•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le DG de la STM quitte la société de transport et se vide le cœur

Après 28 ans à la STM, dont près de 8 comme directeur général, Luc Tremblay quittera l'entreprise le 2 avril.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, et le directeur général de la STM, Luc Tremblay, avec, en arrière-plan, un autobus suspendu.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, et le directeur général de la STM, Luc Tremblay, en 2019

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Peu habitué aux propos vitrioliques, Luc Tremblay, qui quittera son poste de directeur général de la Société de transport de Montréal (STM), n’a pas mâché ses mots pour décrire ce qui manque à l’entreprise de 11 000 employés « pour développer son plein potentiel ».

Dans un communiqué de presse, il évoque d’abord la structure de financement actuelle, qui date des années 90 et est totalement déconnectée des nouveaux besoins pour notre secteur.

Alors que le transport en commun est appelé à jouer un rôle de premier plan pour offrir une solution de rechange à l’auto solo, qui représente le principal mode de déplacement de deux personnes sur trois dans le Grand Montréal, M. Tremblay croit que le gouvernement doit en faire plus pour assurer un financement récurrent et adéquat pour les transports collectifs.

Il y a deux semaines, il avait confié devant la commission des finances de la Ville de Montréal que, malgré des mesures de réduction de services et de report d’entretien des voitures AZUR, il manquait 43 millions de dollars à la STM pour équilibrer son budget.

Beaucoup de personnes pensent, au moment où l'on se parle, que les besoins criants vont être financés par des réductions de dépenses à la STM. Ça ne sera plus possible. Ça s'est fait pendant des années, et là, on ne peut plus, avait-il déclaré.

« On est rendus vraiment à la croisée des chemins. Ça prend de nouvelles sources de revenus. »

— Une citation de  Luc Tremblay, devant la commission des finances de la Ville de Montréal

Il montre notamment du doigt la taxe sur l'essence et la taxe sur l'immatriculation, dont les revenus sont versés au transport en commun, mais qui stagnent depuis plusieurs années parce qu'elles n'ont pas été indexées.

Téléjournal 18 h : entrevue avec Luc Tremblay

L'ARTM égratignée

Dans le communiqué de presse annonçant son départ, M. Tremblay en a aussi profité pour dénoncer la structure de gouvernance du transport en commun dans la métropole, qu’il juge dysfonctionnelle à plusieurs égards.

Il fait notamment référence à l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) qui chapeaute, depuis 2017, toutes les sociétés de transport de la région, et qui, selon lui, tarde à livrer les bénéfices qui devaient y être associés, ce qui a pour effet de plomber l’essor du transport collectif dans la région.

Si l’ARTM convient que le changement n’a pas été facile pour certains et qu’il y a eu de la résistance », l’organisation souligne par courriel que n’y voir qu’une perte d’autonomie serait oublier la force du nombre lorsqu’on avance dans la même direction.

La direction de l’ARTM précise en outre qu’une gouvernance métropolitaine saine et efficace des transports collectifs demande l’implication constante de tous les acteurs au sein d’une vision concertée et qu’elle travaillera de manière constructive avec la prochaine direction générale de la STM afin que les usagers puissent bénéficier de l’approche régionale qu’offre ce regroupement.

M. Tremblay travaillait à la STM depuis 28 ans. Il quittera son poste le 2 avril prochain. Le président du conseil d'administration de l'entreprise, Éric Alan Caldwell, a louangé un travailleur infatigable, qui a notamment piloté le déploiement des nouveaux trains AZUR et l'arrivée de 300 nouveaux autobus, en plus de guider l’entreprise durant la pandémie.

« Laissé à lui-même »

Pour Aref Salem, chef intérimaire d'Ensemble Montréal, le départ de M. Tremblay n'est pas une surprise. La STM est aux prises avec un déficit d'environ 43 millions de dollars et le directeur général « a été laissé à lui-même sans aucun soutien de la part de l'administration Plante », affirme M. Salem, déplorant le dogmatisme de cette dernière qui n'a pas voulu adapter le niveau de service à la baisse de l'achalandage.

Concernant le recrutement du remplaçant de M. Tremblay, la société de transport précise qu'un mandat sera confié à un comité de travail du conseil d’administration qui sera chargé d’embaucher un nouveau directeur général ou une nouvelle directrice générale. Ce comité pourra s’adjoindre une firme externe de chasseurs de têtes.

Une direction intérimaire en attendant

La personne recherchée devra être capable d'assurer la pérennité financière de la STM, de contribuer à son développement et de contribuer à la reprise de l'achalandage post-pandémie dans un contexte où les habitudes de la clientèle pourraient avoir changé, a mentionné M. Caldwell en entrevue. Pierre Barrieau, expert en transports, croit qu'il faudra trouver quelqu'un qui est habitué à être sur la place publique et qui a ses entrées dans les officines gouvernementales.

Ce type de processus pouvant prendre autour de cinq mois, une direction générale intérimaire sera nommée pour assurer la transition.

Mardi, on a appris que l’ancienne PDG de Vélo Québec Suzanne Lareau représenterait les usagers au sein du conseil d’administration de la STM. Le représentant de la clientèle du transport adapté au sein du C. A. sera connu la semaine prochaine.

Avec les informations de Mathieu Prost

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !