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La Banque du Canada maintient son taux directeur à 0,25 %

L'édifice de la Banque du Canada à Ottawa.

L'édifice de la Banque du Canada à Ottawa

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Contrairement à ce que prévoyaient de nombreux analystes, la Banque du Canada maintient son taux directeur à 0,25 % en dépit des poussées inflationnistes qui sévissent au pays.

Depuis plusieurs semaines, les banques et analystes financiers prévoyaient une intervention de la Banque centrale en janvier pour tenter de contenir l’inflation qui a atteint 4,8 % au pays sur une base annuelle en décembre.

Or, l’une des missions de la Banque du Canada est d’intervenir ponctuellement sur ses taux pour maintenir l’inflation dans une fourchette de 1 % à 3 % par an, idéalement à 2 %.

Il semble que le gouverneur de la Banque du Canada Tiff Macklem ait décidé d'attendre encore avant de commencer à augmenter le taux directeur, qui demeure inchangé pour un 22e mois de suite. L'institution croit toujours, dans une certaine mesure, que la croissance économique mondiale se régulera d'elle-même d'ici 2023.

« Dans l’ensemble, la Banque prévoit que la croissance du PIB mondial se modérera, passant de 6,75 % en 2021 à environ 3,5 % en 2022 et 2023. »

— Une citation de  Extrait d'un communiqué de la Banque du Canada

Les contraintes d’offre persistantes se répercutent sur les prix d’une plus grande variété de biens. De pair avec les prix plus élevés des aliments et de l’énergie, ces contraintes devraient garder l’inflation mesurée par l’IPC près de 5 % dans la première moitié de 2022, prévoit conseil de direction de la Banque du Canada.

Ces pressions devraient se relâcher dans la seconde moitié de 2022 et l’inflation devrait baisser relativement vite pour avoisiner 3 % d’ici la fin de l’année, a ajouté le gouverneur, Tiff Macklem.

« Nous prévoyons une croissance annuelle de l’activité économique de 4 % cette année et d’environ 3,5 % en 2023 sous l’effet du rebond des dépenses de consommation en services et de la forte progression des exportations. »

— Une citation de  Tiff Macklem, gouverneur de la Banque du Canada

La prochaine révision du taux directeur de la Banque du Canada doit avoir lieu le 2 mars prochain.

Marie-Claude Morin et Andrée-Anne St-Arnaud expliquent l'effet des taux d'intérêt sur les actions, les obligations et l'épargne.

Fin des taux planchers et des mesures d'urgence

Devant la perspective d'une économie en surchauffe, le gouverneur de la banque centrale a déclaré mercredi que les mesures monétaires d’urgence visant à soutenir l’économie durant la pandémie ne sont plus nécessaires, et ont donc été retirées. Il a aussi prévenu les Canadiens de s'attendre à des hausses du taux directeur très bientôt. Ce qui laisse présager une séquence de hausses à partir du mois de mars prochain.

« Les taux d’intérêt vont devoir augmenter pour maîtriser l’inflation. Par conséquent, les Canadiens doivent s’attendre à ce qu’ils suivent une trajectoire à la hausse. »

— Une citation de  Tiff Macklem, gouverneur de la Banque du Canada

Affirmant que la Banque est résolue à ramener l'inflation dans des cibles acceptables, Tiff Macklem a ajouté : même s’il est compliqué de rouvrir l’économie après les vagues consécutives de COVID-19, les Canadiens peuvent être sûrs que la Banque du Canada va maîtriser l’inflation.

Les analystes prévoient actuellement un taux directeur qui oscillerait entre 1,5 % et 2 % d'ici décembre 2022. L'ancien gouverneur de la Banque du Canada, David Dodge, mise pour sa part sur un taux directeur qui culminera autour de 2,5 % en 2023.

Avant l’arrivée de la pandémie, en février 2020, le taux directeur se situait à 1,75 % depuis octobre 2018. Il avait ensuite été abaissé en cascade par la Banque du Canada jusqu’à 0,25 % en mars 2020 pour soutenir l’économie nationale mise à mal par la perte de plus de 3 millions d'emplois et plus tard pour stimuler la relance.

Sous l’effet d’une forte demande de biens matériels et d’énergie doublée d’une rareté de la main-d’œuvre, les prix n’ont fait qu’augmenter ces derniers mois au Canada.

Aux États-Unis où l'inflation a atteint des sommets ces derniers mois, la Réserve fédérale a aussi maintenu son taux directeur entre 0 et 0,25 % tout en prévenant que des augmentations sont à prévoir à compter du mois de mars.

Trop peu trop tard?

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Photo : afp via getty images / Bryan R. Smith

Cette décision de maintenir son taux directeur aussi bas en pleine flambée inflationniste soulève plusieurs questions sur la stratégie de la Banque du Canada.

Pour certains économistes, cette décision est étonnante dans la mesure où une variation du taux directeur peut prendre de 12 à 18 mois avant d’agir concrètement sur l’économie.

Je pense que les gens s’attendaient à plus tôt surtout compte tenu [..] des chiffres de décembre. On s’attendait à ce que la Banque réagisse plus fortement, plus rapidement, estime l'économiste Daniel Denis, interrogé sur les ondes d'ICI RDI.

La Banque du Canada maintient son taux directeur à 0,25 % en dépit des poussées inflationnistes qui sévissent au pays. Les explications de l'économiste Daniel Denis.

Selon lui, même si la Banque a comme rôle de contrôler l’inflation, les sources d’inflation qu'on observe sont d’un type sur lequel la Banque a peu de contrôle.

Actuellement, il y a beaucoup de problèmes d’offre, on le sait il y a des pénuries de main-d’œuvre et d’approvisionnement, et là, la Banque n’a pas beaucoup de contrôle sur l’offre, rappelle M. Denis.

Selon lui, la Banque du Canada garde le cap dans la mesure où depuis six mois elle annonce des hausses qui se situeraient davantage au printemps.

« Ce n’est que partie remise. Probablement que dès le mois de mars on aura une première hausse. »

— Une citation de  Daniel Denis, économiste

Les facteurs actuellement qui ont temporisé son ardeur à augmenter les taux c’est peut-être l’incertitude qu’il y a actuellement sur les marchés financiers. On sait que les marchés boursiers ont été très bouleversés depuis quelques semaines. La situation géopolitique, notamment avec ce qui se passe en Ukraine... Mais très certainement aussi le fait que la Banque a peut-être encore des préoccupations face à Omicron, croit l'économiste.

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