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Les annonces de déconfinement accueillies avec réserve en Estrie

La salle avec quelques tables et chaises bien distancées.

Les établissements culturels comme le Théâtre Granada pourront rouvrir à capacité réduite dès le 7 février. (archives)

Photo : Radio-Canada / Fanny Lachance-Paquette

Radio-Canada

Dès lundi prochain, les restaurants du Québec pourront rouvrir leurs portes à 50 % de leur capacité en observant plusieurs mesures sanitaires, a annoncé le premier ministre François Legault mardi en conférence de presse. Les salles de spectacle, les cinémas et les lieux de culte pourront quant à eux ouvrir avec une capacité d’accueil limitée dès le 7 février. En Estrie, les différents acteurs de ces milieux naviguent entre soulagement et crainte de devoir éventuellement vivre d’autres fermetures.

La propriétaire du restaurant Auguste et co-présidente de l'Association des gens d'affaires du centre-ville de Sherbrooke, Anik Beaudoin, dit avoir hâte de revoir sa clientèle. Elle dénonce toutefois la gestion du gouvernement, qu'elle juge imprévisible et insensible.

« Il nous reste six jours pour se mettre en place pour rouvrir lundi. C’est un peu comme si on jouait avec nous. On est comme un bouton qu’on pèse dessus pour fermer les restos, on pèse dessus et on rouvre. »

— Une citation de  Anik Beaudoin, propriétaire du restaurant Auguste

Des restaurants comme le mien, c’est énormément de préparation. Ce n’est pas juste de prendre une poitrine de poulet et de la mettre au four. Il faut recevoir la marchandise, la transformer, faire les sauces et tout. Aussi, on parle d’approvisionnement qui depuis deux ans, est une tout autre réalité. [...] Six jours, c’est très très court, ajoute-t-elle.

On se sent comme les grands oubliés, mais aussi comme si nos métiers ne sont pas respectés. C’est comme si la restauration est un métier juste pour le fun . "On a tous hâte de retourner au restaurant", ok, mais si M. Legault a hâte de retourner au restaurant, il va y avoir des gens qui auront travaillé pour mettre de la nourriture dans son assiette, martèle-t-elle.

Selon elle, les Québécois ont beaucoup à perdre quand les salles à manger doivent fermer leurs portes.

« Le milieu de la gastronomie est un milieu identitaire pour des régions, un pays, des villes. C’est essentiel à une culture dans notre population, et c’est comme si ça, c’est complètement mis de côté. »

— Une citation de  Anik Beaudoin, propriétaire du restaurant Auguste

Le milieu culturel veut arrêter de jouer au yo-yo  

Suzanne-Marie Landry, la directrice générale et artistique du Théâtre Granada, se réjouit aussi de revoir sa salle vibrer au son des spectacles. Elle souhaite cependant que le gouvernement arrête de jouer au yo-yo avec les ouvertures et les fermetures.

On est très heureux, car une salle de spectacles, c’est fait pour être vivant. C’est de l’art vivant. Il faut qu’il y ait des artistes, il faut qu’il y ait du public. Maintenant, ça fait plusieurs fois qu’on vit la situation de "ouvre-ferme-ouvre-ferme". C’est ça qui est difficile, à un moment donné, on n’est pas des marionnettes, explique-t-elle. 

« On n’a pas été plus contaminés que les autres lieux. On n’a jamais eu de problème d’éclosion au Théâtre Granada. Il faut prendre une décision. Soit on ouvre, soit on ferme. »

— Une citation de  Anne-Marie Landry, directrice générale et artistique du Théâtre Granada

Elle et son équipe se pencheront maintenant sur la programmation du début du mois de février. On espère ouvrir avec Émile Bilodeau le 11 février. On va rappeler le personnel pour savoir qui est disponible.

Reprise des sports parascolaires 

Le gouvernement permettra aussi la reprise des sports parascolaires et civils pour les jeunes âgés de moins de 18 ans dès lundi. Les jeunes sportifs pourront se rassembler en groupes de 25 personnes ou moins, et toute forme de compétition sera interdite. 

Le directeur général du Collège du Mont-Sainte-Anne Olivier Audet aurait aimé avoir plus de détails dans l’annonce du gouvernement. Il souhaite notamment un échéancier clair de la santé publique, pour être en mesure d’organiser des tournois de fin d’année pour les joueurs.

« Je trouverais important qu’ils aient une finalité [à la saison]. Un jeune du secondaire, sur cinq ans, ça pourrait être la troisième fois qu’il ne parlera pas de son championnat ou de sa finale, car il n’en aura juste pas eu.  »

— Une citation de  Olivier Audet, directeur général du Collège du Mont-Saint-Anne

En ce moment, le pire des scénarios, c’est de se dire qu’on va avoir le "ok" de la santé publique, on pourrait peut-être être capables de leur donner des saisons avec une finalité, mais on ne pourra pas, parce que les plateaux ne seront plus disponibles [...]. C’est ça qu’il faut qu’on planifie, et ce n’est pas un enjeu de santé publique, c’est un enjeu de planification avec le ministère, ajoute-t-il.

Depuis deux ans, on travaille avec ces mesures sanitaires là, on a développé une expertise. On a tout ce qu’il faut pour encadrer nos jeunes et limiter les contacts, croit-il. 

Le gouvernement n’a pas encore annoncé de date de réouverture pour les bars et les salles d’entraînement. 

Avec les informations d’Alexis Tremblay

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