•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des « irrégularités majeures » dans un contrat informatique accordé par Montréal

Un homme travaille avec un ordinateur.

Le Bureau de l’inspecteur général de Montréal recommande à la Ville de mettre fin à un contrat informatique accordé à Onix Networking Canada.

Photo : Radio-Canada

Après avoir mené une enquête à la suite d’une dénonciation, le Bureau de l’inspecteur général (BIG) de Montréal recommande à la Ville de mettre fin « dès que possible » à un contrat informatique de 35 millions de dollars qui a été accordé à l’entreprise Onix Networking Canada Inc malgré des irrégularités ne correspondant pas à l’appel d’offres.

Le contrat avait été accordé à Onix le 20s eptembre 2018 pour implanter et gérer les applications G-Suite de Google, utilisées comme solution infonuagique de courrier électronique, d’outils de collaboration et de suite bureautique.

L’entreprise avait été préférée à SIA Innovations Inc. et Les logiciels libres Linagora Inc.

Le contrat d’une valeur initiale de 15,9 millions de dollars pour une durée de quatre ans prévoyait trois options de renouvellement de deux ans chacune, pour un total de 35 millions.

L’enquête du BIG n’a pas pu conclure que l’appel d’offres avait favorisé Onix. Mais dans son rapport, l’inspectrice générale, Brigitte Bishop, indique que la soumission de l’entreprise aurait dû tout de suite être rejetée par la Ville puisqu’elle contenait des irrégularités majeures.

Le prix demandé par Onix pour les options de renouvellement du contrat est d’abord remis en question par le BIG, puisque, selon l’appel d’offres, il ne pouvait pas être augmenté d’un montant dépassant l’indice des prix à la consommation publié par Statistique Canada.

Dans sa soumission, Onix n’avait pour sa part pas chiffré le prix des options de renouvellement, indiquant plutôt qu’il devrait être renégocié selon le prix qui lui serait demandé par Google à ce moment-là.

Dans un appel d’offres public, un entrepreneur ne peut négocier avec le donneur d’ouvrage, indique le BIG, qui souligne une première irrégularité majeure.

Des exigences qui n'ont pas été respectées

Le BIG reproche également à la Ville d’avoir accordé le contrat à Onix même si l'entreprise ne remplissait pas toutes les exigences de l’appel d’offres. Dans ce cas-ci, deux exigences n'ont pas été satisfaites.

D'abord, la Ville demandait des applications informatiques permettant de bloquer l’accès à un compte après un certain nombre déterminé de tentatives infructueuses.

Onix n’a pour sa part pas pu promettre une telle mesure de sécurité, mais elle a plutôt indiqué que si Google détermine une menace potentielle d’intrusion dans un compte, elle utilise alors une authentification à deux facteurs pour permettre à l’utilisateur de s’y connecter.

Même si le comité technique qui a évalué les soumissions a dit considérer que ce mécanisme alternatif était plus sécuritaire et de qualité supérieure à ce qui était demandé, le BIG estime de son côté que l’une des exigences de l’appel d’offres n’étant pas respectée, la soumission d’Onix aurait dû être rejetée.

L’appel d’offres demandait également que les applications informatiques proposées par Onix soient compatibles avec les navigateurs Chrome, Internet Explorer, Safari et Firefox. Onix promettait cette compatibilité, sauf pour l’accès hors connexion, seulement disponible dans Google Chrome.

Sur ce point, la soumission d’Onix a tout de même été jugée conforme par le comité technique, ce qui fait dire à l’inspectrice générale que le même niveau de rigueur et de sévérité […] n’a pas été appliqué envers tous les soumissionnaires.

L’inspectrice générale est d’avis que les manquements constatés durant l’enquête sont graves et sérieux et justifieraient une résiliation du contrat découlant de l’appel d’offres, peut-on lire dans les recommandations du rapport.

La Ville doit élaborer et mettre en œuvre un plan d’action visant à enclencher dans les plus brefs délais les démarches requises pour remplacer le contrat, poursuit-elle.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !