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Réouverture des salles : la pression du milieu culturel s’accroît sur Québec

Nathalie Roy parle assise à la table de presse. Il y a deux drapeaux du Québec à l'arrière-plan.

La ministre de la Culture du Québec, Nathalie Roy, lors d’une conférence de presse tenue le 30 septembre 2021.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Radio-Canada

Toujours en attente du feu vert de la Direction générale de la santé publique du Québec, la ministre québécoise de la Culture, Nathalie Roy, dit lui avoir présenté son plan pour rouvrir les salles de spectacle. Elle affirme qu'elle travaille « très sérieusement » pour donner des réponses cette semaine à un milieu des arts de la scène qui se sent négligé par le gouvernement.

Après plus d’un mois de fermeture des salles de spectacle et des théâtres, le secteur des arts de la scène exige la mise en place d’un plan de déconfinement à long terme afin de cesser le yoyo des fermetures et réouvertures à répétition.

Je n'ai pas le moment de l'annonce. Je ne peux pas vous dire le contenu de l'annonce, mais il y a des annonces importantes qui s'en viennent. Et je plaide pour que le milieu culturel se retrouve bien en évidence dans cet échéancier à plus long terme, a-t-elle déclaré en entrevue avec Eugénie Lépine-Blondeau, chroniqueuse culturelle à l’émission Tout un matin.

« On travaille très sérieusement pour arriver cette semaine avec des réponses aux questions. »

— Une citation de  Nathalie Roy, ministre de la Culture et des Communications

Nathalie Roy a également expliqué à Eugénie Lépine-Blondeau qu’un plan avait été présenté par son ministère à la santé publique. On a soumis les recommandations venant du milieu [culturel], a-t-elle affirmé.

La ministre dit avoir bien compris le besoin de certitude exprimé par le monde des arts de la scène. Depuis le début, le milieu demande la prévisibilité, et c'est ce qui est le plus difficile à offrir, car les virus ou les variants sont imprévisibles dans leur façon de se comporter, a-t-elle ajouté. Se commettre à long terme est la chose la plus difficile pour la santé publique.

Les arts de la scène se sentent sacrifiés

Lundi, la possibilité d’un déconfinement des salles à manger des restaurants, des lieux de culte ou des activités sportives a été évoquée, mais rien au sujet des salles de spectacle, des théâtres ou encore des cinémas.

On voit des annonces concernant des secteurs, et pas le nôtre, déplore Luc Fortin, président et directeur général de la Guilde des musiciens et musiciennes du Québec (GMMQ). C’est sûr qu’on n’est pas prioritaires quand c’est rendu que les églises passent avant nous.

Le milieu des arts de la scène a plusieurs fois répété qu'il se sentait écouté par le ministère de la Culture et des Communications (MCC).

« J'ai l'impression que ça ne bloque pas au ministère de la Culture, mais au bureau du premier ministre, tout simplement. »

— Une citation de  Luc Fortin, président de la GMMQ

Il y a un an, le Dr Horacio Arruda [qui était directeur national de santé publique du Québec à l’époque] a avoué qu'il avait recommandé l'ouverture des salles de spectacle en novembre 2020, alors qu’elles ont rouvert en mars 2021, ajoute-t-il. Elles sont restées fermées malgré un avis favorable de la santé publique. Alors, on a de la difficulté à croire le premier ministre quand il dit qu’il écoute les conseils de la santé publique.

Sophie Prégent, présidente de l’Union des artistes (UDA), a aussi le sentiment que le message passe bien auprès du MCC, mais qu’il se perd au-dessus.

Le milieu de la culture le traduit comme un manque d'intérêt de nos instances gouvernementales, souligne celle qui estime que les restaurants, les salles de sport et les spas bénéficient d’une plus grande attention. À un moment donné, c'est cruel de nommer certains secteurs et d’en oublier certains autres.

Je ne dis pas qu'il faut ouvrir demain les salles de spectacle, mais dites-nous quelque chose. Il est temps, et le secteur le mérite. Même, à la limite, si on se faisait dire : "On vous revient la semaine prochaine avec quelque chose de plus clair", ce serait déjà ça, lance-t-elle.

Sophie Prégent au micro

Sophie Prégent est comédienne et présidente de l'UDA.

Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Interrogée sur le fait que la réouverture des salles à manger des restaurants a été évoquée lundi, et non celle des lieux culturels, Nathalie Roy a démenti le fait que le secteur culturel serait oublié.

Je ne vous dirais pas qu'il n’y a rien pour la culture. Je vous dirais qu'il y a des gens qui sont plutôt discrets et d'autres qui le sont moins, a-t-elle affirmé. On attend le moment opportun pour faire les annonces en fonction des études, et moi, tant que rien n’est officiel, je ne vais pas dire des choses.

Des artistes qui piochent dans leur REER pour tenir le coup

En attendant l’annonce de la réouverture des salles de spectacle, les artistes souffrent financièrement, selon Luc Fortin et Sophie Prégent.

Présentement, à l'UDA, toutes les semaines, on signe des dérogations parce que les artistes sont obligés de sortir leur REER pour ne pas perdre leur maison ou bien pour être capables de payer leur loyer, révèle Sophie Prégent.

Qu'arrivera-t-il à ces artistes quand ils auront 60 ou 65 ans? Est-ce que c'est aux artistes de subventionner présentement la pandémie à coup de REER?, demande-t-elle.

Ces difficultés touchent surtout celles et ceux qui travaillent pour les arts vivants.

« D’un côté, tout le secteur de l'audiovisuel surfonctionne et, de l’autre côté, tous les arts de la scène crèvent de faim. »

— Une citation de  Sophie Prégent, présidente de l'UDA

Les artistes peuvent toucher la Prestation canadienne pour les travailleurs en cas de confinement (PCTCC), mais le montant reçu ne dépasse pas 300 $ par semaine, soit 270 $ une fois les impôts prélevés.

Quand on connaît le prix du logement à Montréal et dans les grands centres, 270 $ par semaine, il ne reste plus grand-chose, souligne Luc Fortin. C’est de la survie.

Ce texte a été écrit à partir des entrevues réalisées par Catherine Richer, chroniqueuse culturelle à l’émission Le 15-18, et par Eugénie Lépine-Blondeau, chroniqueuse culturelle à l'émission Tout un matin. Les propos ont pu être édités pour plus de clarté et de concision.

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