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Joe Biden nommera une femme noire à la Cour suprême des États-Unis

Joe Biden devant un lutrin, à la Maison-Blanche. En retrait, le juge Stephen Breyer, masqué.

La président américain a confirmé ses intentions jeudi midi lors d'une conférence de presse à laquelle participait le juge Breyer.

Photo : Getty Images / AFP/SAUL LOEB

Radio-Canada

Le président américain Joe Biden a confirmé jeudi qu'il va nommer une femme noire pour remplacer le juge démissionnaire Stephen Breyer à la Cour suprême des États-Unis. Il s’agira d’une première dans l’histoire américaine.

Cette décision était attendue dans la mesure où M. Biden avait déjà annoncé qu’il agirait de la sorte si l’occasion de nommer un des neuf juges au plus haut tribunal du pays devait se présenter pendant son mandat.

Bien que divers noms circulent pour remplacer le juge Breyer, dont la démission avait été éventée mercredi, le président démocrate a indiqué n’avoir pas encore arrêté son choix. Il dit vouloir le faire d'ici la fin février.

« Je n'ai pris aucune décision, sauf une : la personne que je nommerai aura des qualifications, une personnalité, une expérience et une intégrité extraordinaires. Et cette personne sera la première femme noire nommée à la Cour suprême. Il est plus que temps, à mon avis. »

— Une citation de  Joe Biden, président des États-Unis

La nomination d’un juge à la Cour suprême des États-Unis est la prérogative du président américain. Il revient cependant au Sénat de confirmer cette nomination, lors d’un vote à majorité simple.

À l'heure actuelle, la Chambre haute du Congrès est composée de 50 sénateurs démocrates et de 50 républicains, le vote prépondérant revenant à la vice-présidente, la démocrate Kamala Harris.

Le président Biden et les sénateurs démocrates voudront conséquemment boucler les procédures avant les élections de mi-mandat, prévues en novembre, qui pourraient renverser l'équilibre des forces au Sénat.

Le juge Breyer, 83 ans, a précisé dans une lettre avoir l'intention de prendre sa retraite au terme de la session actuelle du tribunal, qui s'achève fin juin.

Il aura passé 28 ans à la Cour suprême, après avoir été nommé par l'ex-président démocrate Bill Clinton.

Statu quo pour l'équilibre des forces

Si le Sénat devait entériner le choix du président, la Cour suprême s'approcherait de la parité puisque quatre femmes, sur un total de neuf juges, y siégeraient pour la première fois de l'histoire.

Sonia Sotomayor et Elena Kagan sur l'estrade utilisée pour les cérémonies d'assermentation du président américain.

Outre la juge Breyer, les juges Sonia Sotomayor (à gauche) et Elena Kagan, photographiées ici lors de l'inauguration de Donald Trump, en janvier 2017, sont les deux autres juges progressistes de la Cour suprême des États-Unis. Elles ont toutes deux été nommées par Barack Obama. La troisième femme du tribunal est la conservatrice Amy Coney Barrett, nommée par Donald Trump.

Photo : Getty Images / Saul Loeb/Pool

Ce serait aussi la première fois que le tribunal compterait deux Afro-Américains, l'autre étant le juge Clarence Thomas, nommé par Georges Bush père il y a 30 ans.

Il remplaçait lui-même le juge Thurgood Marshall, qui a été le premier Afro-Américain à avoir siégé à la Cour suprême entre 1967 et 1991.

Cette nomination ne modifiera cependant pas l'équilibre des forces au tribunal, actuellement composé de six juges considérés conservateurs et de trois autres, progressistes.

Parmi les noms évoqués pour remplacer le juge Breyer se trouvent ceux de Ketanji Brown Jackson, 51 ans, qui siège à la Cour fédérale d'appel de Washington, de Leondra Kruger, juge à la Cour suprême de Californie, 45 ans, et de Michelle Childs, 55 ans, juge fédérale en Caroline du Sud.

Elles seraient toutes susceptibles de siéger pendant des décennies à la Cour suprême, puisque les juges y sont nommés à vie. Au Canada, les juges à la Cour suprême doivent obligatoirement prendre leur retraite à 75 ans.

Stephen Breyer tient un exemplaire de la Constitution dans sa main droite.

Le juge Breyer a brandi un exemplaire de la Constitution lors d'une brève allocution à la Maison-Blanche. Estimant que la démocratie américaine était une « expérimentation toujours en cours », il a déclaré : « Je suis un optimiste, je suis sûr qu'elle réussira. »

Photo : Getty Images / Drew Angerer

Le président Biden a profité de son allocution à la Maison-Blanche pour témoigner de la gratitude de la nation à Stephen Breyer, qu'il a qualifié de serviteur de l'État modèle en ces temps de division profonde.

« C'est un juge exemplaire, équitable avec les parties, courtois envers ses collègues, prudent dans son raisonnement [et qui a] travaillé sans relâche à donner corps à l'idée que le droit existe pour aider les gens. »

— Une citation de  Joe Biden, président des États-Unis

Le magistrat progressiste a pour sa part livré un plaidoyer pour l'État de droit. Notre pays est compliqué, avec ses 330 millions d'habitants aux origines, religions et opinions variées, a-t-il noté.

Pourtant, ils ont décidé de résoudre leurs principales différences par le droit.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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