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Le Québec se redéconfine : « Il faut y aller mollo », prévient Legault

Le premier ministre annonce des allègements en deux phases pour le 31 janvier et le 7 février.

Le premier ministre Legault en conférence de presse.

Le premier ministre François Legault a annoncé mardi certains allègements des mesures sanitaires, même si l'état du réseau de la santé demeure précaire.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Encouragé par une baisse légère, mais constante, des hospitalisations, le gouvernement du Québec permettra à nouveau à ses citoyens de se réunir en dehors de leurs bulles familiales respectives à compter de lundi prochain, dans les maisons et dans les restaurants, entre autres assouplissements des mesures sanitaires.

Le premier ministre François Legault a fait savoir mardi que les rassemblements dans les résidences privées seront permis à partir de la semaine prochaine. Mais attention : seules les réunions de quatre personnes (ou deux bulles familiales) seront autorisées.

La limite sera la même dans les restaurants, qui poussent un soupir de soulagement. Quatre personnes (ou deux bulles familiales) pourront s'asseoir à la même table. Les salles à manger seront également limitées à 50 % de leur capacité; le service sera interrompu à 23 h; et les clients devront avoir en main leur passeport vaccinal.

M. Legault a procédé à cette annonce lors d'une conférence de presse, mardi après-midi. Il était pour l'occasion accompagné du ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, et du directeur national de santé publique par intérim, le Dr Luc Boileau.

L'idée, c'est d'y aller graduellement, prudemment, a fait valoir le premier ministre, qui demeure inquiet de l'état précaire du réseau de la santé. Comme on dit en québécois, il faut y aller mollo, a-t-il soutenu.

« Je comprends que les gens sont tannés. Mais en même temps, il faut être prudents. Il faut penser chaque jour au personnel qui est au front depuis longtemps dans nos hôpitaux. Donc c'est pour ça qu'il faut y aller mollo. »

— Une citation de  François Legault, premier ministre du Québec

Des allègements ont aussi été annoncés mardi dans les milieux de vie pour personnes âgées. Le nombre de visiteurs pourra augmenter à deux par jour pour les résidents des centres d'hébergement de soins de longue durée (CHSLD) et à quatre dans les résidences privées pour aînés (RPA) à partir de lundi.

M. Legault a également rappelé aux gestionnaires de milieux de vie qu'un maximum de quatre personnes pouvaient déjà s'asseoir autour d'une même table pour partager un repas dans ces établissements, et a déploré que certains d'entre eux obligent leurs résidents à manger dans leur chambre.

Pasquale Harrison-Julien et Russell Ducasse ont suivi des entrepreneurs qui peine à voir la lumière au bout du tunnel.

La pratique des sports parascolaires et civils pour les jeunes âgés de moins de 18 ans pourra en outre reprendre lundi. Toutefois, les groupes seront limités à 25 personnes et toute forme de compétition sera interdite; seuls les entraînements seront tolérés.

Cette autorisation sera également valide pour les activités parascolaires comme le théâtre ou les jeux d'échecs, a illustré le premier ministre.

Autres précisions : les concessions alimentaires des centres de ski pourront rouvrir dès lundi en fonction des mêmes modalités que celles imposées aux restaurants, et certains lieux intérieurs comme le Biodôme, le Planétarium, les aquariums, les insectariums et les jardins zoologiques pourront rouvrir à 50 % de leur capacité.

Une deuxième phase le 7 février

Quant aux salles de spectacles, aux cinémas, aux amphithéâtres et aux lieux de culte, ils devront patienter jusqu'au lundi 7 février, a indiqué François Legault, qui affirme vouloir procéder par étapes et avec prudence.

La capacité d'accueil de ces établissements sera également limitée à 50 %, avec un maximum de 500 spectateurs dans les lieux culturels et de 250 fidèles dans les lieux de culte. Le passeport vaccinal sera également exigé, sauf pour les funérailles, qui seront limitées à 50 personnes.

En ce qui concerne les gyms, les bars, les tavernes et les casinos, par contre, il est encore trop tôt pour évoquer leur réouverture.

On est sortis du tunnel, a déclaré M. Legault. Par contre, le train de la santé est magané, et il est magané depuis plusieurs années, a-t-il ajouté, réitérant l'intention de son gouvernement de présenter un vaste plan de refondation du système de santé axé sur la formation du personnel et des incitatifs au recrutement.

Ledit plan sera exposé le mois prochain, a précisé le premier ministre.

Le Dr Luc Boileau en conférence de presse.

Le Dr Luc Boileau a été nommé directeur de santé publique par intérim à la suite de la démission surprise du Dr Horacio Arruda, plus tôt ce mois-ci.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Les mesures d'assouplissement présentées mardi constituent un premier pas, mais il ne s'agit pas de la séquence de déconfinement de la santé publique, sur laquelle le Dr Boileau travaille toujours.

« Il faut donner un espace pour permettre de vivre différemment et de continuer à vivre dans cette dimension avec le virus, tout en étant prudent. [...] Je pense que c'est un calcul correct du risque de la charge hospitalière qui veut se stabiliser et du besoin pour les gens de socialiser. »

— Une citation de  Dr Luc Boileau, directeur national de santé publique par intérim

Le Dr Boileau a par ailleurs annoncé mardi qu'il y aura sous peu des points de presse distincts de la santé publique par rapport au gouvernement – une demande de longue date des partis d'opposition.

Selon le bureau du premier ministre, toutefois, ces points de presse ne seront pas systématiques, et le gouvernement continuera au besoin à inviter le Dr Boileau à ses événements.

Un masque médical dans la neige.

« On est tous conscients que beaucoup de Québécois sont tannés des consignes », a déclaré mardi le premier ministre François Legault.

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

Pour justifier les allègements annoncés mardi, François Legault a notamment évoqué la nécessité de préserver la santé mentale des Québécois.

Cela dit, il manque toujours 12 341 travailleurs de la santé dans le réseau, dont 5719 à Montréal, et l'on compte toujours près de 3300 patients hospitalisés dans les hôpitaux de la province.

Dans son bilan de mardi, le ministère de la Santé et des Services sociaux a annoncé une légère baisse des hospitalisations (-21), mais 85 décès de plus dus à la COVID-19.

Cette tendance devrait se poursuivre, a indiqué M. Legault, qui a rencontré lundi soir des experts de l'INSPQ, de l'INESSS et de la santé publique avec Christian Dubé. Mais il y a encore beaucoup d'incertitude, a-t-il prévenu.

Enfin, le ministre Dubé a confirmé en conférence de presse que Québec avait lancé en matinée une plateforme d’autodéclaration des cas de COVID-19.

La page – mise en ligne sans tambour ni trompette – permettra aux Québécois ayant obtenu un résultat positif après avoir passé un test rapide à la maison de partager ce résultat avec le gouvernement pour qu'il soit comptabilisé dans les statistiques officielles des autorités.

Éviter un retour en arrière

À l'Assemblée nationale, les partis d'opposition se sont généralement montrés heureux de voir le gouvernement assouplir les mesures sanitaires imposées aux Québécois. Ils ont néanmoins demandé un certain nombre d'ajustements pour la suite.

Le Parti libéral du Québec, par exemple, aimerait pouvoir accéder à un calendrier de déconfinement, notamment pour savoir combien de temps la capacité d'accueil des restaurants sera limitée à 50 %.

Québec solidaire réclame pour sa part qu'il n'y ait plus de retour en arrière. Les restaurateurs et les gens du milieu de la culture n'en peuvent plus de la valse des réouvertures et des fermetures; ils ont besoin de clarté et de prévisibilité pour la suite, a commenté dans une déclaration son porte-parole en santé, Vincent Marissal.

Enfin, le Parti québécois s'étonne du peu d'indépendance dont la santé publique semble disposer à la lumière des commentaires du bureau du premier ministre sur les communications du Dr Boileau.

Ça prend une séparation réelle des points de presse et non intermittente au gré des intérêts électoraux du gouvernement, a tweeté son chef, Paul St-Pierre Plamondon.

Avec les informations de Martine Biron et de La Presse canadienne

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