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La Russie lance de nouveaux exercices militaires près de l’Ukraine et en Crimée

Kiev affirme de son côté avoir démantelé un groupe qui préparait, sur ordre de Moscou, des attaques visant des infrastructures pour « déstabiliser » des régions du pays.

Trois soldats sont en position de tir dans un champ enneigé.

Sur cette photo, tirée d'une vidéo fournie par le service de presse du ministère de la Défense russe, des soldats prennent part à un exercice militaire au sud de Moscou, le 25 janvier 2022.

Photo : Associated Press / Alexei Ivanov

Radio-Canada

La Russie a lancé mardi de nouvelles manœuvres militaires non loin de l'Ukraine et en Crimée annexée, quelques heures après avoir accusé les États-Unis d'« exacerber » les tensions en mettant en alerte des milliers de soldats américains.

Russes et Occidentaux n'ont cessé ces dernières semaines de s'accuser de nourrir la crise, au risque de provoquer un conflit d'ampleur. Des efforts diplomatiques se poursuivent cependant même si les résultats manquent.

Les exercices russes annoncés mardi impliquent quelque 6000 hommes, des avions de chasse et des bombardiers. Ils se déroulent dans le sud de la Russie, notamment à proximité de l'Ukraine, et en Crimée, péninsule ukrainienne annexée en 2014.

Moscou, qui a déployé des dizaines de milliers d'hommes ces derniers mois près de l'Ukraine, a aussi annoncé la semaine dernière des manœuvres navales dans l'Atlantique, l'Arctique, le Pacifique et la Méditerranée, ainsi que des exercices conjoints avec le Bélarus, aux frontières de l'Union européenne (UE).

Une dizaine de chars militaires sortent d'un bâtiment.

Sur cette photo, tirée d'une vidéo fournie par le service de presse du ministère de la Défense russe, des chars lanceurs de missiles Iskander et des véhicules de soutien sont déployés pour des exercices, le 25 janvier 2022.

Photo : Associated Press

Mardi, à la mi-journée, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, s'est dit grandement préoccupé après la mise en alerte par les États-Unis lundi de 8500 soldats, qui pourraient renforcer la Force de réaction rapide de l'OTAN de 40 000 militaires. La décision de leur déploiement n'a pas été prise.

Pour M. Peskov, Washington provoque une nouvelle exacerbation des tensions, comme la veille avec l'annonce du départ des familles de diplomates américains d'Ukraine du fait du risque imminent, selon les États-Unis, d'une invasion russe.

À Washington, la Maison-Blanche a cependant réitéré qu'elle ne compte pas dépêcher des troupes américaines en Ukraine. Soyons clairs : il n'y a ni intention, ni intérêt, ni désir du président d'envoyer des troupes en Ukraine, a assuré la porte-parole du président Joe Biden, Jen Psaki.

Au Parlement ukrainien, le ministre ukrainien de la Défense, Oleksii Reznikov, a déclaré n'avoir aucune raison de croire qu'une invasion est imminente, puisque les troupes russes n'avaient pas formé un groupement tactique susceptible de franchir la frontière. Ne vous inquiétez pas. Dormez bien. Il n'est pas nécessaire de faire vos bagages, a-t-il dit aux élus.

Dans une vidéo, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a aussi prié ses concitoyens de rester calmes face à la menace d'une attaque russe. Le rapatriement de membres des familles de diplomates occidentaux, a-t-il dit, ne constitue pas un signe qu'une escalade militaire est inévitable.

Kiev doit néanmoins recevoir mardi une nouvelle livraison des États-Unis comprenant des équipements et des munitions, selon l'ambassade américaine, précisant qu'il s'agissait d'une partie des 200 millions de dollars d'assistance accordés par la Maison-Blanche.

Des attaques russes déjouées par Kiev

Les autorités ukrainiennes ont par ailleurs affirmé avoir démantelé mardi un groupe préparant, sur ordre de Moscou, des attaques armées pour déstabiliser des régions du pays, notamment à la frontière russe.

Les organisateurs de la bande préparaient une série d'attaques armées contre des infrastructures, a déclaré dans un communiqué le service ukrainien de sécurité (SBU), affirmant que le groupe était coordonné par des services spéciaux russes.

Les deux organisateurs, dont un Russe, ont été arrêtés, a précisé le SBU, dont des agents ont saisi un engin explosif, des armes légères et des munitions.

Ils agissaient à Kharkiv, grande ville située près de la frontière russe dans l'est du pays, et à Jytomyr, dans le centre de l'Ukraine, à moins de 150 kilomètres de Kiev, la capitale.

Les deux hommes étaient d'anciens commandos ayant participé à des combats, a affirmé à l'AFP une source au sein des forces de l'ordre.

Sous prétexte de chercher des gardes de sécurité, ils ont commencé à recruter du personnel, essentiellement des Russes ayant commis des crimes violents, selon cette source.

Protéger les livraisons d'hydrocarbures de l'Europe

La Russie, accusée d'avoir déployé plus de 100 000 militaires à la frontière de l'Ukraine en vue d'une possible attaque, continue de nier tout projet d'offensive et de lier une désescalade à des traités garantissant notamment le non-élargissement de l'OTAN vers l'est, en particulier à l'Ukraine.

Ces revendications ont été jugées inacceptables en Europe comme aux États-Unis, mais les Alliés semblent avoir du mal à coordonner la réponse.

En Europe comme ailleurs, on assure prendre au sérieux les inquiétudes sécuritaires de Moscou et vouloir négocier des solutions. Après un cycle de pourparlers, Washington doit remettre cette semaine une réponse écrite aux exigences russes.

Mais parallèlement, le président américain, Joe Biden, a fait monter la pression en mettant des troupes en état d'alerte. Un durcissement qui a semblé prendre de court certains dirigeants européens, soucieux de ne pas provoquer le Kremlin.

Le président français Emmanuel Macron, qui a rencontré mardi à Berlin le chancelier allemand Olaf Scholz, a confirmé qu'il aura un entretien téléphonique vendredi avec son homologue russe Vladimir Poutine pour faire le point sur l'ensemble de la situation et demander des clarifications sur les intentions de Moscou à l'égard de l'Ukraine. Il avait préalablement déclaré vouloir lui proposer un chemin de désescalade.

Paris accueillera aussi mercredi une réunion de conseillers de haut rang avec l'Allemagne, la Russie et l'Ukraine, pour tenter de raviver un format de dialogue datant de 2015, aujourd'hui au point mort.

Le chancelier Scholz a pour sa part défendu la décision de son gouvernement de ne pas fournir d'armes à l'Ukraine, comme le font les États-Unis et le Royaume-Uni, en affirmant que Berlin a toujours eu pour position de ne pas livrer d'armes létales. Il a tout de même assuré, à l'instar de M. Macron, que les alliés occidentaux seront unis dans leur riposte en cas d'invasion russe, et que les conséquences seraient sévères pour Moscou.

Les Européens sont soucieux de protéger leurs approvisionnements en hydrocarbures, qui dépendent à plus de 40 % des puits russes. Les États-Unis, qui ont assuré n'avoir aucune divergence avec les Européens au sujet des sanctions à imposer en cas d'invasion de l'Ukraine, ont indiqué mardi avoir pris des mesures en ce sens si jamais la Russie décidait de fermer le robinet.

Washington et les Européens cherchent à identifier des volumes supplémentaires de gaz naturel [...] venant de diverses parties du monde, d'Afrique du Nord, du Moyen-Orient, d'Asie et des États-Unis, a fait savoir un haut responsable de la Maison-Blanche.

Nous pensons être prêts à trouver des approvisionnements alternatifs couvrant une majorité significative des potentielles coupes dans la livraison de gaz russe, et ce, jusqu'au printemps, a assuré le haut responsable.

Il a par ailleurs mis en garde Moscou contre toute instrumentalisation de ses ventes d'hydrocarbures : la Russie a au moins autant besoin des revenus du gaz et du pétrole que l'Europe a besoin de ses livraisons d'énergie.

Le Qatar à la rescousse

Par ailleurs, la porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki, a annoncé mardi que le président Biden recevra l’émir du Qatar, le cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, lundi prochain.

Mme Psaki a précisé qu’il sera question lors de la rencontre d'assurer la stabilité de l'offre internationale d'énergie.

Le Qatar détient d'immenses réserves de gaz et il est le premier exportateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL).

Des responsables américains sont en pourparlers avec le Qatar depuis plusieurs jours sur l’approvisionnement des pays européens en gaz naturel au cas où un conflit en Ukraine entraînerait des pénuries en Europe.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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