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Des centaines de milliers de Canadiens voyagent malgré la pandémie

Un homme et une femme sur un pont suspendu.

Félix Langelier-Blanchet et Alexandra O’Dowd sont parmi les 174 415 Canadiens qui ont traversé la frontière par voie aérienne entre le 10 et le 16 janvier dernier.

Photo : Félix Langelier-Blanchet

Selon les plus récentes données disponibles, 742 400 Canadiens sont entrés au Canada par voie aérienne en décembre 2021. C’est près des deux tiers du niveau de 2019, avant l’arrivée de la COVID-19.

Le nombre de voyageurs qui sont entrés au pays par la voie aérienne était plus élevé au cours de la première semaine de 2022 qu’avant la mise en place du nouvel avertissement par le gouvernement fédéral, selon les plus récentes données de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) et de Statistique Canada.

Cet avertissement, selon lequel les Canadiens doivent éviter tout voyage non essentiel, est entré en vigueur le 15 décembre.

C'est le cas de Félix Langelier-Blanchet, un Québécois qui a décidé de voyager malgré cet avertissement.

216 752 Canadiens ont traversé la frontière entre les 3 et 9 janvier 2022, soit les plus récentes données publiées par l'ASFC.

Pour la même période en 2020, 61 790 Canadiens seulement avaient traversé la frontière après avoir voyagé par avion.

Des représentants de l'industrie du voyage demandent d'ailleurs une révision des restrictions.

Voyager malgré la pandémie

Le voyage de M. Langelier-Blanchet au Rwanda ne s’est toutefois pas passé comme prévu.

Le résident de la région de Montréal s’est envolé en décembre pour assister au mariage de sa mère pour lequel il était aussi témoin.

Quelques jours avant la date prévue de son retour, lui et sa conjointe développent des symptômes et obtiennent un résultat positif à un test de dépistage de la COVID-19.

« J’ai dû faire une quarantaine et m’organiser, avec 7 heures de décalage, pour travailler à distance. »

— Une citation de  Félix Langelier-Blanchet

Résultat, leur vol du 26 décembre sera plutôt reporté au 13 janvier. Pendant leur séjour prolongé, ils ont d’abord dû s'isoler dans un hôtel désigné pour une quarantaine, puis trouver des moyens de reprendre le travail à distance.

Un ordinateur sur une table dans une forêt africaine.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Félix Langelier-Blanchet a dû travailler avec 7 heures de décalage horaire pour synchroniser son travail avec celui de son équipe au Canada.

Photo : offerte par Félix Langelier-Blanchet

Pas de tout repos

Voyager pendant la pandémie, même sans contracter le virus, peut être complexe.

Diana Labban a visité le Qatar avec sa mère et sa soeur le mois dernier. Leur voyage de retour, qui devait prendre 18 heures, s’est plutôt échelonné sur plusieurs jours.

En raison de retards, elle et sa famille ont dû refaire des tests PCR à deux reprises pour répondre aux critères d’entrée au Canada.

L’étudiante à l’Université de Toronto ne regrette toutefois pas son voyage.

« Mon père est quelqu’un de précieux pour moi, il faut que je voie mes parents. »

— Une citation de  Diana Labban, étudiante de 18 ans de Toronto
Une pile de billets d’avion.

Les vols de Diana Labban et sa famille ont été annulés ou repoussés à plusieurs reprises.

Photo : Diana Labban

Depuis décembre, des milliers de vols ont été annulés en raison de la pandémie, y compris parce que les compagnies aériennes ne disposaient pas des équipages nécessaires au moment de vols.

Air Canada a suspendu ses vols vers certaines destinations soleil jusqu’au mois d’avril. WestJet a annoncé l’annulation de 20 % de ses vols en février.

Une incidence réduite

Après avoir publié un avertissement décourageant tout voyage essentiel le 15 décembre, le gouvernement fédéral a remis en place l’obligation pour les voyageurs de présenter un résultat négatif à un test de dépistage moléculaire, peu importe la durée du séjour.

Il semble que ces mesures ont eu un impact marginal sur les voyages en avion.

De plus, la circulation vers l’aéroport Pearson à partir du centre-ville de Toronto connaît une hausse constante depuis les derniers mois.

Toutefois, le nombre de voyageurs canadiens traversant la frontière en voiture a diminué significativement après l’adoption de cette mesure.

Lorsque les Canadiens pouvaient revenir au pays sans test moléculaire après un séjour de moins de 72 heures, l’ASFC a enregistré une moyenne de 24 600 passages quotidiens en décembre. Ce nombre a diminué de moitié pour le reste du mois.

L'allègement des mesures demandé

D'après l’Association canadienne des agences de voyages (ACTA), ces données montrent clairement que les Canadiens ont soif de voyager.

Les représentants de l’industrie espèrent que l’avertissement du gouvernement fédéral sera levé dans les plus brefs délais.

« Omicron est partout, au Canada comme ailleurs. [...] Je pense qu’il y a des mesures qui doivent être levées ou ajustées le plus vite possible. »

— Une citation de  Stéphane Corbeil, président régional du conseil ACTA

Le président régional pour le Québec d'ACTA, Stéphane Corbeil, affirme que ses membres constatent en effet une augmentation des réservations, mais que l’industrie a besoin de plus de certitudes, puisque de nombreuses réservations continuent d’être annulées.

Les agences de voyages ne touchent pas de commission tant que les voyages n’ont pas eu lieu, déplore-t-il, si bien que, selon lui, plusieurs entreprises auraient du mal à se maintenir à flot malgré l’intérêt grandissant actuel.

Il souligne également que le maintien de cet avertissement peut avoir des conséquences pour les Canadiens qui se rendent à l’étranger. Par exemple, certaines assurances sont invalidées si le voyageur contrevient à un avertissement officiel.

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