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Le microbiote intestinal lié à des maladies inflammatoires comme l’arthrite

Illustration des intestins montrant le microbiote.

Plusieurs maladies seraient liées à des déséquilibres dans la diversité bactérienne du microbiote.

Photo : iStock

Radio-Canada

L’action d’une protéine présente dans l’intestin agit sur le microbiote et provoque la formation de molécules qui aggravent les symptômes des maladies inflammatoires chroniques comme l’arthrite, montre une étude menée par une association internationale de 22 chercheurs chapeautée par le Pr Éric Boilard de l’Université Laval.

La protéine en question, la phospholipase A2-IIA, a été découverte il y a plusieurs années dans le liquide qui entoure les articulations des personnes souffrant d’arthrite, explique dans un communiqué le Pr Éric Boilard, de la Faculté de médecine de l’Université Laval.

Cette protéine a ensuite été détectée ailleurs dans le corps, notamment dans l’intestin, où elle est produite en abondance. Il a fallu beaucoup de temps avant qu’on réalise qu’elle avait une activité antibactérienne, ajoute le Pr Boilard.

« Cette protéine interagit peu avec la membrane des cellules humaines, mais elle a beaucoup d’affinité pour la membrane des bactéries. Elle se lie à leur membrane et elle la scinde, libérant ainsi de petites molécules telles que des acides gras. »

— Une citation de  Éric Boilard, professeur à la Faculté de médecine de l’Université Laval

Repères

  • Le microbiote intestinal est composé de 100 000 milliards de bactéries tapissant les quelque 400 m2 de sa surface;
  • Il pèse entre un et cinq kilos et se nourrit de ce que nous mangeons;
  • Il est composé en grande partie de bactéries bénéfiques;
  • Il est parfois comparé à un deuxième cerveau du corps humain;
  • Plusieurs maladies seraient liées à des déséquilibres dans la diversité bactérienne;
  • En plus d'aider à la digestion des aliments, il crée des vitamines et contribue à l’entraînement du système immunitaire.

Dans leurs travaux, les chercheurs ont étudié l’effet de la protéine phospholipase A2-IIA sur le microbiote intestinal d’une lignée de souris transgéniques. Ces rongeurs possèdent le gène humain qui code pour la protéine et, en vieillissant, elles développent des manifestations d’inflammation chronique.

Ces expériences ont révélé que la phospholipase modifie le profil des lipides d’origine bactérienne qui se retrouvent dans l’intestin.

« En libérant les acides gras des membranes bactériennes, la protéine produit des lipides pro-inflammatoires qui exacerbent l’inflammation chronique et augmentent la sévérité des symptômes d’arthrite chez ces souris. »

— Une citation de  Éric Boilard

Le premier auteur de ces travaux publiés dans le Journal of Clinical Investigation-Insight (Nouvelle fenêtre) (en anglais) est Étienne Doré, étudiant-chercheur au doctorat à la Faculté de médecine de l’Université Laval.

Le psoriasis et le cancer de la peau

L’action de la phospholipase sur le microbiote intestinal de souris a aussi des répercussions sur le psoriasis, une autre maladie inflammatoire, ainsi que sur le cancer de la peau.

Cette découverte a été réalisée par le Pr Makoto Murakami et ses collègues de l’Université de Tokyo et fait l’objet d’un article qui est publié dans la même revue (Nouvelle fenêtre).

« Il y a trois ans, nous avons réalisé que nos équipes respectives étaient sur la même piste. Nous nous sommes entendus pour collaborer afin de faire la lumière sur cette nouvelle piste. »

— Une citation de  Éric Boilard

Ces deux découvertes pourront, éventuellement, aider à mettre au point de nouveaux traitements thérapeutiques.

L’inhibition locale de la phospholipase pourrait atténuer le processus inflammatoire qui exacerbe certaines maladies. Ils [les travaux] suggèrent aussi qu’en bloquant les lipides pro-inflammatoires d’origine bactérienne produits dans l’intestin par cette protéine, on pourrait réduire les symptômes des personnes souffrant de maladies inflammatoires systémiques. La prochaine étape de nos travaux consiste à tester ces idées chez des patients souffrant d’arthrite, conclut le Pr Boilard.

En juillet dernier, des scientifiques américains ont montré que le rôle joué par la génétique dans la composition bactérienne du microbiote intestinal est plus important qu’on le pensait jusqu’à présent.

Jusqu’à aujourd’hui, la plupart des études montraient que le microbiote intestinal est principalement façonné par le mode de vie d’une personne, notamment par les aliments et les médicaments qu’elle consomme.

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