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Presque plus de la moitié d’appels à Info-Social 811 depuis le début de la pandémie

Une console téléphonique avec un casque d'écoute et deux écrans d'ordinateur.

Les infirmières de la ligne 811 dénoncent le peu de distanciation physique et la permission de travailler avec des symptômes.

Photo : iStock

Radio-Canada

Alors que les mesures sanitaires s’allègent et se resserrent, les demandes pour obtenir des services en santé mentale ont explosé depuis le début de la pandémie de COVID-19. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, les appels au service Info-Social 811 ont bondi de 48 % à compter de 2019.

Pour 2019-2020, Info-Social a reçu près de 27 000 appels. L'année suivante, la centrale a répondu à plus de 36 000 appels. Pour l'année en cours, Info-Social s'attend à un bilan de plus de 40 000 demandes de soutien.

Avec le confinement qu'on a connu, puis on revient à la normale, puis on retourne en confinement. Les gens ont de la difficulté à s'adapter à ces situations-là, ils éprouvent plus de symptômes anxieux et aussi, par le fait même, ça nuit à leur fonctionnement, que ce soit leur fonctionnement au niveau social, au niveau professionnel, au niveau familial et j'en passe, a soutenu Julie Fortin, chef de service Info-Social au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean

Le volume d'appels au Centre de prévention du suicide 02 (CPS 02) a connu une augmentation marquée pendant la 2e vague de COVID-19 à l'automne 2020. Il n'est jamais redescendu depuis.

Au début, on parlait beaucoup de l'anxiété d'attraper la maladie, mais [sont] venues aussi les séparations, les pertes d'emploi. Ne pas savoir si on allait pouvoir rentrer travailler et le contexte travail-famille qui devient plus compliqué aussi pour beaucoup de parents, a mentionné Mélanie Lapierre, coordonnatrice aux services de prévention, de formation et aux communications au CPS 02.

Numéros pour obtenir de l'aide

  • Info-Social : 811
  • Centre de prévention du suicide : 1-866-APPELLE
  • Tel-Aide :  1 888 600-2433

Chaque jour, les agents du Service de police de Saguenay (SPS) répondent à trois ou quatre appels de personnes en détresse. En 2020, ces interventions ont connu une augmentation de 2 %.

C'est une tendance qui s'échelonne sur plusieurs années. C'est certain que, pendant la pandémie, ces phénomènes-là ont été exacerbés. Tout le monde a été touché par la pandémie, les citoyens de n'importe quelle classe. Ceux qui sont plus vulnérables, c'est normal qu'ils soient plus touchés. Ça peut avoir une plus grande incidence sur notre travail, a souligné Carl Tremblay, agent de la prévention et des communications au Service de police de Saguenay (SPS).

Un homme en uniforme devant l'église Saint-Joachim.

Carl Tremblay, agent de la prévention et des communications au Service de police de Saguenay

Photo : Radio-Canada

Dans ces situations, les policiers collaborent avec des travailleurs sociaux du réseau de la santé.

Il n'y a presque pas un soir ou une fin de semaine et plusieurs fois dans la fin de semaine où ils [ne] sont [pas] demandés. C'est un travail de collaboration et de partenariat avec les policiers, a ajouté Hélène Rainville, coordonnatrice des services psychosociaux généraux au CLSC de Jonquière.

Dans les cabinets de médecin aussi, la détresse se fait sentir. Elle est constatée même quand les mesures sanitaires sont relâchées. Les gens, je pense, ont été fragilisés, ont été blessés de tout ça à différents niveaux. De devoir reprendre une vie normale quand on est affaibli, probablement qu'on se sent encore plus déstabilisé de tout ça. Ça insécurise les gens. Les attentes, bien vous le savez, dans les différentes sphères de notre société, les gens avaient tendance à vouloir nous revoir au poste comme si de rien n'était, mais ce n'est pas ça, a analysé Olivier Gagnon, président de l'Association des médecins omnipraticiens du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Un médecin devant un placard.

Le président de l'Association des médecins omnipraticiens du Saguenay-Lac-Saint-Jean (AMOSL), Olivier Gagnon

Photo : Radio-Canada

Il s’agit d’une raison de plus pour collectivement rester vigilant. Prenez le temps de contacter vos proches, de contacter ceux qui sont seuls, c'est important, a dit encore Carl Tremblay.

En plus des lignes d'écoute, il existe 200 organismes communautaires au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Si les gens nous téléphonent et que, pour les aider, c'est un autre service de la région qui pourrait répondre à ce besoin-là, bien on va les orienter vers ces services-là aussi, a conclu Mélanie Lapierre.

D'après un reportage de Claude Bouchard

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