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Coup d’État au Burkina Faso : des Canadiens d’origine burkinabée réagissent

Des soldats et un véhicule militaire devant l'emplacement de la Radiodiffusion télévision du Burkina.

La scène au siège de la Radiodiffusion-Télévision du Burkina, lundi matin.

Photo : La Presse canadienne / AP/Sophie Garcia

Depuis lundi, des militaires se réclamant du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR) ont pris le pouvoir au Burkina Faso, mettant fin au régime du président Roch Marc Christian Kaboré. C’est avec une attention particulière que des Burkinabés de Toronto suivent depuis dimanche la situation dans leur pays d’origine.

Pour Edgard Moné, la destitution du président Roch Kaboré, peu importe les raisons, est un acte qui porte un coup dur à la démocratie burkinabée.

« C’est une profonde tristesse de réaliser que toute l'Afrique de l'Ouest est en train de basculer dans une logique de coup d'État pour mettre fin à des régimes démocratiquement élus. C’est quand même un recul démocratique. »

— Une citation de  Edgard Moné
 Edgard Moné assis devant un étagère regarde la camera.

Edgard Moné est installé à Toronto depuis 2008.

Photo : Radio-Canada

Il pense néanmoins que c’est une situation qui aurait pu être évitée si les autorités déchues avaient pris en compte les revendications de la population burkinabée, à savoir l’amélioration de la situation sociale et la lutte contre l'insécurité dans le pays. On voyait la chose arriver et les tenants du pouvoir n’ont pas fait une bonne lecture de ce qui devait arriver, dit-il.

Marc Arnaud Kambou, président intérimaire des Burkinabés du Grand Toronto n’est pas non plus surpris de la tournure des événements. Des mutineries ont eu lieu dimanche dans plusieurs casernes militaires. Les populations attendaient cela et de vrais changements, déclare-t-il.

Marc Arnaud Kambou, regard fixé vers la caméra.

Marc Arnaud Kambou est président intérimaire des Burkinabé du Grand Toronto.

Photo : Fournie par Marc Arnaud Kambou

Depuis plusieurs mois, des membres de la société civile manifestent dans plusieurs villes du Burkina Faso afin de dénoncer des attaques djihadistes et la détérioration de la situation socio-économique dans le pays.

Pour justifier leur coup d'État, les militaires ont évoqué eux aussi des faiblesses du gouvernement de Roch Marc Christian Kaboré dans la lutte contre le terrorisme.

Le coup d’État au Burkina Faso intervient après de lourdes sanctions prises contre la junte militaire au pouvoir au Mali par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). M. Moné craint que son pays connaisse le même sort. Ça m'inquiète. Si tout se ferme, ce sera difficile pour les populations sur place. Et puis on est dans une situation de pandémie, craint le Torontois.

Marc Arnaud Kambou appelle pour sa part la CEDEAO à ne pas sanctionner son pays, car il pense que l’institution sous-régionale devrait se ranger du côté des peuples et non des gouvernements.

Il invite les membres de sa communauté au calme. Moi je suis confiant pour la suite et je pense que tout ce qu’on espère est que les choses aillent de l’avant et non qu’elles régressent.

Le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, signataire du communiqué des putschistes, pourrait-être le nouveau dirigeant du Burkina Faso.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, qui a condamné fermement l’action des militaires et a appelé à la protection de l'intégrité physique du président Roch Kaboré, au pouvoir depuis 2015.

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