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Le nombre de fusillades a doublé à Halifax en 2021, la cause n’est pas claire

Un fourgon de la police d'Halifax devant l'hôtel.

Au moins 7 personnes sont mortes par balle en 2021 dans la métropole néo-écossaise.

Photo : Radio-Canada / Peter Dawson

Radio-Canada

Le nombre de fusillades dans la région d’Halifax a grimpé en flèche en 2021, mais les raisons de l’augmentation de cette violence restent floues. Certains pensent que les répercussions sont plus complexes qu’il n'y paraît à première vue.

La police régionale d’Halifax a répondu à 62 fusillades en 2021. C'est plus du double des appels reçus lors des autres années, depuis 2015.

Au moins sept personnes ont été tuées dans des fusillades l’année dernière, dont un enfant de 8 ans.

La députée provinciale libérale Angela Simmonds veut que la province lance une enquête sur l’augmentation de la violence armée dans la province et mène un examen qui porterait sur les problèmes systémiques et les facteurs qui ont contribué à la récente flambée.

« Nous pouvons tous spéculer sur les raisons, mais il n’y a aucune analyse. Nous avons juste des chiffres. »

— Une citation de  Angela Simmonds, députée provinciale pour la circonscription de Preston

Selon la députée, les traumatismes intergénérationnels, la santé mentale, les communautés plus vulnérables et peut-être même la pression financière de la pandémie pourraient contribuer à cette augmentation. Le fait qu'Halifax est une ville portuaire pourrait également être l’une des raisons pour lesquelles davantage d’armes illégales entrent dans la ville.

Angela Simmonds.

La députée libérale Angela Simmonds dans la circonscription de Preston (archives)

Photo : Rachael Kelly

La croissance de la violence armée ne se limite pas à la région d’Halifax, selon Statistique Canada. Les données recueillies en 2020 montrent que les homicides liés à des armes à feu ont augmenté de 6 % partout au pays.

À travers le Canada, les fusillades sont la forme d’homicide la plus commune, selon Sécurité publique Canada, même si la proportion des homicides due aux armes à feu à légèrement diminué en 2020.

Les 62 appels reçus par les policiers l’année dernière n’incluent pas les situations qui concernent des imitations d'armes à feu ou des blessures auto-infligées.

Dans certaines fusillades, les agents n’ont trouvé que des douilles ou des preuves que des véhicules ont été touchés par balle, mais pas l’arme à proprement parler. Dans d’autres cas, des personnes ont été blessées, mais on ne sait pas exactement combien, car ni la police régionale d’Halifax ni la GRC n’ont été en mesure de fournir cette information.

Les deux forces policières ont décliné nos demandes d'entrevue.

Les enquêteurs de la police régionale d'Halifax pensent que la majorité des fusillades n’étaient pas aléatoires, ce qui signifie que les personnes étaient ciblées.

Certains des homicides commis avec des armes à feu en 2021 font toujours l’objet d’une enquête. Dans d'autres cas, aucune accusation n'a encore été déposée.

Un écho au travers de la communauté

Comme la députée Angela Simmonds, le pasteur à l’église Deep Water Church à Dartmouth, Matthew Thomas, faisait partie de ceux qui se sont réunis pour la veillée dédiée à Lee-Marion Cain, le petit garçon de 8 ans qui a été abattu dans un véhicule quelques jours avant Noël.

Matthew Thomas a déclaré à CBC News que la mort d’un enfant a laissé les gens désemparés.

Je suis encore en train d’essayer de comprendre et de donner un sens à tout cela, je ressens encore beaucoup de chagrin, de colère et de frustration quant à la raison pour laquelle cela se produit dans notre communauté, a-t-il déclaré.

Memorial avec inscrit en anglais les mots nous t'aimons mar.

Un mémorial à l'extérieur de l'école primaire Nelson Whynder, que fréquentait Lee-Marion Cain, 8 ans, qui était un élève de 3e année.

Photo : CBC/Craig Paisley

Matthew Thomas a déclaré que, d’après son expérience, la violence armée a toujours de profondes répercussions, en particulier dans les communautés afro-néo-écossaises où les gens connaissent les familles et les cercles d’amis des autres.

Il y a tellement d’éléments différents qui expliquent pourquoi les gens choisissent de s’impliquer dans les violences armées et pourquoi le pire scénario dans ce style de vie où une vie innocente est prise, comment cela s’intensifie, a-t-il déclaré.

Ce qui rend les choses encore plus difficiles, a-t-il ajouté, c’est qu'une poignée d'individus sont responsables d'une bonne partie de ces incidents violents, mais que des communautés entières sont souvent stigmatisées, selon Matthew Thomas.

Je pense qu’un changement réel et une réelle évolution dans la gestion de ce problème ne sont possibles que si la communauté est à l’origine de l’initiative, de la conduite, de la discussion et de l’appropriation de la solution, affirme Matthew Thomas.

Le ministre demande aux gens de signaler les armes à feu

Le ministre de la Justice de la province, Brad Johns, a déclaré qu’il avait l’intention de s’entretenir avec les membres de la communauté qui ont demandé des rencontres. Il veut aussi examiner s’il existe des lacunes dans les programmes qui visent à réduire la violence.

Il a fait remarquer qu’il reste plusieurs années de financement dans un programme fédéral qui vise à réduire la violence associée aux armes à feu et aux gangs.

Brad Johns en entrevue.

Le ministre de la Justice de la Nouvelle-Écosse, Brad Johns

Photo : CBC

Brad Johns ne s’est pas engagé à procéder à un examen, mais il a déclaré que le ministère de la Justice est en discussion constante avec les organisations policière fédérale et municipale, et qu’il est disposé à examiner toutes les suggestions. La province n’a reçu aucune demande spécifique d’aide.

Bien qu’il soit préoccupant que le nombre d’appels ait augmenté de manière significative, je pense que le fait qu’ils ne soient pas aléatoires pour la police offre une certaine sécurité, une certaine confiance au grand public, a-t-il déclaré.

Brad Johns pense que la ville d'Halifax est globalement plus sûre qu’il y a vingt ans, et que les crimes commis avec des armes à feu se résument souvent à la possession d’armes à feu illégales.

Avec les informations de Elizabeth McMillan, CBC News

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