•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Refonte des services publics de soins à domicile en Nouvelle-Écosse

Une infirmière aide un homme couché dans un lit.

La Nouvelle-Écosse continue de repenser ses soins à domicile pour placer les clients au cœur d'un système plus flexible, un exercice qui fait suite à une enquête de 2017 du vérificateur général de la province.

Photo : getty images/istockphoto / LPETTET

Radio-Canada

Des Néo-Écossais qui ont besoin du système provincial de soins à domicile veulent des solutions pour résoudre les problèmes du système qui existaient bien avant la pandémie.

Donalda MacIssac, de Lower Sackville, navigue dans ce système depuis 25 ans pour aider un membre de sa famille qui est handicapé, et elle a hâte de voir des améliorations.

Pour moi, les soins à domicile, c'est comme le Far West, lance Donalda MacIssac. Il se passe tellement de choses dans les maisons.

État du système

En Nouvelle-Écosse, les soins à domicile financés par le gouvernement sont offerts en deux volets. Il y a les soins infirmiers et le soutien à domicile offert par l'intermédiaire de différents fournisseurs de services comme VON et Northwood.

Ces services sont coordonnés par le ministère de la Santé de la Nouvelle-Écosse, qui reçoit aussi du financement du ministère des Aînés et des Soins de longue durée.

Les travailleurs de soutien à domicile effectuent toutes sortes de tâches comme des travaux ménagers légers, de la cuisine et de l’aide aux soins hygiéniques.

Les infirmières offrent des soins plus complexes comme les changements de cathéters et les thérapies intraveineuses.

Donalda MacIsaac dit que les problèmes de longues listes d'attente et de rendez-vous manqués ont été exacerbés par la pandémie, mais ne sont pas nouveaux.

En 1992, les infirmières ne se présentaient pas pour les quarts de travail, donc, tout ce que la COVID a fait, c'est d'exposer les problèmes tout comme dans les services de soins de longue durée.

Donalda MacIsaac debout dans un bureau.

Donalda MacIsaac a recours au système de soins à domicile en Nouvelle-Écosse au nom d'un membre de sa famille depuis 25 ans.

Photo : Fondation QEII

Longue attente

À la mi-janvier, il y avait 1278 personnes sur la liste d'attente pour 6928 heures de soutien à domicile, ce qui comprend les soins personnels, le répit et l'entretien ménager essentiel.

La province dit qu'environ la moitié des personnes inscrites sur la liste reçoivent certains services et d’autres reçoivent un financement pour acheter des services privés pendant qu'elles attendent.

Les entreprises privées qui offrent des soins à domicile offrent souvent des salaires plus élevés que les organismes financés par la province.

Hendrik Botha est propriétaire d'une franchise Nurse Next Door qui offre des services dans toute la Nouvelle-Écosse.

Il dit qu'avec environ 100 clients et 120 infirmières et auxiliaires, l'entreprise a un bon ratio de clients et n'a pas eu de problème de pénuries de personnel autant que dans le système public.

En fait, Hendrik Botha dit que son entreprise a reçu de nombreuses candidatures dans les dernières années de la part de travailleurs intéressés par les salaires compétitifs et les horaires flexibles.

Il explique que le personnel peut choisir quand et où il travaille et qu’il peut travailler moins si nécessaire. Les offres d'emploi en ligne pour Nurse Next Door répertorient des salaires allant jusqu'à 45 $ de l'heure pour les infirmières et 20 $ pour les auxiliaires en soins continus (ASC).

Salaires à améliorer

La province a besoin de plus d’ASC pour les soins à domicile et les soins de longue durée.

Au début de l’année, le gouvernement a annoncé 22 millions $ pour couvrir les frais de scolarité d'environ 2200 étudiants qui suivront le programme d’ASC au cours des 2 prochaines années.

Le salaire moyen se situe entre 17 $ et 19 $ de l'heure, mais les travailleurs et leurs syndicats ont demandé qu'il passe à 25 $ de l'heure.

D'autres entreprises privées offrent encore plus. Plan A Nova Scotia offre jusqu'à 29 $ de l'heure tandis que Greenstaff Medical Canada propose des postes d’auxiliaires en soins continus à 30 $ de l'heure.

Donalda MacIsaac croit que les ASC devraient gagner plus d'argent et comprend pourquoi certains préfèrent les services privés. Mais, elle ne pense pas que les soins soient meilleurs du côté privé et souligne qu’il y a souvent moins de transparence.

Au moins dans le système public, vous pouvez signaler des choses et il y a un niveau de responsabilité, explique-t-elle.

Janice Keefe assise à sa table de cuisine.

Janice Keefe dirige une étude qui compare l'expérience des clients vieillissants qui reçoivent des soins à domicile en Nouvelle-Écosse et à Winnipeg.

Photo :  (CBC/Radio-Canada)

Différentes manières de faire

Comparer les systèmes privé et public est tout un défi, selon Janice Keefe, professeure et directrice du Département d'études familiales et de gérontologie à l'Université Mount Saint Vincent.

Elle dit que le système privé est très peu réglementé et que ses entreprises n'ont pas nécessairement les mêmes niveaux de formation, de performance et de surveillance que les agences publiques de soins à domicile.

Elle dirige une étude comparative entre les systèmes de soins à domiciles de la Nouvelle-Écosse et ceux du Manitoba.

Là-bas, les services de soins à domicile sont fournis et évalués par chaque autorité sanitaire et la province ne fait pas appel à des entreprises externes.

C'est également entièrement gratuit, ce qui est différent de la Nouvelle-Écosse, où les gens paient un montant en fonction de leur revenu.

La province continue de repenser ses soins à domicile pour placer les clients au cœur d'un système plus flexible, un exercice qui fait suite à une enquête de 2017 du vérificateur général de la province.

Donalda MacIsaac garde espoir parce qu’elle voit bien des gens au sein du système qui font beaucoup pour améliorer les choses.

Le changement arrive, assure-t-elle. J’y crois plus maintenant qu'il y a deux ans parce que je vois les efforts. Nous allons résoudre ce problème.

Avec les informations de Haley Ryan, de CBC

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !