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Les rebelles au Yémen chassés d’un secteur clé après une attaque contre les Émirats

Des hommes armés sur un camion transportant des armes.

Un groupe progouvernemental, soutenu par les Émirats arabes unis, transportant des armes à Harib.

Photo : afp via getty images / SALEH AL-OBEIDI

Agence France-Presse

Les rebelles houthis au Yémen ont été chassés mardi d'un secteur clé dans le nord du pays en guerre par des forces progouvernementales soutenues par les Émirats arabes unis, au lendemain d'une nouvelle attaque de ces insurgés contre le territoire émirati.

Les Émirats font partie d'une coalition sous commandement saoudien qui intervient depuis 2015 au Yémen pour appuyer militairement le pouvoir face aux Houthis, soutenus par l'Iran, grand rival régional du royaume saoudien.

Lundi, les Houthis ont à nouveau tiré des missiles contre les Émirats, qui les ont interceptés, et contre l'Arabie saoudite, où deux personnes ont été blessées, dans une escalade de violence dans la péninsule arabique. Les Émirats ont promis une réponse forte aux tirs.

Après deux semaines de combats sanglants, la Brigade des Géants, une force yéménite progouvernementale, a chassé les rebelles de Harib, une localité située au sud de la ville de Marib, dans le nord du pays.

Depuis près d'un an, les Houthis tentent de s'emparer de la province de Marib, riche en pétrole, surtout de la ville éponyme, le dernier fief du pouvoir yéménite dans le nord du pays contrôlé par les rebelles.

Mais les forces progouvernementales ont enregistré des succès ces dernières semaines.

La Brigade des Géants a libéré la localité de Harib avec l'aide des raids aériens de la coalition, a annoncé dans un communiqué cette force. Les combats à Harib ont fait des centaines de morts et de blessés dans les deux camps en deux semaines, selon elle.

Située dans le sud de la province de Marib, Harib fait la jonction avec la province de Chabwa qui a été entièrement reprise le 10 janvier aux rebelles par la Brigade des Géants.

Les Houthis, qui contrôlent également la capitale Sanaa et des régions dans l'ouest du pays, n'ont pas réagi à ce revers dans l'immédiat.

Impuissance de l’ONU

L'ONU tente en vain depuis des années de mettre fin à la guerre au Yémen qui a fait 377 000 morts et poussé une population de 30 millions d'habitants au bord d'une famine à grande échelle, selon l'organisation internationale.

L'ONU s'est dite alarmée par la spirale de la violence au Yémen qui continue d'affecter les civils et déborde au-delà de ses frontières.

Ces dernières semaines, les frappes aériennes et les attaques de missiles ont touché des hôpitaux, des infrastructures de télécommunications, des aéroports, une installation hydraulique et une école, a regretté l'envoyé spécial de l'ONU pour le Yémen, Hans Grundberg, dans un communiqué.

Il a souligné la recrudescence alarmante des attaques contre les Émirats et l'Arabie saoudite revendiquées par les Houthis.

Le 17 janvier, les Houthis ont mené une attaque contre des installations à Abou Dhabi faisant trois morts, la première à faire des morts sur le sol émirati.

L'attaque, condamnée à l'étranger, a été suivie par une série de frappes aériennes de la coalition au Yémen et par des offensives au sol des forces progouvernementales.

Un raid aérien a fait 14 morts à Sanaa. Dans un autre raid, au moins trois enfants ont été tués dans une attaque contre Hodeïda (ouest). Cette dernière frappe a provoqué au niveau national une coupure d'Internet, rétabli mardi.

Frappe aérienne contre une prison

Des cadavres dans des sacs blancs exposés dans une rue.

Les cadavres de victimes du bombardement d'une prison à Saada

Photo : afp via getty images / STR

La coalition a en revanche nié toute responsabilité dans une frappe contre une prison lancée vendredi à Saada, fief des rebelles dans le nord du Yémen. Cette attaque a fait au moins 70 morts et plus de 100 blessés, selon Médecins sans frontières (MSF), les Houthis donnant un bilan de 91 morts.

Des funérailles collectives ont été organisées à Saada pour des dizaines de victimes.

Dans son communiqué, M. Grundberg a réitéré sa condamnation de ces frappes aériennes menées par la coalition et qui auraient tué 91 détenus et blessé 226. Il s'agit du pire incident ayant fait des victimes civiles au Yémen depuis trois ans.

Les Émirats ont retiré la plupart de leurs troupes du Yémen en 2019, mais continuent de soutenir et d'entraîner les forces progouvernementales.

Les attaques des rebelles contre les Émirats sont intervenues après un retour en force de ce pays dans les offensives anti-Houthis au Yémen.

Le Yémen est frontalier de l'Arabie saoudite et Abou Dhabi est située à quelque 1500 kilomètres de Sanaa.

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