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Tramway : pas moins d’arbres coupés sous Marchand

Esquisse du projet de tramway.

Selon un scénario présenté par la Ville de Québec en octobre, entre 235 et 282 arbres devront être abattus pour faire circuler le tramway sur le boulevard René-Lévesque, entre l’avenue Turnbull et l’avenue Myrand, sur un total de 1319 arbres. (Archives)

Photo : Radio-Canada

L’élection de Bruno Marchand à la tête de la Ville de Québec ne changera rien au nombre d'arbres qui devront être coupés pour faire place au tramway.

Au jour 2 de l’état des lieux sur le projet de réseau structurant de transport en commun, le maire a fait le point mercredi sur l’impact qu’aura son implantation sur la foresterie urbaine.

L’exercice a permis d’apprendre que la Ville de Québec prévoit toujours abattre 1584 arbres situés le long du tracé du tramway. Il s’agit du même chiffre qu'avait avancé la précédente administration.

Ce n'est évidemment pas ce que personne souhaite. Cependant, pour arriver à ce projet-là, à sa valeur environnementale, nous avons besoin [de couper des arbres] et c'est nécessaire d'aller là, a indiqué le maire en point de presse.

Plan rapproché de Bruno Marchand en conférence de presse.

Bruno Marchand croit que l'abattage d'arbres le long du tracé du tramway est un mal nécessaire. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Marc-André Turgeon

Bruno Marchand et son parti, Québec forte et fière, s’étaient pourtant engagés en campagne électorale à éviter l’abattage de 60 à 70 % des arbres qui est prévu dans le projet actuel.

À défaut de remplir cet engagement, le maire maintient celui de planter 20 arbres pour chaque arbre abattu. Cela signifie que la Municipalité va planter environ 30 000 arbres. C’est 6 fois plus que les 5000 arbres qu’avait promis de planter Régis Labeaume.

Ratio minimal

Bruno Marchand croit ainsi être en mesure de compenser les impacts des coupes sur la canopée le plus rapidement possible.

« Le 20 pour 1, c'est la norme minimale pour avoir scientifiquement un remplacement digne de ce nom. »

— Une citation de  Bruno Marchand, maire de Québec

Selon le maire, le chiffre de 1584 arbres coupés n’est pas un bon indicateur de l’impact réel du tramway sur la canopée. Il a fait remarquer que si l’on soustrait de ce nombre les 417 arbres et arbustes de petit diamètre (1 à 14 cm) qui seront facilement remplaçables et les 324 frênes que la Ville prévoit abattre de toute manière pour prévenir la progression de l’agrile, on arrive à un total de 843 arbres.

Des arbres situés en bordure du boulevard René-Lévesque en hiver.

L'administration Marchand dit vouloir réduire autant que possible le nombre d'arbres matures qui seront abattus, notamment le long du boulevard René-Lévesque. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Eric Careau

Bruno Marchand a précisé qu’il n’avait aucunement l’intention de modifier le tracé du tramway. Les coupes prévues dans les boisés Chaudière, Rochebelle et Lacerte (Université Laval) auront donc bel et bien lieu.

Le plan de compensation de la Ville prévoit le reboisement, la conservation ou la restauration d’une superficie semblable à celle qui sera retirée.

Laisser parler la science

La présentation du maire a été bien accueillie par le chef de l’opposition officielle à l’Hôtel de Ville, Claude Villeneuve, qui s’est réjoui de voir la Municipalité suivre le chemin tracé par la précédente administration. Il a toutefois invité à faire preuve de prudence à l’égard des 30 000 arbres que prévoit planter le maire.

Quand on se met à promettre des chiffres de plantation d'arbres comme ça, il y a la politique qui parle, mais il faut aussi laisser parler la science. On le voit, des fois, on procède à des plantations d'arbres parce qu'il y a des pressions pour aller dans ce sens-là, puis l'année d'après, tous les arbres sont morts parce qu'on n'a pas choisi un bon site, on n'a pas choisi la bonne essence [et] on n'a pas choisi l'endroit où le climat et les vents étaient appropriés, a expliqué le conseiller de Maizerets-Lairet.

« C’est bien beau de promettre des chiffres au sens large, mais ça ne fait pas en sorte qu'on va se ramasser avec des arbres matures et en santé 5, 10 ans plus tard. »

— Une citation de  Claude Villeneuve, chef de l’opposition officielle
Claude Villeneuve lors d'un point de presse à l'hôtel de ville de Québec.

Claude Villeneuve invite l'administration Marchand à procéder à la plantation des 30 000 arbres en se basant sur la science.

Photo : Radio-Canada

De son côté, le chef de Québec 21, Éric Ralph Mercier, a reproché à Bruno Marchand de ne pas avoir réussi à diminuer le nombre d'arbres qui devront être abattus le long du tracé du tramway, malgré ses engagements pris en campagne électorale.

C'est les mêmes chiffres que l'on a. Donc, dans le fond, l'administration actuelle n'a sauvé aucun arbre, a déploré M. Mercier.

Capitaine Titanic

Il estime par ailleurs que la nouvelle administration minimise les dépassements de coûts et les désagréments à venir. Après avoir entendu Bruno Marchand s'autoproclamer capitaine du tramway la veille, le chef de Québec 21 espère que le maire saura éviter le naufrage.

Ça va être une longue traversée, avec tous les inconvénients. Je ne veux pas revenir sur le fait qu'on va éventrer la ville de Québec [mais] on va avoir beaucoup de problèmes. Je ne voudrais pas être capitaine Titanic [...] parce qu'au bout de la ligne, il y a un iceberg et je ne voudrais pas qu'on en arrive là, a confié Éric Ralph Mercier.

La cheffe de Transition Québec, Jackie Smith.

La cheffe de Transition Québec, Jackie Smith.

Photo : Radio-Canada / Marc Andre Turgeon

La cheffe de Transition Québec, Jackie Smith, était pour sa part déçue de voir que le nombre d’arbres à abattre était demeuré le même. Cela pourrait selon elle nuire à l’adhésion de la population au projet de tramway. La conseillère de Limoilou y voit un enjeu d’acceptabilité sociale.

On l'a vu pendant la campagne électorale. C'est une grande préoccupation auprès des citoyens, avec raison, et ça peut vraiment changer l'adhésion du projet dans son ensemble, a insisté Mme Smith.

Avec la collaboration de Louise Boisvert

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