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L’art rupestre enseigné pour la première fois à l’Université de Sherbrooke

Une femme qui fait une oeuvre sur la pierre.

Adelphine Bonneau offre des cours d'art rupestre à l'Université de Sherbrooke.

Photo : Gracieuseté

Anik Moulin

L'Université de Sherbrooke propose pour la toute première fois un cours d'art rupestre.

La professeure adjointe au Département de chimie, Adelphine Bonneau, a mis sur pied le cours où elle abordera les traditions de cet art millénaire à travers le monde. Elle souhaite aussi que les étudiants constatent à quel point la technique utilisée à l'époque est étonnement complexe.

« C'est vraiment ça qui m'émeut, c'est que plus on regarde dans la matière, plus on s'aperçoit que quelque chose qui semble simple est en fait très compliqué et requiert énormément de savoir-faire technique.  »

— Une citation de  Adelphine Bonneau, professeure adjointe à l'Université de Sherbrooke

L'art rupestre englobe tous les dessins et les gravures inscrits sur des parois rocheuses depuis plusieurs millénaires.

Une partie du cours, qui est offert depuis janvier 2022, est théorique. Cependant, les étudiants devront mettre en pratique ce qu'ils ont appris dans les livres. Les étudiants peindront sur les parois d'un tunnel de l'Université de Sherbrooke des oeuvres réalisées à partir de pigments : charbon de bois, ocre ou coquillages broyés. Différents liants permettront de rendre la peinture plus liquide, comme des oeufs, de l'huile ou du sang, notamment.

À l'époque du paléolithique, il y a entre 30 000 et 10 000 ans, les hommes n'avaient pas de pots de peinture disponibles! Ils devaient faire avec ce qu'ils trouvaient dans la nature, affirme Adelphine Bonneau.

Des murs de béton dans un tunnel.

Ces murs du tunnel de l'Université de Sherbrooke serviront de site rupestre fictif qui sera développé au fil des années.

Photo : Adelphine Bonneau

La fabrication de la peinture constitue donc un réel défi, tout comme son application. Il faudra trouver différents moyens de l'appliquer sur la paroi. [...] Et donc comprendre toute la difficulté qu'il y a à produire des peintures à partir des matières premières, explique la professeure, qui est aussi affiliée au département d'histoire.

« Ce qui me fascine, c'est que des populations nomades avaient des techniques et étaient capables de réaliser des fresques, qui sont aujourd'hui dignes de Michel-Ange.  »

— Une citation de  Adelphine Bonneau, professeure adjointe à l'Université de Sherbrooke

Zachary Bournival fait partie des 42 étudiants ayant choisi le nouveau cours. Il est emballé.

Ça va vraiment être fascinant de se remettre dans la peau de civilisations qui ont existé il y a de cela des milliers d'années, soutient l'étudiant au baccalauréat en histoire.

Il a d'ailleurs choisi ce cours pour sortir de sa zone de confort. C'est une histoire de l'art, mélangée avec de la chimie, avec l'histoire des matériaux. C'est une autre approche qu'on a jamais eue, même au cégep ou à l'université. C'est vraiment intéressant.

Peintures rupestres représentant un canoë et des êtes subaquatiques, Mishipeshu, ou le grand lynx, et des serpents. Agawa Bay, Ontario.

Un exemple de peintures rupestres, qui représentant ici un canoë et des êtres subaquatiques, Mishipeshu, ou le grand lynx, et des serpents à Agawa Bay, Ontario.

Photo : Radio-Canada / Courtoisie : Antti Lahelma of Helsinki, Finlande

Le tunnel, l'objet d'une expérience de recherche évolutive

Le site où seront réalisées les oeuvres au fil des années deviendra une expérience de recherche à long terme. Pour ma recherche, je saurai exactement quels ingrédients ont été employés, et je vais pouvoir voir à long terme, la dégradation des peintures, explique la scientifique.

L'art rupestre en est un singulier et atypique. On ne sait pas si on doit aller voir un archéologue, un historien de l'art, on ne sait pas trop quoi en faire. J'espère vraiment leur donner des clés de décryptage, conclut Adelphine Bonneau, fière d'offrir le premier cours sur cet art hors normes.

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