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Québec lance un plan de plus d’un milliard de dollars pour la santé mentale

Plan rapproché de Lionel Carmant devant un drapeau du Québec lors d'une conférence de presse.

Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, a présenté mardi matin un « plan d'action interministériel » de plus d'un milliard de dollars sur cinq ans pour améliorer l'accès des Québécois à des services de santé mentale et réduire les listes d'attente.

Établi à la suite de consultations menées avant la pandémie auprès du milieu et des usagers, le Plan d'action interministériel en santé mentale 2022-2026 (PAISM) est fondé sur la collaboration d'une dizaine de ministères et organismes gouvernementaux.

En tout, 1,2 milliard de dollars seront consacrés à la réalisation du Plan, dont 361 millions de dollars de nouveaux investissements.

Pour améliorer les services aux citoyens, Québec consacre 85 millions de plus au financement des services de prévention et d'intervention en cas de crise, dont la mise en place d'un centre de crise communautaire au Saguenay–Lac-Saint-Jean ainsi qu'en Estrie, où ce type de ressource n'existe pas.

Près de 100 millions de dollars serviront à renforcer le partenariat du gouvernement avec des organismes communautaires qui œuvrent en santé mentale, dont 75 millions serviront à bonifier la mission.

Près de 470 millions de dollars serviront aussi à financer des actions et services destinés aux jeunes et à leur famille, dont 200 millions pour la promotion de la santé mentale et la prévention des dépendances dans les milieux scolaires.

Plus de 300 millions de dollars seront aussi consacrés à l'amélioration de l'accès, dont 200 millions qui serviront à réorganiser des services afin que tous les Québécois qui en ont besoin puissent être vus au bon moment et par le bon professionnel.

Enfin, près de 100 millions de dollars seront consacrés à prévenir les hospitalisations psychiatriques et mettre en place d'autres options, dont 40 millions pour le déploiement graduel de l'hospitalisation à domicile.

Repenser l'accessibilité

Mais au-delà de tout cet argent, le ministre Carmant veut revoir le fonctionnement du système actuel de santé mentale qui crée beaucoup d'attente pour les patients, qui sont tous dirigés de facto vers un psychologue ou un psychiatre.

Conscient de la situation et des listes d'attente qui existaient déjà avant la pandémie, le ministre Carmant affirme s'attaquer au problème de front en repensant la dynamique en place pour accéder à des soins sans devoir passer inexorablement par un psychologue ou un psychiatre au moindre problème.

« Depuis trois ans, nous nous sommes engagés à changer les choses de manière durable et à mettre un terme au travail en silo. »

— Une citation de  Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux

Au Québec, on a cette tendance à référer vers le psychologue ou le psychiatre où il y a des listes d’attente qui sont extrêmement longues tant au public qu’au privé, explique-t-il. Nous, ce qu’on fait, on fait intervenir tout le monde : les infirmières, les infirmières spécialisées de première ligne, les IPS santé mentale, les ergothérapeutes, les psychoéducateurs, donc tout le monde vient entrer dans l’effort.

Ce qui devrait permettre, espère le ministre, de dégager davantage de temps et de ressources disponibles du côté des psychologues et psychiatres pour traiter les cas les plus sérieux et réduire du même coup les listes d'attente.

« Chacun aura accès au bon professionnel au bon moment. C’est ainsi qu’on va régler le problème de nos listes d’attente à moyen et long termes. »

— Une citation de  Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux

Actuellement aux prises avec une demande sans précédent pour des services en santé mentale à la suite de deux années de pandémie qui ont mis les nerfs des Québécois à rude épreuve, le gouvernement Legault doit composer avec une liste d'attente de plus de 20 000 personnes qui ont demandé de l'aide, et ce, dans le secteur public seulement. Dans le réseau privé, il est en ce moment presque aussi difficile d'obtenir une consultation avec un psychologue en raison de l'ampleur de la demande.

Selon Lionel Carmant, d'importants efforts ont été entrepris ces deux dernières années pour éviter que cette liste d'attente ne s'allonge démesurément alors que les demandes de consultation ont augmenté de 30 à 40 % au cours de cette période.

Le gouvernement mise également sur des investissements de 100 millions de dollars annoncés en novembre 2020 pour réduire les listes d'attente en santé mentale au Québec.

Il faudra aussi de la main-d'œuvre

Le ministre Carmant sait aussi qu'il ne suffira pas de réorganiser les services pour venir à bout d'une telle liste d'attente. Il faudra également davantage d'intervenants, de professionnels, de psychologues et de psychiatres. Un défi d'autant plus difficile à relever en période de pénurie de main-d'œuvre.

Pour trouver toutes ces ressources supplémentaires, Québec mise sur un train de mesures annoncées le 7 décembre dernier pour lutter contre la pénurie de main-d'œuvre en santé.

On prévoit notamment faciliter l'embauche de personnes ayant un baccalauréat et qui sont non admissibles à des ordres professionnels dans des disciplines de santé mentale et de relations humaines et la formation accélérée, d'ici 2022, de plus de 400 agents administratifs en soutien au secteur clinique de la santé mentale et de la protection de la jeunesse, a rappelé le ministre Carmant.

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