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13 recommandations après la mort d’un homme de 91 ans victime d’un homicide à son foyer

Une dame dans un fauteuil roulant dans le couloir d'un CHSLD.

Le défenseur des aînés du Nouveau-Brunswick, Norman Bossé, a présenté le 27 janvier 2022 les conclusions de son enquête sur la violence entre résidents de foyers de soins.

Photo : Radio-Canada

George est admis dans un foyer de soins à l'âge de 91 ans. Pour son âge, il est en pleine santé. Toutefois, quelques semaines plus tard, il meurt à l'hôpital et sa famille découvre que ses blessures ont été causées par les agressions d'un autre résident.

Le défenseur des aînés du Nouveau-Brunswick, Norman Bossé, a présenté jeudi un rapport contenant plusieurs recommandations pour réduire le nombre d'incidents violents entre résidents des foyers de soins de longue durée dans la province.

Son rapport s’intitule Il méritait mieux : une fin de vie tragique d’un résident en foyer de soins. Il est disponible en ligne (Nouvelle fenêtre).

Un homicide au foyer de soins

Norman Bossé a effectué une enquête après la mort d’un résident d’un foyer de soins âgé de 91 ans et identifié par le prénom fictif George. Cet homme a subi trois agressions de la part d’un autre résident identifié par le prénom fictif Tom. Ils souffraient tous les deux de démence.

L’agresseur ne pouvait donc être tenu responsable de ses gestes. Les trois agressions ont eu lieu en l’espace de deux mois. Tom avait victimisé plusieurs autres résidents du foyer vers ces mêmes dates, précise M. Bossé.

À la suite du troisième incident provoquant une chute, [George] s’est fracturé la hanche et a dû être hospitalisé. À l’hôpital, ses poumons se sont affaissés et il est décédé. Après une longue enquête, le coroner a déterminé la cause du décès comme étant un homicide, affirme Norman Bossé.

Norman Bossé.

Le défenseur des aînés du Nouveau-Brunswick, Norman Bossé, a présenté le 27 janvier 2022 les conclusions de son enquête sur la violence entre résidents de foyers de soins lors d'une conférence de presse donnée en ligne.

Photo : Zoom/Gouvernement du Nouveau-Brunswick

Le défenseur des aînés dit reconnaître l’excellence des soins prodigués quotidiennement aux résidents des foyers de soins dans la province. Son rapport, souligne-t-il, ne remet pas cela en question. Le document porte sur un cas précis dans un seul établissement pour en tirer des leçons afin de mieux traiter le problème récurrent de la violence entre résidents de foyers de soins.

Plusieurs lacunes

Selon Norman Bossé, la mort de George dans ces circonstances aurait pu être prévenue. Il souligne que le personnel de l’établissement aurait pu mieux surveiller Tom, qui avait commis plusieurs autres agressions. Selon M. Bossé, Tom était aussi une victime parce qu’il n’avait pas reçu de soins spécialisés qui auraient pu adoucir son comportement violent.

Le défenseur des aînés affirme que le ministère du Développement social devrait réviser ses normes et pratiques pour mieux appuyer les foyers de soins afin de réduire la violence entre résidents. Il présente pour cela 13 recommandations afin que le ministère améliore ses normes, ses pratiques et les interventions dans les foyers de soins contre la violence entre résidents.

En voici quelques-unes :

  • Élaborer des pratiques exemplaires en matière de sécurité dans les foyers de soins et veiller à ce que tous ces établissements les mettent en pratique;
  • Entreprendre un examen exhaustif des pratiques exemplaires pour atténuer la violence entre résidents et élaborer une politique détaillée et une pratique structurée pour cela en collaboration avec tous les intervenants;
  • Améliorer la gestion et le signalement des incidents violents dans les foyers de soin;
  • Publier chaque année un rapport sur les données agrégées découlant des inspections dans chaque foyer de soins;
  • Uniformiser le processus de plaintes dans les foyers de soins avec des procédures d’appel qui respectent la justice et les droits des résidents;
  • Mettre au point une formation complète sur les interventions destinées à réduire la violence et exiger que tous les employés des foyers de soins la reçoivent.

« Une affaire tragique », selon le ministre

Le ministre du Développement social, Bruce Fitch, qualifie la mort de l’individu comme une affaire sérieuse, tragique et malheureuse.

Bien que le ministre affirme ne pas prendre cette situation à la légère, il soutient que cet incident n’est pas la preuve d’un problème systémique à travers le système.

Il croit que les exploitants et le personnel des foyers de soins ont la capacité, la formation et les compétences pour assurer la sécurité et le bien-être des résidents.

Bruce Fitch.

Le ministre du Développement social du Nouveau-Brunswick, Bruce Fitch (archives)

Photo : Radio-Canada / CBC

Bruce Fitch précise que les normes actuelles comprennent une formation obligatoire des employés à la gestion des comportements à risques des résidents, en utilisant une approche centrée sur la personne.

Le ministre dit qu’il étudiera le rapport et les recommandations en profondeur et est prêt à modifier les procédures et les normes si nécessaire, car la qualité des soins des personnes âgées est une priorité.

Il n'a cependant pas donné d'échéancier pour la révision des recommandations.

Le ministère continuera de revoir ses politiques et ses procédures pour s’assurer que chaque Néo-Brunswickois se sente en sécurité dans l’établissement dans lequel il vit, dit Bruce Fitch.

L'Association des foyers de soins du Nouveau-Brunswick accueille favorablement le rapport et se dit ouverte à apporter les ajustements nécessaires et travailler avec le ministère.

Notre but primordial est de protéger nos résidents, on est prêt à prendre plus de mesures, dit le directeur général, Micheal Keating.

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