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Membertou veut relancer la chasse au phoque gris

Un phoque qui montre ses dents.

Bien que parfois mignons, les phoques demeurent des animaux sauvages potentiellement dangereux.

Photo : Archives

Radio-Canada

La Première Nation de Membertou veut relancer la chasse au phoque en Nouvelle-Écosse et trouver de nouvelles façons d'utiliser les sous-produits du phoque.

Dans le cadre d'un projet pilote des membres de la communauté chassent et enseignent à d'autres comment récolter ce grand mammifère sans cruauté.

Au cours des dernières années, un petit nombre de phoques ont été capturés et une entreprise des maritimes en a fait des longes en plus d’emballer les nageoires pour les vendre.

« Nous espérons élargir ce marché et utiliser davantage le phoque. »

— Une citation de  Hubert Nicholas, directeur des pêches de Membertou

Le projet pilote est pour tenter d’en arriver à une pleine utilisation de la chair et de la peau du phoque, explique Hubert Nicholas le directeur des pêches de la bande.

Et j'espère qu'à l'échelle nationale, on arrivera à développer un produit commercialisable dans le monde.

Hubert Nicholas dit que pendant la première année du projet pilote, seulement 20 phoques ont été capturés, mais l'objectif de cette année est d’en tuer 500.

Il raconte que l'idée de la chasse au phoque lui est venue après avoir entendu parler d'un manque de poissons-fourrages qui sont de petits poissons transformés et utilisés pour la nourriture d'autres poissons.

À son avis une chasse au phoque gris résoudrait bien des problèmes.

Ça pourrait transformer ces mammifères en aliments pour la ferme, contrôler la population de phoques et réduire le nombre de poissons consommés.

Des phiques gris près de l'eau.

La population de phoques gris en Atlantique est passée de 8000 individus en 1960 à 400 000 aujourd'hui.

Photo : Gracieuseté de Damian Lidgard, Ocean Tracking Network

Contrôler la population

Il doit y avoir un moyen de réduire la population et pas simplement de les abattre,argumente Hubert Nicholas.

Beaucoup de gens préféreraient cela. Mais pourquoi seulement les abattre alors que nous pourrions développer un marché?

La Première Nation de Membertou au Cap-Breton en Nouvelle-Écosse a récemment remporté un prix de 100 000 $ pour avoir été nommé demi-finaliste du défi de réduction du gaspillage alimentaire d'Agriculture et Agroalimentaire Canada.

Hubert Nicholas dit que la communauté s'intéresse à la transformation des produits du phoque à l'aide d'équipements provenant d'industries qui ont du mal à s'en sortir, comme l'élevage de visons.

Ultimement, le but du projet serait de déplacer les opérations de transformation à Membertou et de créer plus d'emplois.

Jeffrey Hutchings est assis dans un laboratoire.

Jeffrey Hutchings est professeur au département de biologie de l'Université Dalhousie.

Photo : Jeffrey Hutchings

Jeff Hutchings est professeur de biologie à l'Université Dalhousie et il dit que les plus récentes statistiques du ministère des Pêches et des Océans montrent une population de phoques gris en bonne santé.

Il explique que dans le passé, les prises de phoques du Canada atlantique se concentraient sur les phoques du Groenland qui étaient capturés pour leur cuir et leur fourrure.

Mais leurs ventes ont chuté après l'introduction d'une interdiction des produits dérivés du phoque dans l'Union européenne en 2009.

Bien qu'il y ait encore des phoques qui sont chassés, Jeff Hutchings dit que ce n’est plus ce que c’était.

« La chasse est bien inférieure à ce qu'elle était historiquement, mais elle est toujours en cours. »

— Une citation de  Jeff Hutchings, professeur de biologie à l'Université Dalhousie

Le professeur en biologie ajoute que c’est vrai que les phoques gris affectent négativement le rétablissement de certains stocks de poissons, mais il rappelle qu'ils ne sont pas responsables de leur effondrement.

Selon Jeff Hutchings, une chasse au phoque gris pourrait être effectuée de la même manière que d'autres récoltes de poissons sous les yeux attentifs des scientifiques et des gestionnaires, sans nuire à la durabilité à long terme de l'espèce.

Avec les informations de CBC Mainstreet au Cap-Breton.

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