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Le tramway garde le cap malgré l’élection de Marchand

Croquis du projet de tramway à Québec.

Les estimations des coûts du projet tramway de Québec s'élèvent actuellement à 3,965 milliards de dollars. (Archives)

Photo : Gracieuseté : Ville de Québec

Le changement de garde à l’Hôtel de Ville de Québec n’entraînera pas de modifications en profondeur au projet de tramway, et ce, malgré les nombreuses améliorations promises par Bruno Marchand en campagne électorale.

Le maire a reconnu mardi que certains des changements souhaités pourraient ne pas se matérialiser. C’est entre autres le cas de l’enfouissement des câbles servant à alimenter le tramway en électricité.

Bruno Marchand a expliqué que les technologies permettant de réduire ou d’éliminer la visibilité des câbles, comme l’ajout de batteries à l’intérieur des rames, ne convenaient pas nécessairement au climat ni à la topographie de Québec.

S’il devait se révéler impossible de faire disparaître les fils, le maire Marchand s'engage à atténuer autant que possible leur impact sur le paysage urbain.

Poteaux mutualisés

Pour éviter la multiplication des poteaux le long du tracé du tramway, la Ville de Québec va utiliser les lampadaires existants pour l’arrimage de la ligne aérienne de contact. Elle va également poursuivre l'enfouissement des réseaux techniques urbains (Hydro-Québec et compagnies de télécommunications).

Bruno Marchand, le maire de la Ville de Québec.

Bruno Marchand s'est fermement engagé mardi à mener à terme le projet de tramway.

Photo : Radio-Canada / Marc-André Turgeon

Est-ce qu'on va enlever tous les fils? Il est probable que non, dépendamment de ce qui va être présenté [par les consultants maîtres] et des technologies à utiliser, mais il y a une amélioration de la situation actuelle. Donc, ça, c'est déjà un très bon gain, a fait valoir le maire.

« On travaille très fort à réduire [...] l’impact des fils, si fils il y a. La mutualisation des poteaux, l'enfouissement des fils, ça va améliorer ce qu'on a présentement. »

— Une citation de  Bruno Marchand, maire de Québec

Le maire a également mentionné que les résidents de Québec pourront continuer à circuler aisément d'un quartier à l'autre après la mise en service du tramway.

Contrairement à ce que Bruno Marchand anticipait durant la campagne électorale, les automobilistes, les cyclistes et les piétons pourront traverser la plateforme du tramway à certains endroits.

Pas d’effet de muraille

Le Bureau de projet du tramway a déterminé des carrefours où la chaussée sera rehaussée de 15 cm de manière à ce qu’elle soit au même niveau que la plateforme. Le fait que la plateforme sera surélevée sur environ 25 % du tracé du tramway n’aura donc pas l’effet d’enclavement appréhendé.

Je suis content de l'état des lieux où nous en sommes par rapport à la plateforme [...] On évite cette muraille qui empêcherait les gens de traverser d'un secteur à l'autre, notamment [celui du boulevard] René-Lévesque, s’est réjoui Bruno Marchand.

Esquisse d'un carrefour traversant.

Un carrefour traversant sera aménagé à l'intersection de l'avenue Duchesneau et du chemin des Quatre-Bourgeois, dans le secteur de Sainte-Foy.

Photo : Ville de Québec

De son côté, le directeur du Bureau de projet du tramway, Daniel Genest, a indiqué mardi que depuis les changements apportés au réseau structurant de transport en commun qui avaient été annoncés en avril 2021, aucune autre modification majeure n’a été apportée.

La longueur du tracé (19,3 km), la longueur du tunnel (1,8 km), le nombre de stations (29), de rames (36) et de pôles d’échanges (5) sont demeurés les mêmes.

Estimations

Les améliorations au tramway demandées par le maire n'auront donc aucune incidence sur la portée du projet.

M. Genest a par ailleurs confirmé que les estimations de coûts avaient augmenté de 600 millions de dollars au cours de la dernière année, pour un coût total évalué à 3,965 milliards de dollars.

Les efforts de rationalisation demandés par le maire Bruno Marchand pourraient réduire les écarts d’estimations en les faisant passer de 600 à 530 millions de dollars. La facture totale du projet atteindrait ainsi 3,9 milliards de dollars.

Daniel Genest, le directeur du bureau de projet du tramway de la Ville de Québec.

Daniel Genest, le directeur du bureau de projet du tramway de la Ville de Québec

Photo : Radio-Canada / Marc-André Turgeon

L’état des lieux sur le tramway survient au lendemain de la publication des résultats d’un sondage montrant que seulement 41 % des citoyens de Québec appuient le projet. Le maire croit qu’il est possible de rallier la population en étant davantage à l’écoute de ses préoccupations et en travaillant à mieux faire connaître le projet.

Ce n'est pas juste d'avoir un site web [et] de partager de l'information, c'est [d'aller vers] les gens, c'est de se rendre dans leur rue, dans leur communauté [...] C’est [...] aussi d'entendre leurs craintes, d'entendre leurs inquiétudes, qu'ils nous amènent de l'eau au moulin, c'est comme ça qu'on va construire nécessairement le meilleur projet, a soutenu Bruno Marchand.

Se jeter dans la mêlée

Le chef de l’opposition officielle à l’Hôtel de Ville de Québec, Claude Villeneuve, a salué la volonté du maire de mieux communiquer avec la population.

On est ouverts à toutes les idées qui peuvent [...] permettre de parler positivement de ce projet-là, a-t-il réagi.

Claude Villeneuve croit qu’il est important que les personnes et les organismes qui appuient le projet de tramway participent davantage aux débats sur la place publique.

Il faut [qu’ils participent] à la discussion à tous les niveaux. Pas juste dans les médias, sur le web. Il faut qu’ils se jettent dans la mêlée, puis ça, c’est important. Il faut également que les conseillers municipaux des partis en faveur participent à cette discussion. Il faut qu’on se fasse entendre, a insisté le chef de l’opposition.

Le chef de l’opposition officielle à l’Hôtel de Ville de Québec, Claude Villeneuve.

Claude Villeneuve croit que les partisans du tramway doivent se faire entendre davantage.

Photo : Radio-Canada / Marc Andre Turgeon

De son côté, la cheffe de Transition Québec, Jackie Smith, pense que le désir du maire de mieux communiquer les informations relatives au projet de tramway va contribuer à le rendre plus acceptable aux yeux de la population.

La cheffe de Transition Québec, Jackie Smith.

La cheffe de Transition Québec, Jackie Smith

Photo : Radio-Canada / Marc Andre Turgeon

Ça me donne un énorme espoir que l'acceptabilité sociale de ce projet-là va augmenter en flèche avec l'attitude du maire, son ton, son engagement et aussi sa transparence, a déclaré la conseillère du district de Limoilou.

Rien de nouveau, dit Québec 21

Le chef de Québec 21, Éric Ralph Mercier, affirme quant à lui être resté sur sa faim. Il se demande comment Bruno Marchand pourra susciter l’adhésion des citoyens sans annoncer d’améliorations majeures.

La nouvelle administration avait placé la barre haut avec son état des lieux, les nouvelles informations se sont faites rares ce matin, c’est un éléphant qui a accouché d’une souris, a déclaré M. Mercier par voie de communiqué.

La Ville de Québec va poursuivre son état des lieux du projet de tramway mercredi matin à l’occasion d’une deuxième conférence de presse en autant de jours.

Il sera entre autres question de la protection des arbres situés le long du tracé du tramway, des liens mécaniques entre la Haute-Ville et la Basse-Ville ainsi que de l’implantation d’une tarification sociale.

Avec la collaboration de Louise Boisvert et Raphaël Beaumont-Drouin

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