-Canada

« Depuis le début de la pandémie, il y a beaucoup d’emphase qui a été mise sur certaines professions et, malheureusement, on s'attarde peu aux technologues en imagerie médicale, et pourtant ils sont essentiels », dit-elle.

Elle croit que le CISSS de l’Outaouais doit trouver le moyen d’attirer les jeunes technologues en imagerie médicale en stage et de les retenir. C’est indispensable, selon elle, pour garantir un meilleur service à la population de l’Outaouais.

Avec les informations de Marielle Guimond

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