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La pandémie complique les conditions de détention au pénitencier d’Edmonton

Une tour de garde dans une cour de prison.

Le pénitencier d'Edmonton est une prison fédérale à sécurité maximale (archives).

Photo :  CBC

Radio-Canada

Au sein de la prison à sécurité maximale d'Edmonton, les conditions de détention sont plus difficiles, et l’isolement, excessif, dénonce un détenu. Le Syndicat des agents correctionnels reconnaît que le manque de personnel a des répercussions sur la situation.

J’ai peur pour ma vie ici, a déclaré Aaron Moore devant un juge provincial la semaine dernière, parlant de sanctions cruelles et inhabituelles dans l'établissement d'Edmonton.

Aaron Moore a été transféré dans ce pénitencier après avoir poignardé un codétenu au sein de la prison à sécurité moyenne de Drumheller en août. Il a expliqué au juge que, depuis son arrivée à Edmonton, il n’avait eu accès ni aux Alcooliques anonymes ni aux Narcotiques anonymes, encore moins à l'école.

Je prie pour pouvoir obtenir l’aide dont j’ai besoin. Il espère être à nouveau transféré à Drumheller, où il pouvait bénéficier de ces programmes.

Selon le Syndicat des agents correctionnels, les cas de COVID-19 et l’épuisement du personnel se répercutent sur les conditions de détention, notamment l'allongement des périodes d’isolement.

Depuis 2019 et le projet de loi C-83, des unités d'intervention structurée (UIS) ont été mises en place pour tenter d’abolir l'isolement préventif.

Selon la loi fédérale, dans ces UIS, les détenus doivent pouvoir sortir de leurs cellules au moins quatre heures par jour.

Aaron Moore a expliqué au juge que, depuis le 1er janvier, il était sorti de sa cellule plus de 15 minutes à seulement quatre reprises.

Trois jours d'enquête sur place

L’an dernier, une enquête des services correctionnels a eu lieu au sein du pénitencier d’Edmonton à la suite d'allégations très graves.

Dans une lettre datée du 12 novembre, obtenue grâce à une demande d’accès à l’information, l'enquêteur correctionnel Ivan Zinger informe la commissaire du Service correctionnel du Canada, Anne Kelly, que deux membres de son équipe ont effectué trois jours de visite approfondie à la prison d'Edmonton, à la suite de nombreux appels et plaintes.

Dans cette lettre, il écrit que les enquêteurs ont constaté des conditions d'isolement oppressives et intolérables et que, pour une prison à sécurité maximale, l’établissement était surpeuplé, en manque de services et de personnel.

D’après lui, au vu de ces découvertes préliminaires, la prison d’Edmonton nécessite une intervention à l'échelon fédéral.

Ivan Zinger a déclaré à CBC/Radio-Canada que la réponse de la commissaire à cette lettre était encourageante, mais qu’il y avait encore du travail à faire pour que la prison fonctionne comme elle le devrait.

Des surveillants épuisés

Selon James Bloomfield, président du Syndicat des agents correctionnels du Canada pour la région des Prairies, le manque de personnel s’est amplifié avec la pandémie, notamment à Edmonton.

Il évoque un taux élevé d’épuisement professionnel et de trouble du stress post-traumatique parmi les agents. Et, puisqu’il y a déjà moins de personnel, les détenus passent plus de temps dans leur cellule, reconnaît-il.

Il précise que les programmes en classe ont été supprimés pour éviter la propagation de la COVID-19. Selon lui, l’enseignement à distance depuis les cellules est possible, mais limité.

Jeff Campbell, porte-parole de Service correctionnel Canada, affirme que les programmes correctionnels et les autres activités restent disponibles, mais qu’en raison de la pandémie, ils ont dû être aménagés et sont régulièrement revus.

La santé et la sécurité de nos employés et des nos détenus restent notre priorité pendant que nous traversons une crise de santé publique.

D’après les informations de Madeleine Cummings

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