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« Merci l’armée » : les putschistes du Burkina Faso célébrés à Ouagadougou

De nombreux hommes montrent leur joie dans une rue. Certains soufflent dans des vuvuzelas, d'autres brandissent des drapeaux du pays. Un homme couché au sol tient des affiches du nouvel homme fort du pays.

Ces Burkinabés célébraient ouvertement l'éviction du président Roch Marc Christian Kaboré, mardi, dans les rues de Ouagadougou.

Photo : La Presse canadienne / AP/Sophie Garcia

Agence France-Presse

« Vive l'armée », « Vous êtes des héros » : des centaines de personnes favorables au putsch militaire qui a renversé le président Roch Kaboré au Burkina Faso, ont manifesté mardi à Ouagadougou, certains adressant des messages hostiles à la France.

À grands coups de klaxons, de sifflets et de vuvuzelas, les manifestants se sont massés sur la place de la Nation, au cœur de la capitale burkinabée, pour célébrer les nouveaux hommes forts du pays.

Des affiches du lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, leader des putschistes, étaient même vendues sur place.

Nous avions demandé à plusieurs occasions le départ du président Kaboré, qui n'a pas entendu cet appel. L'armée nous a entendus et compris, se réjouissait Lassane Ouedraogo, un manifestant de 43 ans et militant de la société civile.

« Pour nous, ce n'est pas un coup d'État. C'est une libération de notre pays qui était dirigé par des incompétents. »

— Une citation de  Julienne Traoré, enseignante burkinabée de 30 ans

Ces dernières semaines, des manifestants étaient plusieurs fois descendus dans les rues pour critiquer l'inaction de l'exécutif face aux attaques djihadistes qui endeuillent quasi quotidiennement le pays.

Un homme montre une affiche d'un homme en uniforme sur laquelle on peut lire : « L'homme fort du Burkina ».

Plusieurs manifestants brandissaient des pancartes du nouveau maître du pays, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba.

Photo : La Presse canadienne / AP/Sophie Garcia

Depuis l'arrivée au pouvoir de M. Kaboré en 2015, le pays n'a fait que sombrer et il était temps de mettre fin à cette catastrophe, assure Mamadou Drabo, membre du mouvement de la société civile Sauvons le Burkina Faso.

Aucun dispositif de sécurité n'était visible mardi sur la place de la Nation, ce qui tranche avec les regroupements des semaines passées, où les manifestants étaient dispersés sans ménagement par la police antiémeutes.

Les militaires ne sont pas suffisamment armés pour lutter contre le terrorisme. Maintenant qu'ils ont pris le pouvoir, ils sauront comment outiller les soldats pour récupérer l'ensemble du territoire, espère Mamadou Drabo.

Des manifestants ont brandi des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : À bas la France, à bas la CEDEAO, la Communauté des États ouest-africains.

La CEDEAO est plus particulièrement dans le viseur d'une partie des populations sahéliennes depuis qu'elle a imposé au Mali le 9 janvier des sanctions soutenues par la France.

Mardi, la CEDEAO a fermement condamné le coup d'État militaire au Burkina Faso et la démission du président Kaboré obtenue sous la menace, l'intimidation et la pression des militaires.

Un homme montre le message imprimé au dos de son t-shirt : « Merde à la France, merde à la politique française, merde à l'armée française ».

Certains manifestants n'hésitaient pas à critiquer la France, qui a dénoncé le coup d'État.

Photo : Getty Images / AFP/OLYMPIA DE MAISMONT

Certains manifestants brandissaient également des drapeaux maliens et russes, appelant à une coopération avec Moscou, comme le régime militaire de Bamako le fait depuis plusieurs mois.

« À la communauté internationale, nous demandons de respecter la volonté du peuple qui a été parachevée par l'armée. Sanctionner l'armée, c'est sanctionner le peuple burkinabé. »

— Une citation de  Lassane Ouedraogo, militant de la société civile

Les soldats qui allaient et venaient dans le camp Guillaume Ouedraogo en face de la place de la Nation, étaient acclamés par des cris de joie.

Le camp fait partie des casernes où des soldats se sont mutinés, tirant des coups de feu pendant des heures dimanche, point de départ des événements qui ont abouti au coup d'État.

Merci à l'armée, vous êtes des héros, pouvait-on entendre dans la foule.

Déjà lundi, des habitants de Ouagadougou s'étaient spontanément rassemblés, dans la soirée, après l'annonce du coup d'État pour célébrer les nouveaux leaders du pays.

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