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L’anxiété est en hausse à la suite du dôme de chaleur, disent des chercheurs

Une personne regarde l'horizon sur une plage de Vancouver.

Les événements météorologiques extrêmes ont un impact croissant sur la santé mentale, disent des chercheurs.

Photo : Radio-Canada / Maggie MacPherson

Selon une étude de l’Alliance pour la santé mentale et le changement climatique, le dôme de chaleur qu’a vécu la Colombie-Britannique durant l’été 2021 et les autres événements météorologiques extrêmes ont un impact croissant sur la santé mentale et, surtout, l’anxiété ressentie.

Des chercheurs de l’Alliance pour la santé mentale et le changement climatique affirment que leur étude, publiée dans le Journal of Climate Change, est une des premières à démontrer un lien direct entre des événements météorologiques liés aux changements climatiques et des problèmes de santé mentale.

Une clôture blanche avec des décombres à l'arrière.

La chaleur a été particulièrement forte dans les environs de Lytton, un village détruit par un violent feu de forêt survenu durant l'été 2021.

Photo : La Presse canadienne / DARRYL DYCK

L’étude est basée sur les réponses de 850 personnes de plus de 16 ans avant et après le dôme de chaleur qui a fait de nombreux morts et battu des records de température en Colombie-Britannique.

Conclusions de l'étude :

  • le niveau moyen d’anxiété des Britanno-Colombiens par rapport au changement climatique a augmenté de 13 % après le dôme de chaleur;
  • une majorité de répondants ont dit être plus (18,4 %) ou beaucoup plus (40,1 %) inquiets en raison des changements climatiques après le dôme de chaleur;
  • le nombre de personnes qui ont dit être d’avis que leur région serait dévastée en raison des changements climatiques est passé de 17,5 % à 29,8 % après le dôme de chaleur;
  • le nombre de personnes qui croient que l’industrie dans laquelle ils travaillent sera touchée par les changements climatiques est passé de 35 % à 40,3 % après le dôme de chaleur;
  • la plupart des répondants ont dit être un peu (40,8 %) ou grandement touchés par le dôme de chaleur.

Le directeur de l’Alliance pour la santé mentale et le changement climatique, Kiffer Card, affirme que l'étude s'est penchée sur deux des plus grandes urgences de santé publique du 21e siècle : la santé mentale et le changement climatique.

Un homme anxieux est accoté à un jeune arbre.

L'écoanxiété est-elle le nouveau mal du siècle?

Photo : getty images/istockphoto / BrankoPhoto

« Notre travail envoie un message clair : la santé de la planète et la santé individuelle ne font qu’une. »

— Une citation de  Kiffer Card, directeur, Alliance pour la santé mentale et le changement climatique

L’écoanxiété

Les changements climatiques ont fait l'objet de multiples études, conférences et discussions sur la place publique. Pour certaines personnes, ils sont source d'un profond malaise appelé écoanxiété  : un phénomène de plus en plus observé par les scientifiques.

Certains sont angoissés, ne dorment plus, ressentent un mal de vivre, de la tristesse ou encore de la colère face à leur propre impuissance et face à l'inaction des autres sur le plan du réchauffement planétaire.

Pour d’autres, cette anxiété est tellement paralysante qu’ils rejettent tout ce qui concerne les changements climatiques. Le résultat est donc un déni total.

Une femme dans la nature tient un contenant rempli de bleuets.

Amanda Suutari, une Vancouvéroise de 54 ans, affirme ressentir beaucoup d’anxiété surtout lorsqu’elle voit des gens qui consomment sans penser aux conséquences.

Photo : Offerte par Amanda S.

Amanda Suutari, une Vancouvéroise de 54 ans, dit avoir toujours été partisane de la durabilité et essaie de vivre en ayant le moins d’impact sur son environnement possible.

Je ressens beaucoup de peur et de chagrin pour tous les animaux innocents, les populations les plus pauvres de la planète, les enfants et les jeunes, [qui sont] ceux qui ont le moins contribué à la crise climatique, mais qui vont en être les plus touchés, explique Amanda.

Je me sens chagrinée à l’avance pour toute la beauté et la complexité de la planète (...) des merveilles de l’évolution qui ont pris des milliards d’années à se créer et qui ne seront plus dans quelques décennies.

« C’est facile pour moi d’imaginer le pire : des pénuries de ressources causées par les changements climatiques qui mènent à un chaos, à la violence… C’est beau de voir à quel point les communautés se sont entraidées à la suite des feux et des inondations, mais est-ce que cela serait encore possible en situation de graves pénuries ? »

— Une citation de  Amanda Suutari

Je ressens aussi de la colère envers les excès de richesse et le fait que des milliardaires qui pourraient investir pour changer les choses choisissent plutôt de s’envoler dans l’espace [et] de voyager dans des centres de villégiature luxueux, dit aussi Amanda Suutari.

Les chercheurs affirment qu’il est nécessaire de surveiller et d'étudier l’anxiété liée aux changements climatiques de façon régulière pour mieux comprendre l’effet individuel et collectif des changements climatiques à long terme.

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