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Jeff Callaway en audience disciplinaire pour avoir sollicité ses clients

Jeff Callaway s'adresse aux médias qui tiennent micros et caméras.

Jeff Callaway a reçu 94 385 $ de dons pendant sa campagne, incluant de plusieurs de ses clients.

Photo : CBC / Glenn Francey

L’Organisme canadien de réglementation du commerce des valeurs mobilières (OCRCVM) a commencé mardi les procédures de l’audience disciplinaire d’un ex-candidat à la course à la direction du Parti conservateur uni de l’Alberta, qui aurait sollicité des dons de ses clients à des fins politiques.

L’OCRCVM allègue que Jeff Callaway a effectué des opérations financières personnelles avec des clients lorsqu'il a reçu de 15 clients des contributions destinées à sa campagne politique , entre juillet et octobre 2017. À l’époque, ce dernier était conseiller en valeurs mobilières à Calgary pour la firme Canaccord Genuity Group. Il n’est plus à leur emploi maintenant.

Radio-Canada a rapporté que le commissaire aux élections de l'Alberta a mis Jeff Callaway, ses responsables de campagne et plusieurs donateurs à l'amende pour avoir utilisé des prête-noms afin d'encaisser une contribution financière de 60 000 $ provenant d’une entreprise, ce qui est illégal en Alberta.

Selon des documents judiciaires obtenus par Radio-Canada, plusieurs de ces donateurs mis à l'amende étaient clients de Jeff Callaway à Canaccord Genuity Group.

Le commissaire a donné plus de 200 000 $ d’amendes à ce sujet, avant que son bureau ne soit démantelé, fin 2019. La Gendarmerie royale du Canada a aussi ouvert une enquête criminelle sur la campagne Callaway.

Si l’Organisme canadien de réglementation du commerce des valeurs mobilières trouve Jeff Callaway coupable de l’infraction alléguée, il pourrait être forcé de rembourser toute somme obtenue en raison de la contravention, se voir imposer un blâme, une amende d’un maximum de 5 millions de dollars, être suspendu comme conseiller en valeurs mobilières ou même être radié.

Les audiences sur le fond auront lieu les 7 et 8 juin. L’OCRCVM prévoit faire témoigner deux personnes et les avocats de Jeff Callaway, une personne.

Une question de conflit d’intérêts

Selon le chargé de cours au Département de finance de l’Université du Québec à Montréal, Jean-Marc Thuotte, les conseillers en valeurs mobilières doivent éviter de se placer en conflit d’intérêts, mais aussi toute apparence de conflit d’intérêts.

Jean-Marc Thuotte ne s’est pas penché spécifiquement sur le cas de Jeff Callaway, mais il explique qu’un conseiller ne peut pas effectuer de transaction financière personnelle avec ses clients, incluant solliciter des dons politiques.

Le représentant n'a pas le droit de demander un prêt de ses clients ou d'accepter de l'argent de son client dans le but de créer une entreprise. Et il ne peut pas faire indirectement ce qu'on refuse qu'il fasse directement, souligne celui qui est également expert à la cour en déontologie en valeurs mobilières.

Jean-Marc Thuotte affirme que les conseillers en valeurs mobilières doivent faire attention de ne pas brouiller la ligne entre conseiller et ami. Lorsqu'on établit la confiance avec nos clients, si la relation est trop proche, comme un ami, le client va dire, ‘fais comme tu penses’ ou le représentant ne va pas expliquer tous les éléments avantageux ou désavantageux du produit, explique-t-il. L'idée est qu'on doit toujours privilégier l'intérêt du client et être objectif et transparent.

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