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Traverse de l’île d’Entrée : des actions réclamées par le député et le maire des Îles

Deux traversiers amarrés.

Ensablement, marées et conditions météorologiques compliquent souvent l'accès à l'île d'Entrée (archives).

Photo : Radio-Canada / Luc Paradis

Le député des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau, et le maire Jonathan Lapierre réclament des actions rapides de la Société des traversiers du Québec (STQ) et de Pêches et Océans Canada (MPO) pour garantir un service hivernal fiable et sécuritaire aux habitants de l’île d’Entrée.

L’ensablement du port de la seule île qui n’est pas reliée au reste de l’archipel madelinot empêche désormais le traversier Ivan-Quinn d’accoster à son site habituel et de transporter des véhicules.

Le député des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau, déplore que le MPO, propriétaire du quai du port de l’île, n’ait pas encore répondu à la demande d’urgence de dragage formulée par la STQ, responsable de la traverse.

En décembre, on avait dit que le havre commençait à s’ensabler. Il fallait agir de toute urgence. Un mois plus tard, on s’aperçoit que rien ne s’est passé, regrette-t-il.

Joël Arseneau, chef parlementaire du Parti québécois et porte-parole en matière de transports.

Joël Arseneau, chef parlementaire du Parti québécois et porte-parole en matière de transports

Photo : Radio-Canada

Depuis un mois, l'élu multiplie les efforts auprès de la Société des traversiers pour la mise en œuvre d’un plan de contingence afin d’assurer un service adéquat et de mettre fin au service chambranlant offert actuellement.

De son côté, le maire des Îles-de-la-Madeleine et président de la Communauté maritime, Jonathan Lapierre, critique l’inaction tant du MPO que de la STQ dans le dossier.

Pour l’instant, ce qui est déplorable, c’est le manque de proactivité de la STQ et des instances gouvernementales fédérales qui connaissent très bien les difficultés liées à l’ensablement et les difficultés que ça amène, indique M. Lapierre.

« On s’attend à un peu plus de proactivité de la part des gouvernements qui sont responsables de désenclaver la population de l’île d’Entrée. »

— Une citation de  Jonathan Lapierre, maire des Îles-de-la-Madeleine et président de la Communauté maritime
Jonathan Lapierre devant la mer.

Jonathan Lapierre, maire des Îles-de-la-Madeleine, photographié à Cap-aux-Meules (archives)

Photo : Radio-Canada / Elisa Serret

Il appelle la STQ et le MPO à définir ensemble un calendrier périodique d’entretien de l’ensablement dans le port de l’île d’Entrée pour que le dragage soit réalisé en amont.

La STQ rappelle [qu'elle] a présenté une demande à Pêches et Océans Canada, propriétaire du quai, de procéder à de la consolidation d’urgence au "quai des pêcheurs" afin de pouvoir prolonger la saison le plus possible, indique le conseiller en communication de la STQ, Bruno Verreault.

Au moment de publier, le MPO n’avait pas répondu à nos questions.

Ensablement, marées et météo

Au problème d’ensablement s’ajoutent ceux que provoquent parfois les marées ainsi que les conditions hivernales. Ce cocktail complique la traversée entre l’archipel et l’île d’Entrée.

Les nombreuses tempêtes que connaît l’archipel et les conditions météorologiques difficiles font [qu’il] est de plus en plus difficile de naviguer et d’accoster à l’île d’Entrée, précise Bruno Verreault.

Dans ces conditions, Joël Arseneau ne voit pas de solution à court terme pour contrer l’isolement de l’île d’Entrée.

On ne voit pas quand la situation va se régler, parce qu’avec l’hiver, la glace se forme, il y a beaucoup moins de profondeur dans le havre, donc la glace va se former encore plus rapidement, craint M. Arseneau.

« C’est comme si on découvrait cette année que les Îles ont une petite communauté insulaire qui a besoin d’un service, qu’il se fait de l'ensablement chaque année dans les ports des Îles, et qu’un service de transport, ce n’est pas un luxe, c’est un besoin essentiel. »

— Une citation de  Joël Arseneau, député des Îles-de-la-Madeleine

Le problème des urgences

Les questions relatives à l’évacuation des malades préoccupent particulièrement le député des Îles étant donné que le transport d’un véhicule d’urgence est actuellement impossible.

Ça pose un problème majeur en matière de santé et de sécurité pour une population qui est vieillissante, explique-t-il.

Il note qu’une dizaine d’interventions d’urgence se font chaque année dans la communauté.

Vue en plongée sur les falaises entourant une baie de l'île d'Entrée.

L'île d'Entrée

Photo : Radio-Canada / Laurie Dufresne

L'élu demande l’installation rapide d’une plateforme temporaire sur l’île d’Entrée afin que ces véhicules puissent être débarqués.

Il a d'ailleurs demandé au CISSS des Îles qu’un protocole de transport des patients soit mis en place.

Le maire Jonathan Lapierre tient pour sa part à se faire rassurant. Les autorités publiques disposent de plans de contingence, et il rappelle qu’une infirmière vit sur place.

Négligence

Résident de l’île d’Entrée depuis trois ans, Olivier Renaud critique les autorités pour leur inaction et les accuse de négligence.

J’ai l’impression que les personnes responsables ne comprennent pas très bien quelle est la réalité de l’île d’Entrée, et à quel point ces services sont vitaux. Il y a des gens, des résidents depuis toujours, qui ne retournent plus à l’île d’Entrée parce qu’ils ne peuvent pas être certains, pour leur sécurité, qu'ils pourront être évacués au bon moment, relate M. Renaud.

« Année après année, c’est toujours la même réalité. »

— Une citation de  Olivier Renaud, résident de l'île d'Entrée

Il note que l’ensablement s’est accéléré cette année, comparativement aux précédentes, ce qui fait que cette année, la situation est critique beaucoup plus tôt.

M. Renaud demande à la STQ une meilleure écoute et compréhension des doléances des résidents de l’île d’Entrée, notamment en acceptant un membre de la communauté au sein des comités d’usagers.

Il n’y a jamais eu de considération pour consulter la population pour adapter les services à la réalité, déplore-t-il.

De son côté, le conseiller en communication de la STQ, Bruno Verreault, indique que vu les conditions actuelles, il n’y a pas d’option pour améliorer la situation.

La STQ va maintenir le service du traversier Ivan-Quinn jusqu’à que les conditions hivernales le permettent, après quoi un service héliporté prendra le relais.

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