•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Quels sont les recours et les ressources pour les victimes d’intoxication au GHB?

Une bouteille de GHB liquide et en poudre sur un comptoir de bois.

Le GHB se retrouve souvent sous la forme d'un liquide translucide, mais aussi parfois sous forme de poudre. (archives)

Photo : getty images/istockphoto / pcess609

Le GHB, communément appelé la drogue du viol, continue d'être utilisé pour intoxiquer des personnes à leur insu. Que font les policiers et les médecins pour trouver les contrevenants et soutenir les victimes?

Droguer une personne au GHB sans son consentement est un crime au sens de la loi. Toutefois, il faut surmonter plusieurs embûches pour retrouver les contrevenants, puis les mener à procès.

Ça prend de l’aide. Je fais juste en parler et je perds la voix, rapporte une jeune femme qui raconte avoir été droguée à son insu dans un bar au centre-ville de Rouyn-Noranda il y a quelques années.

Après mon deuxième verre, je suis sortie fumer dehors et c’est là que ma vision a changé. Je voyais tout au ralenti, j’avais de la misère à me retrouver, se souvient-elle.

Parmi les principaux effets physiques et mentaux du GHB :

  • État d’ivresse

  • Perte de mémoire à court terme

  • Se sentir étourdi

  • Se sentir détendu

  • Ralentissement de la respiration

  • Somnolence

  • Nausées et vomissements

Les personnes qui pensent avoir été intoxiquées au GHB peuvent se rendre au poste de police pour porter plainte et un policier prendra la déclaration de la présumée victime.

Il va rencontrer les personnes qui se trouvaient avec vous, les témoins s’il y en a, et il va également rencontrer les propriétaires du commerce et les employés. Donc l’enquête va être faite de façon à essayer de retracer la personne qui a commis un acte criminel en vous faisant consommer cette drogue sans votre consentement, indique la sergente Nancy Fournier de la Sûreté du Québec.

Aller à l’urgence

Des éprouvettes contenant du plasma sanguin.

Lorsqu'un patient arrive en état d'intoxication, les médecins vont stabiliser son état et procéder à des analyses sanguines.

Photo : Radio-Canada / François Genest

Nancy Fournier précise que des analyses médicales prouvant une intoxication au GHB facilitent le travail des enquêteurs.

Lorsque vous jugez que votre état d’intoxication ou celui d’une personne près de vous est supérieur aux consommations qu’elle a prises, il est important de se rendre au centre hospitalier le plus rapidement possible afin de recevoir les soins appropriés, souligne-t-elle.

La rapidité est essentielle ici, car le GHB est rapidement évacué par le métabolisme.

Le GHB est éliminé très rapidement du sang et de l'urine. Donc il faut faire les prélèvements très rapidement, maximum quelques heures après, parce que c'est rapidement éliminé, donc ce ne sera pas détectable si la personne vient le lendemain, précise la Dre Isabelle Robitaille, médecin de famille qui travaille à l’urgence de l’hôpital d’Amos.

Gros plan sur la main d'un homme qui dépose une pilule blanche dans un cocktail, dans un bar.

Il est conseillé de surveiller son verre dans les bars et les restaurants. (archives)

Photo : iStock

La Dre Robitaille explique que lorsqu'une personne arrive à l’urgence en état d’intoxication, les médecins priorisent d’abord la stabilisation de son état, mais le prélèvement urinaire de GHB n’est pas effectué si le médecin ne le juge pas nécessaire, ou si le patient ne le demande pas.

Le GHB n’est pas nécessairement dosé systématiquement dans toutes les intoxications, explique-t-elle. On le fait si on a une suspicion. Par exemple, le patient ou un témoin dit "ça ne se peut pas qu’il soit aussi comateux avec l’alcool qu’il a pris, il n’en a presque pas pris".

D’ailleurs, la Dre Robitaille rapporte que l’analyse pour le GHB s’effectue dans un laboratoire à l’extérieur de l’Abitibi-Témiscamingue. Les résultats ne sont connus qu’après deux ou trois semaines.

Les défis de l’enquête et de la preuve

Selon l’article 246 du Code criminel, quelqu’un qui "tente d’administrer à une personne, ou lui fait prendre ou tente de lui faire prendre une drogue, matière ou chose stupéfiante ou soporifique" est passible de l’emprisonnement à perpétuité.

L'avocat à la retraite Marc Lemay explique que, souvent, les circonstances de ces crimes ne permettent pas d'avoir une preuve hors de tout doute raisonnable.

Il faut absolument le voir le faire [l’accusé], et c'est ça le problème. Et dans les bars, généralement, vous n'avez pas nécessairement des caméras partout. Le mieux, c’est sûr, c’est si vous avez des témoins, dit Marc Lemay.

C’est très difficile si vous n'avez pas de preuve directe, à savoir des témoins qui l’ont vu faire, reconnaît-il. C’est pour ça qu’on dit de ne jamais laisser votre verre seul. Jamais, jamais, jamais , ajoute Marc Lemay.

La prévention demeure donc l’axe principal entrepris par les policiers et les propriétaires de bars. Au Cabaret de la dernière chance, à Rouyn-Noranda, les employés prévoient suivre une formation d’un organisme afin de savoir comment remarquer les signes d’intoxication au GHB et comment agir dans un tel cas.

Il s’agit de l’organisme Commande un Angelot, qui s’attaque aux violences à caractère sexuel dans les bars et les événements festifs ou sociaux.

Dans un bar, selon nous, c’est notre responsabilité que nos clients soient bien, qu’ils soient en santé et en sécurité, affirme la gérante du Cabaret de la dernière chance, Maxim Harrison.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !