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Sans la vaccination, la 5e vague serait « une hécatombe » au Bas-Saint-Laurent

Sylvain Leduc en conférence de presse.

Le directeur de la santé publique, Sylvain Leduc, a expliqué certains des aspects qui ont marqué le début de la 5e vague au Bas-Saint-Laurent. (Archives)

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le directeur de la santé publique régionale, le docteur Sylvain Leduc, explique que les aînés représentent la majorité des décès de la 5e vague au Bas-Saint-Laurent. Quatorze des 18 personnes décédées en lien de la COVID-19 depuis le début de la 5e vague dans la région avaient 70 ans ou plus.

Le docteur Leduc a accordé une entrevue au journaliste Denis Leduc jeudi après-midi.


Q. Il y a beaucoup de décès qu'on enregistre depuis l'arrivée du variant Omicron. C'est presque le quart des décès liés à la COVID-19 qui sont associés à ce variant dans notre région. Est-ce qu'il y a une autre explication à part le cycle habituel de l'augmentation du nombre de cas, suivie de l'augmentation des hospitalisations, suivie de l'augmentation des décès?

SYLVAIN LEDUC : L'explication est très simple, c'est qu'on a plus du cas de COVID-19 en un mois, au Bas-Saint-Laurent, que dans les 21 mois précédents depuis le début de la pandémie.

Alors, quand un virus touche autant de gens en si peu de temps, c'est tout à fait normal qu'au bout du compte, on finisse par trouver les gens qui sont plus vulnérables, qui ont des problèmes de santé associés parfois.

« Si on n'avait pas eu la vaccination, au volume de cas qu'on a eu dans le dernier mois, ça aurait été une hécatombe. »

— Une citation de  Sylvain Leduc, directeur de la santé publique pour le Bas-Saint-Laurent

Q. Quel est le profil de ces personnes qui sont malheureusement décédées au Bas-Saint-Laurent?

SYLVAIN LEDUC : Il est varié, mais il est un peu identique à celui qu'on observe dans le reste du Québec.

Majoritairement des gens de 70 ans et plus, mais pas que. On a aussi des gens qui sont âgés de moins de 60 ans qui sont décédés, malheureusement.

La majorité du temps, on a des situations qu'on appelle de comorbidité. C'est-à-dire, des situations de troubles immunitaires ou d'autres problèmes de santé et, évidemment, l'âge peut jouer.

Donc, c'est un ensemble de facteurs qui peut rendre les gens plus vulnérables et c'est le profil que nous avons observé dans notre région également.


Q. Est-ce que les non-vaccinés sont représentés de manière disproportionnée dans le bilan des décès?

SYLVAIN LEDUC : Quand on fait cette distinction-là, il faut toujours faire attention sur le nombre absolu et le risque. Le nombre absolu, quand on regarde nos gens qui ont 70 ans et plus dans le Bas-Saint-Laurent, ils sont presque tous vaccinés.

Alors, le fait est que, quand on a des décès chez les 70 ans et plus, en général, ils ont eu une, parfois deux doses, des fois trois doses de vaccin.

Mais le risque, au total, chez les gens non vaccinés, parce qu'il y en a toujours aussi des décès chez les non-vaccinés, en nombre absolu, ce n'est pas énorme. Parce que de trouver des gens non vaccinés de 60 ans et plus, il n'y en a pas beaucoup dans le Bas-Saint-Laurent. Et au Québec, il n'y en a pas tant que ça non plus.

Alors, le risque est nettement plus élevé quand on n'est pas vaccinés. En nombre absolu, maintenant, c'est plus difficile de dire que ce facteur-là se démarque.


Q. Au niveau national, on dit que les non-vaccinés, en terme absolu, il n'y en a pas beaucoup, mais si on prend par 100 000 de population, il y en a beaucoup. Est-ce que c'est la même chose chez nous?

SYLVAIN LEDUC : C'est la même chose. Le risque est nettement plus élevé, mais en nombre absolu, on pourrait donner l'impression que le vaccin n'a pas été efficace, ce qui n'est pas du tout le cas parce que s'il n'y avait pas eu cette vaccination de deux à trois doses, comme je vous l'ai mentionné, ce n'est pas 18 décès qu'on aurait, ce serait beaucoup, mais beaucoup plus. Combien? Je l'ignore, mais on en aurait un nombre beaucoup plus grand.


Q. Le profil des personnes hospitalisées est-il le même que celui des personnes décédées?

SYLVAIN LEDUC : Sensiblement, oui, alors qu'un décès qui survient à moins de 50 ans, c'est assez rare.

« Des hospitalisations chez des gens de 50 ans et moins, on en voit. Et on en voit, en général, lorsqu'il y a un retard dans la vaccination ou pas de vaccination.  »

— Une citation de  Sylvain Leduc, directeur de la santé publique pour le Bas-Saint-Laurent

Il y a une majorité de gens de plus de 70 ans, mais de 50 à 69 ans, on en a un nombre significatif aussi.


Q. On a deux vagues d'assouplissements qui s'en viennent, lundi prochain et le lundi suivant. À quoi vous attendez-vous à la suite de ces assouplissements en termes d'hospitalisations et de décès?

SYLVAIN LEDUC : C'est toujours délicat de faire des prévisions. Alors, c'est pour ça qu'on va être obligés d'observer de façon journalière notre situation hospitalière d'abord.

C'est sûr que l'on part avec un virus qui est très présent. Lorsqu'on a une centaine de cas diagnostiqués par nos centres de dépistage par jour, ça représente sans doute une infime partie de la réalité. Est-ce que c'est le tiers?

« On estime qu'on [dépiste] probablement environ le tiers des cas qui, chaque jour, surviennent. Alors, quand on vous déclare 100 cas dans une journée, on estime qu'environ 300 personnes se sont infectées dans cette journée-là au Bas-Saint-Laurent. »

— Une citation de  Sylvain Leduc, directeur de la santé publique pour le Bas-Saint-Laurent

On part d'une situation où le virus n'a pas disparu, mais pas du tout. Alors, c'est pour ça qu'on fait des assouplissements qui sont progressifs.

Si on faisait une levée de l'ensemble des mesures pour l'ensemble des groupes d'âge, c'est sûr que notre système hospitalier aurait une grande difficulté à absorber ce choc.


Q. Même si on parle d'assouplissements modérés, est-ce que vous vous attendez à une augmentation du nombre de cas?

SYLVAIN LEDUC : Bien sûr, mais, [...] quand on sait que, par exemple, les sports reprennent, on sait que c'est un risque qui est accru, mais c'est un risque calculé parce que ça apporte des bienfaits. Ça apporte aussi une socialisation qui est nécessaire.

Alors, il y a toujours une balance des avantages et des inconvénients dans toutes les mesures.

La restauration, c'est la même chose. On sait très bien que ça occasionne un certain risque accru. Maintenant, c'est une situation bénéfique pour beaucoup de gens.

Alors, on doit réussir à garder, je crois, nos capacités hospitalières. Idéalement, on les verrait baisser, mais au minimum, si on réussit à contrôler ce paramètre-là à ce niveau-ci, bien on se permet ces allégements.

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