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Faute de place, des foyers sont obligés de refuser des femmes dans le besoin

Une femme est assise sur un lit et regarde la fenêtre.

Selon un rapport du Conseil des centres d'hébergement pour femmes de l'Alberta, en 2020-2021, plus de 13 600 femmes ou personnes âgées n’ont pu être accueillies.

Photo : Shutterstock

Radio-Canada

Dans le sud de l’Alberta, des centres d’hébergement pour les victimes de violence familiale affichent complet. Le marché immobilier très concurrentiel empêche les femmes accueillies de trouver un logement et, donc, de libérer des places.

Harbour House est le seul foyer pour les victimes de violence domestique à Lethbridge. Il offre 24 lits pour les femmes et les enfants qui ont besoin d’un lieu d'accueil.

Ces derniers temps, l’endroit a été tellement occupé que, chaque jour, des demandes d’hébergement ont été rejetées et que des personnes ont été transférées dans d’autres foyers ou même logées dans des hôtels, explique Denille Tizzard, la gestionnaire.

C’est difficile. C’est difficile pour le personnel de prendre des appels de détresse, de parler à une femme [...] d’entendre la situation violente dans laquelle elle est [et de devoir lui dire] : "Je suis vraiment désolée, mais nous n’avons pas de place pour vous", explique-t-elle.

Plus de personnes qui restent plus longtemps

Lorsque des femmes arrivent à Harbour House, le foyer a 21 jours pour les mettre en contact avec les programmes de soutien appropriés et leur trouver un logement de transition adéquat. Mais, selon Mme Tizzard, se loger dans la région est tout un défi, et les femmes restent donc plus longtemps dans le foyer.

Le marché immobilier concurrentiel et le manque de logements de transition contribuent au problème, dit-elle.

Cela limite donc le nombre de personnes que le centre peut aider. Or, avec la pandémie, la violence familiale a augmenté, déplore Mme Tizzard.

Entre avril 2019 et mars 2020, le foyer a aidé 317 femmes et 130 enfants. En 2020, durant la même période, alors qu’il fonctionnait à la moitié de sa capacité en raison de la COVID-19, il est venu en aide à 238 femmes et à 90 enfants.

Anne, qui est dans la trentaine et mère de deux enfants de moins de 5 ans, est arrivée au centre d’hébergement le 24 décembre. CBC/Radio-Canada a accepté de ne pas utiliser son véritable prénom.

Ce n’est pas la première fois qu’elle se retrouve au foyer pour fuir une situation de violence domestique.

Elle raconte que, depuis 2014, elle essaye de trouver un endroit pour vivre, mais n’y est pas parvenue à Lethbridge. Elle a récemment fait un dépôt pour un logement à Cardston, qu’elle espère avoir.

Toutefois, dit-elle, étant une femme autochtone, victime de violence conjugale et ancienne consommatrice de drogue, elle a du mal à trouver un logement. De plus, de nombreux endroits sont trop chers pour elle.

« Comment une personne est-elle censée s’en sortir si personne ne lui donne une chance? »

— Une citation de  Anne, victime de violence conjugale

Quand Harbour House n’a plus de place, il collabore souvent avec le refuge Safe Haven Women's Shelter Society, situé à Taber, à environ 50 kilomètres au nord-est de Lethbridge.

Le foyer, qui offre habituellement 21 lits, fonctionne à la moitié de sa capacité en raison de protocoles sanitaires.

On est souvent plein ici, dit la directrice, Phyllis Monk. Et c'est la même chose pour de nombreux foyers de la province.

Elle reconnaît que l’organisme doit refuser des gens.

Selon un rapport du Conseil des centres d'hébergement pour femmes de l'Alberta pour 2020-2021, plus de 13 600 femmes ou personnes âgées n’ont pu y être accueillies, et ce chiffre ne prend pas en compte les 5300 enfants également concernés.

Cela arrive lorsqu’un centre n’a plus de place ou n’offre pas le service dont la personne a besoin.

Un manque de logements criant

Dans le sud de l’Alberta, le marché immobilier est particulièrement compétitif pour tout le monde, reconnaît Amy Breznik, directrice générale de Renter's Choice & Management Ltd. 

Le marché compte vraiment très peu de biens, tout particulièrement de maisons unifamiliales [...] C’est un marché très très difficile pour trouver quelque chose de disponible.

Elle explique que, en raison de la concurrence, si une personne veut un logement, mais ne peut pas fournir d’historique de crédit ou de références, elle ne sera sûrement pas retenue.

La Lethbridge Housing Authority est un des organismes locaux qui gèrent des programmes de logements abordables et communautaires. Son directeur général, Robin James explique qu’il y a en général environ 300 dossiers sur sa liste d’attente.

D'après Marty Thomson, directeur du développement social et communautaire de la Ville de Lethbridge, il manque actuellement 4800 logements abordables au sein de la municipalité.

Il ajoute que la Ville a récemment mis sur pied une stratégie concernant le logement et cherche à recruter quelqu’un pour la mettre en place.

La Municipalité travaille d’ailleurs avec des organismes locaux afin de s’assurer qu’il y a des logements abordables, des logements de transition et plus de places dans les centres d’hébergement, assure-t-il.

D’après les informations de Jennifer Dorozio

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