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Terminé, le poison dans les territoires gérés par la Sépaq

Changement de stratégie pour lutter contre les rongeurs nuisibles dans les parcs.

Une souris sur un épi de blé.

Les rongeurs seront éloignés des bâtiments avec un produit naturel plutôt que des poisons. (Archives)

Photo : ICI Explora

La Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq) va cesser d'utiliser des rodenticides toxiques et mortels autour de ses bâtiments. Terminé donc, le poison. On se tourne désormais vers des produits naturels pour empêcher les rats, les souris et d'autres bestioles jugées nuisibles d'entrer dans les bâtiments.

C'est après avoir reçu une plainte d'une citoyenne du Bic, Jacinthe Chénard, que la Sépaq avait amorcé une réflexion sur l'utilisation de la bromadiolone, un produit, banni en France et en Colombie-Britannique entre autres, qui est hautement toxique.

Un des spécialistes de la faune sauvage, le vétérinaire Stéphane Lair, avait également dénoncé cette méthode qui tuait aussi bien les souris que les écureuils ou les tamias rayés en plus de se retrouver dans la chaîne alimentaire d'oiseaux de proie protégés.

« La décision a été prise d'adopter une approche de répulsion sans poison. »

— Une citation de  Simon Boivin, porte-parole, Sépaq

La nouvelle directive ne touche pas seulement les parcs nationaux, mais les 46 territoires gérés par la Sépaq.

Une boîte de plastique grise.

Des pièges mortels comme celui-ci étaient installés autour de plusieurs bâtiments, comme ici à l'extérieur des chalets EXP du parc du Bic, des bâtiments pourtant neufs et étanches. (Archives)

Photo : Radio-Canada

La Sépaq se débarrassera de la bromadiolone pour la remplacer par un nouveau produit naturel fabriqué au Canada, sur le marché depuis à peine un an.

Contrairement à un poison, Rod le répulsif, c'est son nom, ne tue pas l'animal, mais l'éloigne du lieu souhaité.

L'odeur du produit n’est normalement perceptible que par les rongeurs et contribue à diminuer leur présence et leur activité, peut-on lire sur le site web de l'entreprise qui distribue le produit au Québec, Ecosecurica.

Si jamais une solution plus drastique devient nécessaire, Simon Boivin précise que l'élimination se fera sans poison. Par exemple, avec des trappes électroniques.

Un guide des bonnes pratiques en gestion parasitaire est également en préparation, ajoute le porte-parole de la Sépaq.

Ce guide devrait amener des changements pour rendre les chalets et autres bâtiments plus étanches. On sensibilisera aussi davantage les clients pour garder les rongeurs éloignés.

Une victoire citoyenne

Jacinthe Chénard qui a formulé une première plainte à l'été 2020 après une balade dans le parc de la Gaspésie se réjouit du changement de cap de la Sépaq.

J'avais des appuis de partout, des refuges, des gens qui sont dans l'environnement, tout le monde était d'accord pour qu'il se passe quelque chose, mentionne la photographe amateur.

Un écureuil qui mange une pastille bleue toxique.

Photo prise par la plaignante dans le parc de la Gaspésie. L'écureuil consomme des pastilles empoisonnées.

Photo : Gracieuseté : Jacinthe Chénard / Picasa

Le porte-parole de la Sépaq admet que les plaintes de Mme Chénard ont joué un rôle dans la décision de ne plus utiliser de poison.

Ça nous a menés à regarder nos façons de faire et à voir s'il existait des méthodes différentes, affirme M. Boivin.

Mais Jacinthe Chénard n'entend pas s'arrêter là. Je vais travailler pour que la bromadiolone soit interdite au Québec. Il y a plein de commerces qui utilisent encore ces produits, note-t-elle.

Une pétition sera déposée à l'Assemblée nationale sous peu. Celle-ci demande au gouvernement de bannir l'utilisation de la bromadiolone.

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