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Réouverture des restaurants : l’industrie ne veut plus jouer au yo-yo

Une pancarte sur laquelle est écrit fermé accrochée à la vitre d'un restaurant.

Les restaurants du Québec ont été contraints de fermer leurs salles à manger le 31 décembre.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Les restaurateurs québécois poussent à nouveau un soupir de soulagement. Même s’ils saluent la décision du gouvernement de leur permettre de rouvrir leurs salles à manger, ils veulent que cette quatrième fermeture soit la dernière.

À moins d’un revirement de situation, le premier ministre François Legault devrait notamment annoncer mardi après-midi que les restaurants pourront à nouveau accueillir des clients en salle à 50 % de leur capacité à partir du 31 janvier.

Depuis quelques jours, les restaurateurs se préparaient déjà à rouvrir vers la fin janvier ou au début du mois de février.

C’est serré, mais ça va se faire, croit Martin Vézina, vice-président aux communications de l'Association restauration Québec.

Le propriétaire du Bistro St-Malo, à Québec, n'en est toutefois pas si sûr. Philippe Racine a déjà dû refuser des réservations pour lundi. Le téléphone s'est mis à sonner avant même qu'il ait pris connaissance de la nouvelle.

On demande de la prévisibilité. C'est ça qu'on demande à chaque fois, lance-t-il avec exaspération. Autant pour les fermetures que les réouvertures. Ça ne se fait pas sur un dix cennes.

Philippe Racine coupe des légumes dans la cuisine du restaurant.

Le propriétaire du Bistro St-Malo, à Québec, Philippe Racine, ne croit pas qu'il pourra rouvrir les portes de sa salle à manger dès le 31 janvier.

Photo : Radio-Canada / Hadi Hassin

Le délai est simplement trop court pour lui et son équipe. Il faut faire les commandes de vin, reconfigurer la salle à manger, rappeler les employés mis à pied. Et puis, il faut faire la sauce maison, qui requière quelques jours de préparation.

« C'est pas qu'on ne veut pas rouvrir. Je veux rouvrir, je suis tanné de faire du take-out. Mais sincèrement, il faut m'avertir à l'avance, qu'on se prépare. »

— Une citation de  Philippe Racine, propriétaire, Bistro St-Malo

De la prévisibilité demandée

Selon Martin Vézina, l’industrie ne peut plus supporter les fermetures répétées.

Il faut s'assurer d'avoir un plan à long terme pour la gestion de la pandémie, dit-il. Ça donne la perception d'une industrie qui est instable, autant pour les employés que les propriétaires.

« On ne peut plus se permettre de refaire ce yo-yo-là. »

— Une citation de  Martin Vézina, vice-président aux communications, Association restauration Québec

Le président du groupe St-Hubert, Richard Scofield, est du même avis. Il souligne d’ailleurs qu’il n’y a jamais eu d’éclosion de COVID-19 à l’intérieur d’une de ses rôtisseries, et que les restaurants devront simplement apprendre à vivre avec le virus.

On a tous les contrôles nécessaires pour s'assurer d'un environnement sécuritaire. Je ne vois pas pourquoi on devrait fermer à nouveau, affirme-t-il. Si on ferme encore, ça va être désastreux pour l'industrie.

Pour la santé mentale des employés

En prévision d’une réouverture lundi, les rôtisseries St-Hubert doivent rappeler le personnel qui a été mis à pied le 31 décembre dernier, lors de la plus récente fermeture des salles à manger. Cela représente environ 1500 employés.

Richard Scofield rappelle que de nombreux travailleurs ont décidé de quitter le domaine de la restauration au cours des deux dernières années.

Il ne faut jamais oublier la santé mentale des employés, souligne-t-il. J'espère sincèrement que ça va être la dernière fois.

Les bars veulent rouvrir le 11 février

Les propriétaires de bars aussi trépignent d’impatience. Dans une lettre adressée au directeur national de santé publique par intérim, le président de la Nouvelle association des bars du Québec (NABQ), Pierre Thibault, demande que ces établissements puissent à nouveau accueillir des clients dès le 11 février.

En plus de donner le temps aux propriétaires de se réapprovisionner et de rappeler le personnel nécessaire, la NABQ plaide qu’une réouverture à cette date permettrait de modéliser la réouverture des restaurants [...] afin d’analyser les taux de contaminations, s’il y a lieu, pour en tirer des conclusions pertinentes qui nous permettront de poursuivre les allègements au sein de l’industrie de la restauration et des bars au Québec.

Les bars du Québec ont reçu l’ordre de fermer leurs portes le 20 décembre dernier.

Avec la collaboration d'Hadi Hassin

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