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Avis de faire bouillir l’eau : des aînés de Shawinigan songent à boire l’eau du robinet

Une affiche sur laquelle on peut lire : attention eau non potable.

Des milliers de Shawiniganais doivent faire bouillir leur eau avant de la consommer depuis le 2 décembre dernier.

Photo : Radio-Canada

L’obligation de faire bouillir l’eau à Shawinigan commence à peser lourd sur les 30 000 citoyens concernés par l’avis d’ébullition, mais plus particulièrement pour les personnes âgées.

Même si la Ville a mis à la disposition des citoyens un point d’eau à son garage municipal du secteur Grand-Mère, pour les gens plus âgés, transporter des bouteilles d’eau est un exercice exigeant physiquement.

Line Reigner vit seule dans le secteur Shawinigan-Sud. Une quinzaine de kilomètres la sépare du point d’eau offert par la Ville. Apporter des 18 litres d’eau, c’est pesant. Il n’y a pas personne qui va me le rentrer dans la maison et me le mettre dans l’auto, dit-elle.

Son amie Doris Bilodeau se demande pourquoi la Ville ne distribue pas des bouteilles d’eau à la population.

Moi j’aurais une suggestion pour eux autres : qu’ils livrent de l’eau à toutes les portes. Ce n’est pas de notre faute à nous si [le ministère de] l’Environnement leur a dit : "ton système n’est pas bon". Ils ont payé pour ça. Qu’ils nous livrent l’eau à domicile ! Qu’ils appellent Radnor […] et leur dire : va livrer de l’eau.

Elles avouent toutes les deux qu’elles songent à boire l’eau du robinet. Elles connaissent toutes les deux des gens qui le font.

Le directeur de l’organisme communautaire le Trait d’Union, Mathieu Gélinas, croit que des personnes âgées ont choisi de ne plus faire bouillir leur eau, même que pour certains, c’est par manque de compréhension des consignes. Il croit que la Ville n’a pas bien cerné les besoins des aînés.

« Est-ce que la Ville a été très sensibilisée par rapport aux enjeux des aînés sur notre territoire? Je ne pense pas. »

— Une citation de  Mathieu Gélinas, directeur de l’organisme le Trait d’Union

La Ville a les mains liées, dit le maire

Contrairement à ce que dit la Santé publique, la Ville prétend que l’eau provenant de l’ancienne usine de filtration serait quand même bonne à boire. Les Shawiniganais la buvaient avant la mise en service de la nouvelle usine de filtration.

Le maire Michel Angers reconnaît qu’il y a des impacts pour les clientèles plus vulnérables. Il se prépare à offrir des solutions aux citoyens, mais il attend d’être prêt avant de l’annoncer.

Le premier magistrat déplore la complexité des règles qui régissent le monde municipal.

Si on veut par exemple acheter de l’eau, il faut faire un appel d’offres avec le plus bas soumissionnaire. Il y a des délais et ça prend des semaines. Malheureusement, on n’est pas comme le gouvernement du Québec qui a déclaré l’état d’urgence et qui peut faire ce qu’il veut. Dans une Ville, on ne peut pas faire ça, on n’est pas en situation d’urgence. Si présentement, il y avait un avis d’ébullition obligatoire de non-consommation d’eau, on pourrait prendre des mesures extraordinaires, explique-t-il.

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