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La province demande une enquête sur les dirigeants de la police de Thunder Bay

Holly Walbourne assise à une table en compagnie de trois représentants de la police de Thunder Bay, dont la cheffe Sylvie Hauth.

La cheffe de la police de Thunder Bay, Sylvie Hauth, et le chef adjoint, Ryan Hughes, au centre sur cette photo, comptent parmi ceux qui sont visés par une enquête. (Archives)

Photo : CBC/Cathy Alex

Radio-Canada

La solliciteure générale de l’Ontario, Sylvia Jones, demande la tenue d’une enquête externe sur la direction du Service de police de Thunder Bay (SPTB) après le dépôt de plusieurs plaintes par des policiers au Tribunal des droits de la personne de l’Ontario (TDPO).

Une porte-parole du ministère du Solliciteur général a confirmé que Mme Jones a demandé à la Commission civile de l'Ontario sur la police (CCOP) d’ouvrir une enquête sur la cheffe du SPTB, Sylvie Hauth, le chef adjoint, Ryan Hughes, et le reste de l’administration du corps policier.

La semaine dernière, Georjann Morriseau, membre de la Commission des services policiers de Thunder Bay (CSPTB), qui a elle aussi porté plainte au TDPO, a appelé à un changement de leadership.

Elle avait déclaré dans une lettre ouverte quelques jours plus tôt que le SPTB était sur le bord de s'effondrer.

Portrait de Georjann Morrisseau.

Georjann Morriseau siège à la Commission des services policiers de Thunder Bay depuis janvier 2019. (Archives)

Photo : CBC / Nicole Ireland

Mme Morrisseau, ancienne cheffe de la Première Nation de Fort William, a indiqué dans sa plainte déposée en octobre qu’elle a été victime de discrimination et de harcèlement parce qu’elle est autochtone.

L’avocate Chantelle Bryson, qui représente Mme Morriseau et une dizaine d’autres personnes qui ont déposé une plainte contre la police ou qui sont en voie de le faire, avait contacté la ministre Jones en décembre.

« Nous sommes très heureux que la solliciteure générale reconnaisse les graves questions d'intérêt public qui se posent ici sur le lieu de travail, la sécurité des agents et des civils et, bien sûr, la sécurité du public. »

— Une citation de  Chantelle Bryson, avocate

Elle espère que l’enquête de la CCOP mènera à des changements au sein du service de police.

La cheffe de la police a déclaré qu'elle saluait la demande d’une enquête approfondie par la CCOP.

Sylvie Hauth est devenue la cheffe du SPTB de façon officielle en novembre 2018, après avoir occupé le poste de façon intérimaire.

L’annonce de sa nomination était survenue un mois avant qu’un rapport de la CCOP, préparé par le sénateur Murray Sinclair, entraîne la mise en tutelle de la CSPTB.

La police de Thunder Bay avait aussi fait l'objet il y a quelques années d'une enquête du Bureau du directeur indépendant de l'examen de la police.

Un homme s'adresse à des journalistes dans le cadre d'un point de presse.

Gerry McNeilly, ancien directeur indépendant de l'examen de la police, a formulé 44 recommandations dans son rapport Une confiance trahie, rendu public en décembre 2018. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Mathieu Grégoire

Gerry McNeilly, qui a mené l'enquête, avait alors dénoncé dans son rapport le racisme systémique au sein du corps policier.

De son côté, la CSPTB a aussi déclaré mardi qu’elle accueillait favorablement l’intervention de la CCOP et qu’elle avait elle-même envoyé à l’organisme provincial plusieurs dossiers qui pourraient faire l’objet d’une enquête.

Le maire de Thunder Bay, qui siège à la CSPTB, a d’ailleurs parlé à la solliciteure générale plus tôt cette semaine.

Les agents sont insatisfaits, selon l’association des policiers

Colin Woods, le président de l’Association des policiers de Thunder Bay, affirme que les membres qu’il représente n’ont pas l’impression d’être bien dirigés. Mes membres ne se sentent pas appréciés.

L'automne dernier, l'association a publié les résultats d'un sondage interne montrant que le moral des agents était bas et que la direction n'encourageait ni l'ouverture ni la transparence.

« Il y a cette impression au poste que nous devons suivre la ligne, nous faire discrets, ne pas exprimer nos opinions, ne pas poser de questions parce que, sinon, nous sommes montrés du doigt et nous avons peur des représailles. »

— Une citation de  Colin Woods, président de l’Association des policiers de Thunder Bay

M. Woods affirme avoir fait part de cette situation à plusieurs reprises aux hauts gradés de la police et à la CSPTB, mais ne pas avoir vu de changements.

Il compte déposer cette semaine une plainte officielle auprès de la Commission civile de l’Ontario sur la police.

Avec les informations de CBC

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