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Réactions positives à l’autorisation des drogues psychédéliques pour des thérapies

Le gros plan d'une variété de champignon hallucinogène.

Le champignon hallucinogène est une drogue psychotrope créant des hallucinations auditives et visuelles.

Photo : Radio-Canada / Camille Vernet

Radio-Canada

Des organismes et des experts ont réagi favorablement à l'autorisation des drogues psychédéliques comme la psilocybine (champignons magiques) et la MDMA (agent actif de l'ecstasy) dans le cadre de certains traitements d’urgence.

Santé Canada a discrètement effectué un changement réglementaire à cet effet. Il est en vigueur depuis le 5 janvier 2022.

Pour le directeur du centre Prairie Harm Reduction à Saskatoon Jason, cette mesure facilitera le traitement d’urgence de certaines maladies mentales telles que l’anxiété et la dépression.

Il croit que le gouvernement a pris une décision « basée sur la science » en effectuant ce changement réglementaire.

« Il y a beaucoup de personnes qui viennent nous voir et qui souffrent de problèmes majeurs de dépression et d’anxiété », affirme Jason Mercredi.

Il déplore le fait que présentement, ils se traitent avec des drogues de rue, mais si des produits comme des champignons magiques étaient disponibles, la plupart l’utiliseraient à sa place.

Même constat du côté du clinicien-chercheur spécialisé en dépendance au Centre de toxicomanie et de santé mentale à Toronto Bernard Lefoll. Il croit que le gouvernement a fait un pas dans la bonne direction, mais il insiste sur le fait que l’usage de ces drogues va de pair avec un soutien psychologique et médical.

« On a des personnes qui ne répondent pas aux traitements habituels, et ça va leur permettre d’avoir une option thérapeutique supplémentaire.  »

— Une citation de  Bernard Lefoll, clinicien-chercheur spécialisé en dépendance au Centre de toxicomanie et de santé mentale à Toronto

Il insiste sur le fait que ces drogues doivent être utilisées seulement à petite échelle dans un contexte d’urgence.

Les drogues psychédéliques et la Saskatchewan: une longue histoire

L’historienne et professeure à l’Université de la Saskatchewan Erika Dyck explique que l’utilisation des drogues psychédéliques à des fins thérapeutiques a été déjà observée par le passé dans la province.

Dans les années 1950, la Saskatchewan était le lieu de recherches les plus importantes au monde sur le psychédélisme, un mouvement qui préconise l'utilisation de drogues hallucinogènes. Le psychiatre saskatchewanais Humphry Osmond a d'ailleurs inventé le mot psychédélique en 1957.

Dans le domaine de la santé mentale, les thérapies fondées sur les drogues comme le LSD et la mescaline offraient une solution de rechange aux soins de longue durée dans ce qu’on appelait les asiles.

Selon Erica Dyck bien que la psychiatrie ait considérablement évolué depuis, ce nouvel intérêt pour les drogues psychédéliques « emprunte des choses du passé ». Pour elle, le Canada doit explorer ce qui se faisait par le passé et étudier pourquoi ses pratiques ont été abandonnées. Ainsi, elle croit que « nous pourrions ouvrir la porte vers un système de traitement en santé mentale plus durable. »

Avec des informations de Geneviève Patterson.

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