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Déstigmatiser le cancer auprès des personnes noires, un enjeu de santé publique

Yinka et Bayo Oladele posent ensemble chez eux.

Yinka et Bayo Oladele ont reçu une formation de la Société canadienne du cancer.

Photo : Radio-Canada / Ose Irete

Radio-Canada

Stigmatisation, faible taux de dépistage, diagnostics tardifs, manque d’accès à l’information; des patients noirs et une médecin de l’Alberta espèrent sauver des vies en déstigmatisant le cancer dans leurs communautés.

Lorsque le mari de Yinka Oladele a reçu un diagnostic de cancer en 2016, elle est immédiatement devenue sa proche aidante. Trouver de l'information et des ressources pour des personnes noires s’est cependant avéré difficile.

La Calgarienne s’est alors promis de remédier elle-même au problème dès que son mari irait mieux.

Six ans plus tard, elle a fondé avec son mari le groupe African Cancer Support Group, dont l’objectif est d’aider et de soutenir les patients d’origine africaine et leurs proches.

On ne voit pas de gens d'origine africaine qui ont vaincu le cancer et à qui on peut parler, déplore Bayo Oladele, le mari de Yinka Oladele.

L’organisme soutient maintenant plus de 40 familles en Alberta et à l’extérieur de la province. Il fournit des repas, des services d'entretien ménager et fait équipe avec différents professionnels de santé.

Une image du site Internet du groupe African Cancer Support Group.

Le groupe African Cancer Support Group offre du soutien aux personnes noires atteintes d'un cancer.

Photo : Radio-Canada / Ose Irete

Déstigmatisation chez les communautés noires

Les Oladele se sont également donné comme mission de déstigmatiser le cancer auprès des différentes communautés noires du pays.

Florence Omara, qui a reçu un diagnostic de cancer du sein de stade 2 en 2017, affirme que l’idée fausse selon laquelle le cancer ne touche que les personnes nées en Amérique du Nord est très répandue dans la culture africaine.

Puisque notre communauté ne parle pas de cancer, nous avons perdu beaucoup de proches à cause du cancer. Nous ne savions pas non plus qu’ils avaient le cancer parce que personne n’en parlait, raconte-t-elle.

Lorsqu’elle a reçu son diagnostic, elle a d’ailleurs caché la nouvelle à ses enfants pendant un mois.

Dans sa communauté, beaucoup de gens évitaient de prononcer les mots cancer du sein et se contentaient de dire Florence est malade, raconte la mère de famille qui travaille avec les Oladele.

Des diagnostics tardifs

Selon la Dr Doreen Ezeife, une oncologue au centre de cancérologie Tom Baker à Calgary, les réticences culturelles font en sorte que des patients noirs reçoivent un diagnostic de cancer lorsque leur maladie est plus avancée.

Beaucoup de recherches ont démontré que les patients noirs hésitent plus à prendre part aux programmes de dépistage du cancer et qu’ils rencontrent davantage d’obstacles pour y participer, affirme-t-elle.

Elle ajoute que beaucoup de patients noirs ont une forte identité culturelle et communautaire, ce qui explique pourquoi fournir de l’information qui prend en compte ces caractéristiques peut améliorer l’accès aux tests de dépistages et aux traitements.

C’est pourquoi elle recommande à ses patients africains de contacter le groupe de soutien des Oladele.

La Dr. Doreen Ezeife.

Selon l'oncologue Doreen Ezeife, le Canada ne dispose pas de suffisamment d'informations pour évaluer l'impact du cancer chez les communautés noires du pays.

Photo : Radio-Canada / Ose Irete

La Dr Ezeife déplore toutefois que les oncologues canadiens aient une compréhension limitée de l’impact du cancer chez les communautés noires puisque le Canada, contrairement à d’autres pays comme les États-Unis et le Royaume-Uni, ne collecte pas de données concernant l’ethnicité des patients.

Selon la Société américaine du cancer par exemple, les femmes noires aux États-Unis ont un taux de mortalité dû au cancer du sein plus élevé, malgré une incidence plus faible de la maladie que chez les femmes blanches.

Le Dr Stuart Edmonds, vice-président à la Société canadienne du cancer, affirme que rassembler ce genre de données aiderait les experts à mieux comprendre et à s’attaquer aux disparités au sein du système de santé.

La Société canadienne du cancer dirige conjointement une stratégie de collecte de données pancanadienne avec le Partenariat canadien contre le cancer qui se concentre sur la collecte, l’intégration et l’utilisation d’information afin d’améliorer la lutte contre le cancer et les perspectives pour toutes les personnes au Canada.

Avec les informations de Karina Zapata

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