•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Avoir un deuxième mandat après la cinquième vague : le défi de Doug Ford

En 2020, la popularité de Doug Ford atteignait des sommets. Depuis, le premier ministre ontarien a perdu bien des plumes et entame l’année électorale affaibli.

Doug Ford en point de presse.

Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford.

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Les Ontariens seront appelés aux urnes dans un peu plus de quatre mois. Comme dans bien des provinces, ce scrutin constituera un référendum sur la gestion de la pandémie du gouvernement sortant. Ou du moins, c’est ce que veulent en faire les partis d’opposition, qui y voient l’occasion de ravir un second mandat à Doug Ford.

Loin sont les jours où le premier ministre ontarien était parmi les plus populaires au pays. Un récent sondage Angus Reid le plaçait à la fin du peloton, tout juste devant l’Albertain Jason Kenney et la Manitobaine Heather Stefanson.

La dégringolade de Doug Ford s’est accentuée avec la cinquième vague et les nouvelles restrictions imposées par la province face au variant Omicron.

Certaines incohérences dans les décisions du gouvernement ont mis de l’eau sur le nouveau feu que les Ontariens s’étaient découvert vis-à-vis de leur premier ministre, observe la politologue Stéphanie Chouinard, professeure agrégée de sciences politiques au Collège militaire royal.

« Un deuxième mandat demeure possible pour M. Ford, mais un mandat majoritaire ne semble pas être dans les cartes si on regarde les sondages en ce moment. »

— Une citation de  Stéphanie Chouinard, professeure agrégée de sciences politiques

Une occasion pour les partis d’opposition

En 2018, les progressistes-conservateurs ont remporté une majorité écrasante à Queen’s Park. Les libéraux, défaits après 15 ans au pouvoir, sont pour leur part arrivés bons troisièmes, laissant au NPD le rôle d’opposition officielle.

L’ex-stratège néo-démocrate Brad Lavigne croit que les néo-démocrates sont maintenant en bonne posture pour former le prochain gouvernement.

Les conditions sont bonnes pour Andrea Horwath. Le parti a fait beaucoup de travail pour être plus compétitif, que ce soit au niveau du financement ou du recrutement de candidats, affirme-t-il.

Brad Lavigne à l'extérieur l'hiver, devant le lac Ontario

Brad Lavigne a notamment travaillé aux côtés de Jack Layton pendant une décennie.

Photo : Radio-Canada / Yasmine Mehdi

Pour remporter une majorité, les néo-démocrates devront toutefois parvenir à unifier le vote de centre gauche, donc convaincre les électeurs insatisfaits du gouvernement Ford de voter pour eux et non pour les libéraux.

Où vont aller les gens frustrés? demande la libérale Amanda Simard. D’abord élue sous la bannière des progressistes-conservateurs, elle a quitté son parti pour se joindre aux libéraux après des coupes en francophonie.

La députée de Glengarry-Prescott-Russell concède que l’élection à venir sera compétitive, et que son parti devra travailler « doublement » fort pour faire connaître son nouveau chef, Steven Del Luca.

Le reportage télé de Yasmine Mehdi

On peut presque garantir qu’il n’y a pas une personne en Ontario qui ne sait pas qui est Doug Ford, ajoute l’élue, en faisant référence aux nombreux points de presse tenus par le premier ministre ontarien dans les 22 derniers mois.

Mais de l’autre côté, les gens ont aussi eu l’occasion de suivre ses gaffes et ses erreurs, ajoute Mme Simard, qui est convaincue qu’une majorité d’électeurs voudra sanctionner le gouvernement sortant.

« Moi, ce que j’entends chez nous en tout cas c'est que là vraiment c’est assez [...] Nous, on voit la chance de se présenter comme une alternative. »

— Une citation de  Amanda Simard, députée libérale
Steven Del Duca en point de presse

Le chef du Parti libéral de l'Ontario, Steven Del Duca

Photo : CBC/Haydn Watters

Qu’en disent les électeurs?

Le sentiment de ras-le-bol que décrit Amanda Simard est loin d’être partagé par tous les électeurs. Dans Etobicoke–Nord, la circonscription de Doug Ford, le premier ministre peut encore compter sur bien des partisans.

Dans la salle à manger vide du restaurant indien Dosa Twist, qui se trouve juste à côté du bureau de circonscription du premier ministre, on ne blâme pas M. Ford pour les nouvelles restrictions imposées en janvier.

Il fait de son mieux, soutient le propriétaire Deenandaylan Sadanandam. On sait qu’il ne voulait pas d’un autre lockdown.

Deenadaylan Sadanandam et Alagarsamy Ayarpadi à l'Extérieur, devant leur restaurant Dosa Twist

Deenadaylan Sadanandam et son associé Alagarsamy Ayarpadi ont ouvert un restaurant à Etobicoke en pleine pandémie.

Photo : Radio-Canada / Yasmine Mehdi

Faire le pari de l’oubli

Ginny Roth ne s’inquiète pas non plus des derniers sondages qui placent Doug Ford en difficulté. L’ex-stratège conservatrice croit qu’il s’agit d’une réponse directe à la fatigue de la population devant le variant Omicron.

Je ne pense pas que la situation sera la même ce printemps. On en aura probablement fini avec ce variant et les chances d’en avoir un nouveau pendant le printemps sont minces. Ce qui voudra dire qu’on pourrait parler des autres enjeux qui interpellent les électeurs, dit Ginny Roth.

Des passants dans la rue à Toronto portant un masque.

La propagation du variant Omicron sème l'inquiétude en Ontario.

Photo : CBC/Evan Mitsui

Le gouvernement Ford a récemment annoncé un plan de déconfinement, qui devrait assouplir la majorité des restrictions d'ici à la mi-mars.

Si Doug Ford parvient à clore le chapitre de la pandémie et à centrer son message sur l’économie, l’ex-stratège croit en ses chances de remporter un deuxième mandat.

Les gens en ont assez de parler de la pandémie, ils veulent regarder vers l’avant, soutient Ginny Roth.

Et à quatre mois des élections, tout peut encore changer.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !