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COVID-19 : des parents franco-colombiens se dissocient de leur conseiller scolaire

Carolina Radovan au Quai Lonsdale, à North Vancouver.

Carolina Radovan, présidente de l'Association des parents d’élèves de l’École André-Piolat, à North Vancouver.

Photo : Radio-Canada / Raluca Tomulescu

Des parents francophones de la côte sud de la Colombie-Britannique dénoncent des commentaires fait publiquement par le conseiller scolaire et membre du conseil d’administration du Conseil scolaire francophone (CSF) de leur région Roger Lagassé. Selon eux, ces commentaires ne représentent pas la position de la majorité de leur communauté parce qu’ils mettent en doute l’efficacité de certaines mesures sanitaires contre la COVID-19.

En novembre, les associations de parents d’élèves (APE) de l’École André-Piolat, à North Vancouver, de l’École du Pacifique et de l’École secondaire Chatelech, à Sechelt, et de l’École Les Aiglons, à Squamish, ont chacune fait parvenir une lettre au conseil d’administration du CSF pour l’informer de leurs préoccupations.

Il est de notre avis que la position assumée de M. Lagassé sur la vaccination et le port du masque durant la pandémie (soit anti-vaccin et anti-masque), teinte ses propos publics et communications d’hypothèses biaisées, écrivent les membres de l’exécutif de l’APE de l’École André-Piolat.

Nous voulons être clairs pour tous les membres du CA du CSF que M. Lagassé n'a pas représenté les points de vue de nos communautés du Côte Sud (sic) en ce qui concerne les ordres de santé publique d'importance critique tels que le nettoyage des salles de classe, le lavage des mains, le port du masque et la sécurité des vaccins contre le COVID-19, affirment dans leur lettre les membres de l’exécutif de l’APE de l’École du Pacifique et de l’École secondaire Chatelech.

Les présidentes des trois associations soutiennent que, à plusieurs reprises, soit lors de réunions entre APE ou de réunions publiques du conseil d’administration, Roger Lagassé a contesté le bien-fondé de certaines mesures sanitaires contre la COVID-19 adoptées par le CSF.

Roger Lagassé lors d'une réunion virtuelle.

Roger Lagassé, conseiller scolaire et membre du conseil d’administration du Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique de la côte sud, prend la parole lors de la rencontre publique du conseil d'administration du CSF du 16 octobre 2021.

Photo : Capture d'écran de la rencontre publique du conseil d'administration du Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique du 16 octobre 2021

Lors de la réunion publique du conseil d’administration du CSF du 18 septembre, à titre d’exemple, Roger Lagassé a affirmé : J’ai lu quelque part qu’avec cette rentrée, on nous demande de faire un nettoyage par jour. Si on en fait deux, on serait en train d’excéder les directives du ministère de la Santé. Est-ce qu’on a baissé le nettoyage à un par jour? Cette inquiétude-là, c’est qu’on applique des produits chimiques dans les écoles pendant que les enfants sont là.

Lors de la même réunion, il a avancé que, si des parents craignent que leurs enfants soient vaccinés à l’école sans leur consentement, ils vont les retirer de l’établissement et leur donner des cours à la maison, une situation qui pourrait avoir des conséquences sur les budgets du CSF.

Le mois suivant, lors de la réunion publique du conseil d’administration du CSF du 16 octobre, Roger Lagassé a affirmé qu'il était à l’écoute de la communauté en ce qui concerne une éventuelle obligation vaccinale pour les enseignants.

J’ai reçu plusieurs lettres, et la grande majorité sont contre [l'idée de] contraindre notre personnel à avoir quelque intervention médicale que ce soit, affirmait-il.

Le président du conseil d’administration du CSF, Patrick Gatien, lui a alors répondu que cette position était attribuable à la majorité des lettres reçues par Roger Lagassé, et non la majorité de sa communauté, et qu’il attendait des directives d’organismes comme l'Association des conseillers scolaires de la Colombie-Britannique (BCSTA), pour tenir une consultation publique au besoin.

Convocation à une réunion

En octobre, Roger Lagassé a tenté de convier les parents à une réunion virtuelle au sujet de l’éventuelle obligation vaccinale des enseignants, mais aussi de la vaccination des enfants, selon les présidentes des APE de l’École André-Piolat, Carolina Radovan, et de l’École du Pacifique et de l’École secondaire Chatelech, Ione Smith.

Selon Ione Smith, il était difficile de dire si l’événement était parrainé par le CSF ou à l’initiative de Roger Lagassé. La rencontre n’a finalement jamais eu lieu.

Portrait d'Ione Smith pose devant un mur de bois.

Ione Smith, présidente de l'association des parents d’élèves de l’École du Pacifique et de l’École secondaire Chatelech, à Sechelt.

Photo : Ione Smith

Carolina Radovan dit qu'elle est inquiète à l’idée que le conseiller scolaire sollicite directement des parents de la communauté.

Je recevais des courriels de parents que je ne connaissais pas personnellement qui me [disaient que] le représentant élu demande de diffuser une invitation à une discussion ouverte, raconte-t-elle.

Elle craignait que Roger Lagassé ne crée de la division là où il n’y en a pas.

Si, à notre école, on avait la moitié des parents qui partageaient les opinions de Roger Lagassé, [...] je [représenterais] les deux côtés parce que c’est ça, ma communauté, mais ce n’est pas le cas, déclare-t-elle.

Le CSF donne peu de détails

En envoyant leur lettre au conseil d’administration du CSF, Carolina Radovan et Ione Smith espéraient que celui-ci reconnaisse le fait que l’intérêt général de la majorité de notre communauté est ignoré au nom de l’intérêt personnel de M. Lagassé en ce qui concernent (sic) les politiques selon la COVID-19 (extrait de la lettre de l’APE de l’École du Pacifique et de l’École secondaire Chatelech).

Elles y demandaient également une communication [de la part du CSF], décrivant clairement les prochaines étapes qui seront prises pour assurer la sécurité de [la] communauté.

En date du 26 janvier, les APE de l’École André-Piolat, de l’École du Pacifique et de l’École secondaire Chatelech, ainsi que celle de l’École Les Aiglons n’avaient toujours pas reçu de réponse à leur lettre de la part du CSF, hormis un accusé de réception.

Le CSF et Roger Lagassé ont décliné les demandes d’entrevue de Radio-Canada.

Le conseil d’administration comprend que les propos rapportés ont suscité de l’inquiétude et des questionnements pour plusieurs parents et il étudie la situation à l’interne, affirme le CSF dans une déclaration écrite.

Rien ne change dans [son] approche en lien avec les mesures de santé publique dans les écoles : les ordres émis par les autorités de santé publique continuent d'être suivis afin d’assurer la santé et la sécurité des élèves et du personnel , ajoute-t-il.

Les réponses aux correspondances sont en train d’être finalisées et seront envoyées prochainement , conclut-il.

Après les événements des dernières semaines, Carolina Radovan songe à se présenter aux prochaines élections pour les conseillers scolaires. Pour suivre mes propres valeurs, je ne vois pas comment je ne peux pas mettre mon nom pour les prochaines élections, affirme-t-elle.

Les élections des conseillers scolaires doivent avoir lieu en octobre 2022.

Quel est le rôle d’un conseiller scolaire élu?

Le travail d’un conseiller scolaire est d’assurer la supervision du district scolaire et d’avoir l'autorité ultime pour la réussite des élèves dans le district, explique la présidente de la BCSTA, Stephanie Higginson.

Ce à quoi une communauté doit s’attendre, c'est qu'un conseiller soit capable de s'assurer que les opinions de la communauté soient représentées à la table [du conseil d’administration], poursuit-elle.

Elle indique que les conseillers ont eu de nombreuses occasions d'interagir avec les autorités sanitaires, que le rôle des éducateurs est de les laisser prendre les décisions médicales et, ensuite, de les mettre en œuvre dans le système scolaire de manière à ce qu'elles aient le moins d'impact négatif possible sur l'apprentissage des élèves.

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