•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Surveiller la frontière canado-américaine : un défi de taille, surtout en hiver

Une vue des champs enneigés juste à l'extérieur du hameau de St. Vincent, au Minnesota, en direction du nord vers la frontière entre le Canada et les États-Unis, le 25 janvier 2022.

Les agents de la patrouille des frontières disposent de peu de moyens techniques pour surveiller les vastes étendues entre le Canada et les États-Unis.

Photo : La Presse canadienne / James McCarten

Radio-Canada

Le décès tragique de la famille indienne qui tentait de passer la frontière entre les États-Unis et le Canada a mis en lumière le travail difficile et le peu de moyens techniques à la disposition des agents de la patrouille des frontières.

Le froid et les grandes étendues rendent la traversée dangereuse pour les migrants et difficile à surveiller pour les agents.

Comme l'explique l’agente de la patrouille frontalière américaine Katy Siemer, il est difficile de contrôler la frontière : Parce qu'il n'y a rien ici. Il n'y a pas d'infrastructure et nous n'avons pas de caméras de surveillance.

« Il n'y a vraiment rien ici pour qu'une personne puisse s'abriter. »

— Une citation de  Katy Siemer, agente de la patrouille frontalière américaine et responsable de la station à proximité de Pembina dans le Dakota du Nord

Elle précise qu’il n’y a aucun autre moyen que de se déplacer en voiture pour contrôler les vastes plaines qui séparent le Canada des États-Unis.

En plus d’une voiture, de plusieurs motoneiges, de vélos tout terrain et de raquettes dont elle dispose, la patrouille s'appuie sur les résidents des petites villes de la région, comme Walhalla ou Pembina, dans le Dakota du Nord, pour optimiser leur surveillance.

Un froid qui ne pardonne pas

La station est située au milieu d'un champ enneigé.

Une station de compression de gazoduc sans personnel située à l'extérieur de la ville de St. Vincent, au Minnesota, à quelques centaines de mètres de la frontière canado-américaine et de l'endroit où des agents de la GRC ont récupéré les corps de quatre ressortissants indiens non identifiés le 19 janvier 2022. La photo a été prise le 25 janvier 2022.

Photo : La Presse canadienne / James McCarten

Les autorités américaines pensent que la famille, dont deux des membres étaient un adolescent et un bébé, a probablement été désorientée par le blizzard avant d'être victime d'un froid redoutable.

Les enquêteurs présument que ces personnes faisaient partie d'un plus grand groupe de ressortissants indiens sans-papiers, que les agents ont interrogés aux États-Unis peu de temps avant la découverte des corps.

Le passage de clandestins est un phénomène beaucoup plus fréquent que ce que la plupart des gens imaginent, explique Katy Siemer.

En effet, lundi, les responsables du ministère de la Justice ont publié des détails d'un cas de passage de clandestins similaire. Il s'est produit dans le nord-ouest du Montana, près de la frontière des Rocheuses entre l'Alberta et la Colombie-Britannique.

Repenser la surveillance de la frontière

Experte en droit de l’immigration et des réfugiés à l'Université de Washington, Regina Jefferies souligne que surveiller la frontière c'est plus complexe que de simplement dire : "Nous avons besoin de plus de ressources pour mettre des gens en motoneige pour patrouiller dans ces espaces vraiment éloignés des terres agricoles."

«  Le danger est de reproduire la même approche que celle adoptée à la frontière sud, et cela n’a jamais eu le résultat escompté. »

— Une citation de  Regina Jefferies, experte en droit de l'immigration et des réfugiés

Quand ils réfléchissent à la question, dit-elle, les États-Unis et le Canada doivent bien sûr tenir compte des facteurs d'attraction, en analysant les éléments de la vie en Amérique du Nord qui pourraient attirer des migrants irréguliers. Mais ils doivent aussi prendre en considération les facteurs d'incitation, soit les décisions de politique étrangère qui obligent les migrants à fuir leur pays d'origine.

Cet été, l’immigration sera d’ailleurs un sujet au centre des discussions au sommet des Amériques à Los Angeles. Cette rencontre a lieu tous les trois ans pour aborder des questions d'intérêt mutuel.

Loin d'être un observateur éloigné géographiquement, le Canada a une contribution à apporter à cette discussion, déclare Regina Jefferies.

Avec les informations de La Presse canadienne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !