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Le Dr Boileau ne se prononce pas sur la contribution santé des non-vaccinés au Québec

Luc Boileau parle assis à la table de presse.

Le directeur national de santé publique par intérim, le Dr Luc Boileau.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Radio-Canada

Le directeur national de santé publique (DNSP) du Québec par intérim, le Dr Luc Boileau, refuse de se prononcer sur le bien-fondé d’imposer une contribution santé aux personnes non vaccinées comme l'envisage le gouvernement Legault.

Toutes les mesures qui peuvent être prises pour accentuer l’élan vers la vaccination sont les bienvenues, a déclaré le Dr Boileau en conférence de presse, jeudi. Pressé de se prononcer sur la contribution santé par l'opposition à Québec et questionné par les journalistes, il a cependant conservé sa réserve.

« Il s’agit d'une mesure économique, et moi je préfère ne pas commenter sur les mesures économiques, ça ne relève pas de l’expertise de la santé publique. »

— Une citation de  Dr Luc Boileau, directeur national de santé publique du Québec

À l’heure où de nombreuses voix, dont celle de la commissaire à la santé et au bien-être, s’élèvent pour réclamer qu’il fasse preuve d’une plus grande indépendance vis-à-vis du pouvoir politique, le DNSP a tenu cet après-midi une première conférence de presse en l'absence du premier ministre François Legault et du ministre de la Santé, Christian Dubé.

Au Parti québécois, on veut que les mesures soient en fonction de sortir de la crise sanitaire, et on veut que ce soit basé sur une démonstration scientifique ou rigoureuse que c’est logique de faire une mesure ou pas, a plaidé jeudi le chef du parti, Paul St-Pierre Plamondon, en conférence de presse.

En ce moment, on n’a aucun avis de santé publique, aucune expertise au soutien d’une mesure qui me semble davantage punitive que dans la perspective de sortir de la pandémie, a ajouté le chef de la troisième opposition à l’Assemblée nationale.

« Le fardeau de la preuve, il revient au gouvernement. [C'est à lui] de nous démontrer qu’il n’a pas fait ça parce que des sondages internes lui disaient que ce serait populaire, mais […] parce que la santé publique le lui recommandait. À date, je n’ai aucune indication que la santé publique a recommandé une telle mesure. »

— Une citation de  Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois

Le chef parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a aussi demandé au Dr Boileau de dire s’il appuie l’idée d’imposer une contribution santé aux personnes non vaccinées. L'impression que nous avons […] c'est que la taxe vaccin, c'est plus une mesure politique qu'une mesure de santé publique. C'est pour ça que c'est important d'entendre le Dr Boileau sur cette question, avait-il dit mercredi.

À l’instar des autres partis d’opposition, le Parti québécois n’a cependant pas clairement dit s’il appuiera ou non le projet de loi qui doit mettre en œuvre cette contribution santé. Il attendra lui aussi de voir le projet de loi qui doit être déposé dès la reprise des travaux parlementaires, la semaine prochaine.

On avisera […] quand on verra le projet de loi, parce qu’il y a des enjeux juridiques, des enjeux d’éthique, des enjeux d’équité également, qu’on va devoir regarder avant de se prononcer, a fait valoir le porte-parole du parti en matière de santé, Joël Arseneau.

Plan rapproché de Paul St-Pierre Plamondon.

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, en conférence de presse, le 10 décembre 2021, à l'Assemblée nationale

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Pour une réelle indépendance

Le PQ a profité de sa conférence de presse pour dévoiler une liste de 12 travaux à entreprendre pour consolider le système de santé québécois, durement éprouvé depuis le début de la pandémie. L’un d’entre eux vise précisément à redéfinir le rôle du DNSP, une position que défend le parti le printemps 2020.

Il faut revoir la loi sur la santé publique afin d’assurer une complète indépendance au directeur national de santé publique, ce qui signifie assurer la pleine transparence de tous les avis scientifiques dans les communications, affirme M. St-Pierre Plamondon.

Le chef souverainiste se dit heureux que le Dr Boileau prenne la parole seul, mais demeure sceptique quant à sa réelle indépendance. Le cabinet du premier ministre a déjà fait savoir que ce ne serait pas systématiquement le cas, puisqu’il peut-être bénéfique que la santé publique et le gouvernement s’expriment d’une seule voix.

Pour des questions de rigueur, ce qu’on demande, c’est que ce soit systématiquement le cas, et non pas au gré des humeurs et des intérêts du premier ministre et de la CAQ, a fait valoir M. St-Pierre Plamondon.

« Ce sont des scientifiques compétents qui […] ont beaucoup plus de compétence que le gouvernement actuel en matière de gestion de pandémie et de science. Qu’ils nous parlent de manière autonome, et qu’on arrive réellement à l’indépendance. »

— Une citation de  Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois

Selon le Parti québécois, l’amélioration du système de santé doit aussi passer par une décentralisation des prises de décision, un financement accru des organismes communautaires, un mode de rémunération hybride pour les médecins ainsi que l’abolition des agences privées et du temps supplémentaire obligatoire pour les infirmières.

M. St-Pierre Plamondon a cependant lourdement insisté sur le fait que le gouvernement fédéral refuse toujours d’augmenter considérablement les transferts en santé, comme le réclament les provinces. Cela prive le Québec de 6 milliards de dollars par année, a-t-il dit, avant de livrer un plaidoyer indépendantiste.

On ne peut pas faire semblant que tout va bien puis que c'est juste une question de trouver des solutions. [...] Il manque 6 milliards de dollars, et ça, il faut le nommer, et vous connaissez [...] notre solution à ce niveau-là, c'est de cesser de faire affaire avec un gouvernement qui n'est pas le nôtre et qui n'a pas nos priorités à cœur, a-t-il dit.

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