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Deux propositions pour le transport aérien régional

Un agent de piste fait circuler un avion sur la piste de l'aéroport de Gaspé.

Le billet Gaspé-Montréal peut coûter jusqu'à trois fois plus cher qu'un billet Halifax-Montréal (archives).

Photo : Radio-Canada

Désormais consultant, l'ex-député de Gaspé, Gaétan Lelièvre, a réalisé un rapport sur le service aérien interrégional. Selon son analyse, la situation ne cesse de se dégrader, malgré les mesures de soutien mises en place par Québec.

Selon ses calculs, les prix des billets en région demeurent deux à trois fois supérieurs qu’ailleurs au Canada tandis que le nombre de sièges demeure insuffisant.

Pour assurer une desserte régionale comparable à ce qui se fait dans les autres provinces, l’ancien député mise sur deux solutions.

Il estime d’abord que Québec aurait avantage à mieux gérer son important budget d’achats pour les déplacements aériens de la fonction publique. Gaétan Lelièvre fait remarquer que Québec n’a même pas de système de réservation central pour ses achats de billets et paie, lui aussi, des sommes considérables pour les vols interrégionaux.

Centraliser l'achat de billets par l'État

D’après les données que Gaétan Lelièvre avance dans son rapport, 70 % des billets de la desserte aérienne de Gaspé sont attribuables à des voyages de fonctionnaires, de malades qui doivent aller à l'extérieur de la région ou d'employés de sociétés d’État. Ces billets sont tous finalement remboursés par l’Administration publique.

« Il n’y a pas une compagnie privée qui gère ses billets d’avion comme le gouvernement du Québec. C’est incroyable. »

— Une citation de  Gaétan Lelièvre, consultant et ex-député de Gaspé et ancien ministre

L’ex-député croit que le portrait est similaire dans les autres régions et estime que Québec épargnerait des dizaines de millions de dollars avec un système d’appels d’offres.

Un avion de Pascan à l'aéroport de Sept-Îles

Deux entreprises, Pascan et PAL airlines, continuent de desservir les régions comme la Gaspésie ou la Côte-Nord (archives).

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

L’ex-député suggère de plus que les compagnies aériennes, qui soumissionneraient, s’engagent à fixer un prix plafond pour leur clientèle. Tout le monde est gagnant, dit-il. Le gouvernement épargnerait au moins la moitié en coûts de billet, mais en plus, le fort volume d'achats serait un moyen pour les gens des régions de bénéficier de ce fort pouvoir d’achat. Ça ne coûterait rien au gouvernement.

Un appui à TREQ

L’ex-politicien souhaiterait aussi que Québec appuie financièrement la Coopérative de Transport régional du Québec (TREQ), comme l’a fait le gouvernement le fédéral.

Membre fondateur de la coopérative, Gaétan Lelièvre estime que le modèle est à même de maintenir des prix moins élevés, 400 $ pour un trajet Montréal-Gaspé, tout en améliorant le nombre de sièges disponibles dans les liaisons interrégionales.

Il rappelle que plus de 15 000 Québécois et Québécoise ont déjà adhéré à la coopérative, ce qui démontre l’intérêt et le soutien de la population envers l’initiative.

Un problème qui concerne tous les Québécois

Engagé dans le développement régional depuis des années, Gaétan Lelièvre juge que cette carence dans le transport aérien régional pénalise l’ensemble des Québécois.

Un avion s'apprête à sortir d'un hangar.

L'ancien ministre estime qu'une des solutions passe par l'aide que Québec pourrait consentir à la coopérative TREQ.

Photo : Vidéo de promotion de TREQ

Gaétan Lelièvre souhaiterait que le gouvernement Legault, qui a déjà indiqué sa volonté de se positionner avantageusement face à l’Ontario, s’inspire aussi de la province voisine quant au transport aérien régional où on voyage deux fois plus en avion. Un rapport de l’IREC publié en novembre dernier démontre que le fait qu’on prenne deux fois moins l'avion au Québec, c’est 800 millions de moins en revenus de TVQ, rapporte M. Lelièvre.

L'ancien député y voit un frein à l’essor du potentiel touristique international de la Gaspésie comme à l'ensemble de l'économie régionale.

Il fait valoir que l’absence d’une véritable desserte aérienne pénalise aussi les réseaux de la santé et de l’éducation.

Il en veut pour preuve sa propre expérience avec un parent malade qui devait subir des soins de chimiothérapie à 6 heures de route de chez lui. Alors que cela aurait pris 45 minutes en avion, observe l’ancien ministre.

M. Lelièvre ajoute que les cégeps en région attireraient sans doute plus d’étudiants des centres urbains si les billets d’avion étaient moins coûteux et le transport interrégional mieux organisé.

Lorsque Air Canada a cessé en juin 2020 de desservir la majorité des dessertes régionales du Québec, le ministre des Transports, François Bonnardel, avait promis le dépôt d’un plan de relance du transport aérien en 2021. Le plan se fait toujours attendre.

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