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Finances publiques : les risques climatiques sous-estimés

Des secouristes aident une femme à se déplacer sur un pont de bois temporaire.

Des sauveteurs aident les gens à évacuer lors des inondations à Sainte-Marthe-sur-le-Lac, en mai 2019.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le gouvernement du Québec a fait un pas en matière d’environnement avec son Plan pour une économie verte 2030. En revanche, les risques climatiques seraient sous-estimés dans nos finances publiques, selon un nouveau rapport de l’Institut du Québec.

Que sont les risques climatiques?

Il s’agit de la probabilité pour le Québec de subir des événements météorologiques extrêmes et d’évaluer les conséquences potentielles sur les finances publiques. Les inondations de 2017 et de 2019 ont, par exemple, coûté 725 millions de dollars à l’État, avec le ministère de la Sécurité publique au premier rang.

L’Institut canadien pour des choix climatiques (Nouvelle fenêtre) a chiffré en 2021 le coût des dommages climatiques aux infrastructures électriques à 656 millions de dollars par année d’ici 2050 au Québec. Les coûts d’érosion des zones côtières québécoises au cours des trois prochaines décennies étaient estimés à 825 millions de dollars par Ouranos, en 2016.

De nombreuses entreprises intègrent maintenant les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) pour parer aux risques liés au réchauffement de la planète. Récemment, la Banque du Canada s’est montrée préoccupée par l’exposition du secteur financier canadien à d’éventuels chocs causés par la transition climatique et a souligné l’importance d’intégrer cet enjeu dans les processus décisionnels.

Des conséquences pour nos infrastructures

L’économiste principal de l’Institut du Québec, Luc Belzile, soutient que les risques climatiques devraient faire l’objet d’un examen systématique dans le processus budgétaire, plutôt que d’évaluations à la pièce et sans vue d’ensemble.

Le Plan québécois des infrastructures, qui comprend tous les projets d’infrastructures financés sur un horizon de 10 ans, se chiffre maintenant à 130 milliards de dollars.

Dans tout ça, on ne prévoit pas la probabilité d'événements climatiques qui viendraient avoir un impact sur cette somme, explique M. Belzile.

Le Bureau de la responsabilité financière de l’Ontario a fait cette analyse : les répercussions du climat sur les bâtiments publics dans la province engendreront des augmentations de coûts au 21e siècle de 8 à 15 %, ou de 800 millions à 1,5 milliard de dollars par année.

L’État québécois est-il à risque de perdre des revenus?

Le Québec est bien positionné pour tirer profit de la transition écologique en misant entre autres sur l’exportation de son hydroélectricité et la filière de la batterie pour voitures électriques.

D’un autre côté, l’Institut du Québec démontre que les aléas climatiques pourraient entraîner de nouvelles restrictions sur la récolte forestière et réduire les redevances (300 millions de dollars en 2020). Ou encore, le produit intérieur brut sectoriel des activités hivernales pourrait souffrir de la hausse de la température.

Les répercussions des épisodes de chaleur accablante ou de smog sur le réseau de la santé doivent aussi être considérées. On sait que c’est un coût, illustre l’économiste Luc Belzile.

S’endetter coûtera-t-il plus cher?

Les trois grandes agences de notation de crédit – Moody’s, S&P Global Ratings et Fitch – indiquent qu’elles prennent en compte les facteurs climatiques en considération lorsqu’elles évaluent le risque de défaut de paiement des gouvernements. Moins la cote de crédit d’un État est élevée, plus le coût d’emprunt augmente.

À court terme, il n’y a rien qui annonce que la cote du Québec serait diminuée pour cette raison, croit M. Belzile, mais en intégrant les risques climatiques dans le processus budgétaire, le gouvernement lancerait un signal aux agences pour les rassurer.

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