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L’Alberta crée un comité consultatif pour remédier à la pénurie d’ambulanciers

Une ambulance en Alberta.

Les services d'ambulances (EMS) font face à une pression sans précédent selon le gouvernement albertain.

Photo : Radio-Canada

Pénurie de personnel, ambulanciers épuisés, temps de réponse trop longs, le gouvernement albertain met sur pied un comité consultatif afin de mieux répondre aux problèmes opérationnels des services d'ambulances (EMS) de la province.

Nous savons que les services d’ambulances (EMS) font face à des pressions sans précédent, a déclaré le ministre albertain de la Santé, Jason Copping, en conférence de presse lundi.

Il a attribué cette situation à plusieurs facteurs, dont la pandémie et l’arrivée du variant Omicron, la crise des opioïdes et le manque d’ambulanciers.

Le comité consultatif sera présidé par le député de Highwood, R.J. Sigurdson, et la députée de Grande Prairie, Tracy Allard, ainsi que des ambulanciers sous contrats, des syndicats représentant les paramédicaux et des représentants municipaux et des communautés autochtones.

Dix nouvelles mesures

Entre-temps, Services de santé Alberta (AHS) indique qu’elle mettra en œuvre un plan comprenant dix mesures visant l'amélioration du fonctionnement des EMS.

Parmi ces mesures, cinq ont déjà été lancées.

La province affirme, par exemple, qu'elle a commencé à tenter d’embaucher davantage de paramédicaux. Elle indique également que les quarts de travail des ambulanciers sont en train d’être ajustés afin de réduire leur niveau de fatigue.

Les appels en tout genre ont augmenté, et le personnel est exténué, affirme Jason Copping.

En ce qui concerne la gestion des appels, AHS a commencé à mettre en place des projets pilotes afin de mieux gérer le transfert de patients d’un établissement à l’autre. Elle a également commencé à transférer les appels non urgents vers d’autres agences telles que le service d’information sur les poisons et les drogues de la province ou encore la ligne Info-Social 811.

La province n’envoie finalement plus d’ambulances sur les lieux des accidents de la route lorsqu’il n’y a pas de blessé depuis le mois de décembre.

Il n’est pas rare qu’il y ait de la pluie verglaçante en Alberta. Lorsque cela se produit, il y a littéralement des centaines de collisions mineures sur les routes. La grande majorité d’entre elles n’engendrent pas de blessures, explique le responsable des ambulanciers de Services de santé Alberta, Darren Sandbeck.

Cela permet de libérer des ressources.

Une situation complexe et qui perdure

Le président de l'Association des sciences de la santé de l’Alberta, Mike Parker, a salué l’initiative du gouvernement albertain, mais s’est dit modérément optimiste face aux efforts déployés par la province.

Il note, entre autres, que la formation et le recrutement de personnel sont une bonne nouvelle, mais que cela prendra du temps. 

J’ai quelques inquiétudes. Il n’y a rien qui permettra de réduire immédiatement le temps de réponse [des ambulanciers] et l’impact sur leur santé mentale, ajoute-t-il.

Mike Parker insiste également sur le fait que les problèmes auxquels font face les services d'ambulance existent depuis plusieurs années.

Nos membres en parlent depuis la moitié des années 2000. [...] Cela ne se réglera pas facilement, dit-il. 

La seule manière de régler ce problème, c'est grâce à un financement soutenu et à l’élargissement de notre système de santé publique.

Un manque d’ambulances toutes les 90 minutes

De son côté, le Nouveau Parti démocratique (NPD) de l’Alberta affirme que le Parti conservateur uni (PCU) a contribué à aggraver le problème.

Des données obtenues par le NPD grâce à une demande d’accès à l’information indiquent qu’en 2021, l’Alberta faisait face à une pénurie d’ambulances environ toutes les 90 minutes.

Selon les informations obtenues, entre le 1er août 2021 et le 6 décembre 2021, Calgary et Edmonton ont fait face à 2276 alertes rouges des EMS, un nom de code utilisé pour décrire une situation lors de laquelle aucune ambulance n’est disponible pour répondre aux appels d’urgence.

Cela correspond à 17 alertes rouges par jour en moyenne à Calgary en 2021, comparativement à 9 en 2020, et à 2 en 2018.

La pression sur les EMS a augmenté pendant la pandémie, mais également en raison des changements apportés par le PCU aux services de répartition des ambulances et à leurs attaques répétées contre les soins de santé de première ligne, notamment leur guerre contre les médecins et les professionnels de la santé, affirme le porte-parole en matière de santé du NPD, David Shepherd, dans un communiqué de presse.

Recommandations d’ici mai

Le comité consultatif créé par la province devra fournir ses recommandations au ministre de la Santé d’ici le mois de mai, mais la province précise que certaines mesures pourraient être mises en place avant.

La province émettra quant à elle une demande de propositions afin de faire évaluer par un tiers le système de répartition des EMS.

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