•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un nouvel appareil pour traiter les personnes dépressives à Québec

Nathalie Cordeau regarde le ciel par une fenêtre.

Nathalie Cordeau peut entrevoir la vie d'un nouvel œil depuis ses traitements contre la dépression.

Photo : YouTube/Fondation CERVO (capture d'écran)

Le CIUSSS de la Capitale-Nationale vient d'obtenir les sommes nécessaires afin de faire l’acquisition d’un appareil de neuromodulation. Cette technologie permet notamment de traiter les personnes qui souffrent de dépression importante et pour qui les traitements usuels ne sont pas efficaces.

Les résultats obtenus par la neuromodulation sont impressionnants, selon des psychiatres et des patients qui ont déjà subi de tels traitements.

Nathalie Cordeau, par exemple, a vécu une dépression majeure en 2008. Elle a été hospitalisée pendant un mois et les traitements usuels, comme les antidépresseurs, ne fonctionnaient pas.

Avant, c'était comme un ciel sombre et gris avec de petites parcelles de ciel bleu. Il y avait beaucoup de découragement, de tristesse, d'angoisse, de crises de panique, raconte-t-elle.

Un appareil médical placé à côté d'un siège de patient.

L'appareil de stimulation transcrânienne.

Photo : YouTube/Fondation CERVO (capture d'écran)

Son psychiatre l’a dirigée vers l’Institut universitaire en santé mentale de Québec (IUSMQ). Nathalie Cordeau y a commencé il y a un an ses traitements de neuromodulation. Elle a constaté rapidement les bénéfices.

Maintenant, c'est un ciel bleu, avec des petits nuages. C'est vraiment significatif. Je suis contente de me lever, j'ai des objectifs à faire dans ma journée. Je vais être plus active, avoir plus d'énergie, reprendre des activités que j'avais laissées de côté, illustre-t-elle.

Liste d'attente

L'IUSMQ n’a qu’un seul appareil pour le moment et le délai d'attente pour ce type de soins peut aller jusqu'à huit mois. L’achat d’un deuxième appareil, au coût de 250 000 $, va permettre de traiter deux fois plus de patients.

La façade du pavillon CERVO de l'Institut universitaire en santé mentale de Québec avec des affiches l'identifiant comme centre de vaccination.

Le pavillon CERVO de l'Institut universitaire en santé mentale de Québec (IUSMQ)

Photo : Radio-Canada / Guylaine Bussiere

Les besoins sont grands. Depuis le début de la pandémie, les problèmes de santé mentale sont en forte hausse partout au pays.

Sept travailleurs de la santé sur dix au Québec et ailleurs au pays disent avoir connu, au cours des derniers mois, une dégradation de leur santé mentale. La moitié des Canadiens disent la même chose. Ça touche particulièrement les plus jeunes et les plus marginalisés, mentionne le ministre fédéral de la Santé, Jean-Yves Duclos.

Les traitements

Les traitements sont non invasifs. L’appareil de neuromodulation émet de faibles courants électriques afin de traiter une partie spécifique du cerveau.

Un petit courant électrique vient stimuler ou inhiber la partie cérébrale qu'on estime impliquée dans la dépression. Le traitement dure en moyenne une vingtaine de minutes. Il ne provoque pas de douleurs ni d'effets secondaires significatifs, explique le psychiatre Sébastien Proulx. 

Le protocole de traitement est d’une vingtaine de séances de suite du lundi au vendredi. Ensuite, les patients suivent des traitements de maintien, de façon décroissante.

Traiter les soldats

Le psychiatre de Québec Mathieu Bilodeau est spécialisé dans le suivi en santé mentale des anciens combattants. Son équipe et lui traitent environ la moitié des ex-militaires de la province qui ont besoin de traitements, que ce soit pour des dépressions ou des chocs post-traumatiques.

Le docteur, en veston, parle à la caméra.

Le psychiatre de Québec Mathieu Bilodeau utilise aussi l'appareil pour traiter les troubles de stress post-traumatique.

Photo : YouTube/Fondation CERVO (capture d'écran)

Il utilise lui aussi la neuromodulation.

À l'intérieur d'une à deux semaines, on peut voir des bénéfices significatifs, affirme le Dr Bilodeau.

D'autres utilisations potentielles

Des chercheurs du CIUSSS de la Capitale-Nationale mènent des études afin de déterminer si l’appareil peut s’avérer efficace pour traiter d’autres maladies. 

Notre centre de recherche CERVO s'intéresse à cette nouvelle technologie et évalue la possibilité d'en faire bénéficier d'autres clientèles comme les personnes souffrant de schizophrénie, de stress post-traumatique ou de troubles obsessifs compulsifs, illustre le président-directeur général du CIUSSS de la Capitale-Nationale, Michel Delamarre.

Le neuromodulateur pourra être acheté grâce à un don de 250 000 $ versé par Bell à la Fondation CERVO.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !